07.07.2008

La couverture pétrole ne suffit plus à sauver les compagnies aériennes

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Air France-KLM fait depuis des années figure de référence en matière de couverture pétrole. Il faut dire que jusqu’ici, cette politique lui a été largement profitable. Sur son exercice 2006-2007, elle lui a par exemple permis d’économiser plus de 600 millions d’euros sur sa facture de carburant de 4,21 milliards d’euros. Pour amortir la hausse des prix du brut, la compagnie a aussi été aidée par le déclin du dollar et a mis l’accent sur l’achat d’appareils moins gourmands.

Reste qu’aujourd’hui, ces mesures ne semblent plus suffire pour les transporteurs. Déjà au printemps, British Airways avait indiqué qu’à 120 dollars le baril, il afficherait une légère perte opérationnelle sur l’exercice. Et à son tour Air France-KLM s’inquiète. Hier, le groupe a confirmé des informations de presse lui prêtant l’intention de réduire son offre. Alors que des journaux ont évoqué un taux de croissance des capacités hivernales ramené de 4,1 % à 1,1 %, Air France-KLM a plutôt avancé un chiffre de 2 % et qu’il donnerait des précisions en septembre.

«Ces réductions de capacités montrent à quel point le secteur est sous pression», a réagi CA Cheuvreux dans une note. Surtout que la compagnie est vue comme «l’une des mieux positionnées du secteur». Il est vrai que si les couvertures atténuent la hausse du brut (Air France-KLM disait en mai être couvert à 78 % cette année entre 70 et 80 dollars), elles ne peuvent empêcher l’accroissement de la facture globale d’année en année et deviendraient même inutiles en cas de maintien du pétrole à des cours élevés. Ainsi, chez Air-France-KLM, la facture de carburant qui était de 3,6 milliards en 2005-2006 (29,5 % des coûts) après couvertures, est passée à 4,26 milliards en 2006-2007 (32,5 %) et à 4,57 milliards en 2007-2008 (plus de 33 %).

Pour 2007-2008, Air France-KLM compte encore réaliser des économies grâce à ses couvertures. Toutefois il indiquait en mai que la facture devrait tout de même grimper à 5,73 milliards, limitant son résultat d’exploitation à environ 1 milliard d’euros. Une prévision reposant sur un baril voisin de 120 dollars. Or, depuis le début de l’exercice du groupe (avril 2008), le baril affiche déjà une moyenne de 124 dollars. Et si cette moyenne grimpait à 146 dollars (voir tableau), la facture de la compagnie pourrait s’alourdir de 500 millions, soit la moitié de son bénéfice d’exploitation attendu.

Bien sûr, les nombreuses surcharges carburant passées par les transporteurs sont un autre amortisseur. Comme Air France-KLM, British Airways y a eu recours. «Toutefois, il est évident que cela est en train de mettre un coup d’arrêt à la croissance de l’activité dans un environnement macroéconomique difficile», constate Dresdner à la vue du recul de 3,7 % du trafic du britannique en juin.

Dès lors, pris dans un effet de ciseau entre hausse des coûts et tensions sur le trafic, les transporteurs n’ont guère le choix selon le bureau d’analyse. «Pour remédier à cette situation, le secteur a besoin de réduire ses capacités à moyen terme», estime Dresdner. >>

Olivier Decarre, L'Agefi Quotidien, 07-VII-2008 

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