08.07.2008

Vueling et Clickair vont fusionner pour créer la première low cost espagnole

<< Initié officiellement en mars, le projet de fusion de Vueling et de Clickair, les deux compagnies aériennes à bas coûts espagnoles, est entré dans sa phase finale. Hier, les autorités boursières ont suspendu la cotation des titres de Vueling et d'Iberia, l'actionnaire de référence de Clickair. Les conseils d'administration des deux entreprises se sont réunis dans l'après-midi pour avaliser les conditions de la transaction et officialiser le mariage. L'opération prendra la forme d'une augmentation de capital de Vueling réservée aux actionnaires de Clickair. La nouvelle compagnie conservera le nom de Vueling. La répartition de son capital n'a pas été précisée. Selon la presse espagnole, Iberia détiendrait 45 % du nouvel ensemble contre de 14 % à 15 % pour Inversiones Hemisferio, le holding de participations de la famille Lara qui contrôle 26,8 % de Vueling. 30 % du capital demeurerait en Bourse.

La fusion devra encore recevoir le feu vert des autorités boursières pour autoriser les intéressés à ne pas lancer une OPA sur la totalité des titres, comme le veut la loi, et surtout celui de la Commission nationale de la concurrence du fait de la présence, dans le tour de table d'Iberia, le numéro un du transport aérien en Espagne. En nombre de voyageurs transportés, le nouvel ensemble donnera, en effet, naissance au troisième transporteur du pays au coude-à-coude avec Spanair, contrôlé par le scandinave SAS. Ce processus pourrait durer un an.

Lancée en juillet 2004, Vueling, qui est basé à Barcelone, exploite une cinquantaine de routes avec une flotte de 24 avions et 1.100 employés. Confrontée à la guerre des prix lancée par Ryanair et easyJet, les deux champions européens du « low cost », la compagnie a certes réussi à imposer son image de marque mais au prix de lourdes pertes. L'an dernier, elle a multiplié son déficit par 6, à 63,2 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 362 millions et 6,2 millions de passagers transportés. Sa gestion a provoqué des dissensions parmi ses actionnaires. Le bouillant José Manuel Lara, qui préside aussi le groupe d'édition Planeta - récent acquéreur du français Editis -, a fait le vide autour de lui. Introduit en Bourse en décembre 2006, le titre qui a grimpé jusqu'à 45 euros n'a cessé de dégringoler depuis. Avant d'être suspendu hier, il avoisinait 5,50 euros, proche du plus bas historique.

Vaste restructuration en vue

Plus récent, Clickair - qui a vu le jour en 2006 et compte 24 appareils, une cinquantaine de routes et 720 employés - n'est guère en meilleure forme. Selon des estimations, elle aurait perdu l'an dernier une cinquantaine de millions d'euros pour un chiffre d'affaires d'environ 250 millions et 4,5 millions de passagers transportés. Des pertes qui pèsent sur les finances de ses actionnaires au rang desquels figurent 4 fonds d'investissement, avec 20 % des parts chacun, et Iberia qui détient aussi 20 % des actions mais 80 % des droits économiques.

Comme sa promise, la compagnie, basée également à Barcelone, a été contrainte de tailler récemment dans son réseau. Le mariage des deux transporteurs sous le seul pavillon de Vueling devrait donner lieu à une vaste restructuration du réseau (la base parisienne de Vueling pourrait être fermée), à des suppressions d'emplois et à une hausse des tarifs, rationalisation et flambée du pétrole obligent. >>

Gilles Senges, Les Echos, 08-VII-2008 

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