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09.07.2008

Airbus devance toujours Boeing dans un ciel assombri par l'or noir cher

<< L'européen Airbus devançait toujours au premier semestre son rival américain Boeing en nombre de commandes d'avions civils, en dépit du pétrole cher décourageant leurs clients, les transporteurs aériens.

Au 30 juin, Airbus totalisait 487 commandes nettes d'avions en six mois, selon un communiqué diffusé mardi par la filiale du groupe européen de défense et d'aéronautique EADS. Boeing en affichait 475 au 1er juillet, selon des chiffres disponibles sur son site internet.

Après des années de commandes record --dont 2007, un crû exceptionnel dans l'histoire de l'aéronautique, où les deux géants avaient totalisé ensemble 2.754 commandes d'avions, une performance inédite-- leurs usines tournent à plein. En ce qui concerne les livraisons, ils sont quasiment à égalité, Airbus ayant livré entre janvier et juin 245 appareils, Boeing 241.

Mais en 2008, l'horizon semble moins dégagé pour les avionneurs. "L'environnement de prix du pétrole durablement élevé, combiné au risque de craquement des pays émergents, pointés par nos économistes, nous amène à adopter une position prudente sur les titres exposés à l'aviation civile", remarquent les analystes de Oddo Securities, dans une note récente.

Quelque 25 compagnies aériennes ont cessé leurs opérations ou fait faillite au cours des six premiers mois de l'année en raison de la flambée des cours des carburants, un chiffre sans égal, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'Association internationale du transport aérien (Iata).

Le poste kérosène se taille actuellement la part du lion dans les dépenses des transporteurs, alors que les cours du pétrole évoluent à des niveaux records, à plus de 140 dollars le baril. Particulièrement touchées, les américaines et les compagnies à bas coûts.

Par conséquent, "les compagnies aériennes vont être amenées à prendre plusieurs décisions défavorables aux constructeurs", dont une réduction des commandes, préviennent les analystes d'Oddo Securities.

Le spectre des reports et des annulations se profile. Certains spécialistes de l'industrie évoquent les chiffres de 25 à 30% des commandes d'avions qui pourraient être ajournées ou annulées par des transporteurs en difficulté.

Pour 525 commandes brutes passées au premier semestre, Airbus a enregistré 38 annulations, a-t-il précisé. Boeing, une seule.

Sur les six premiers mois de l'année, les moyen-courriers, très prisés pour les liaisons point à point, notamment par les compagnies à bas-coûts, restent en tête des commandes auprès des deux constructeurs.

Chez Airbus, la famille de monocouloirs A320, d'une capacité de 105 à 185 sièges suivant les versions (A318 à A321), affiche 335 commandes brutes moins 12 annulations. Boeing compte 355 commandes brutes moins une annulation pour ses 737.

Viennent ensuite les long-courriers. Pour la famille des A330, A340 et A350, ce dernier devant entrer en service en 2013, Airbus affiche 187 commandes brutes moins 26 annulations. Pour ses 777 et 787, dont la mise en service est prévue en 2009, Boeing a enregistré 119 commandes et aucune annulation.

Pour les gros-porteurs, Airbus a enregistré trois commandes de A380 et Boeing deux de 747. >>

Cécile Le Prioux, AFP, 08-VII-2008 

La Cour des Comptes épingle Aéroports de Paris sur la qualité des services

<< La Cour des Comptes épingle Aéroports de Paris (ADP), gestionnaire de Charles de Gaulle, Orly et du Bourget, sur la qualité des services, dans un rapport rendu public mercredi.

"La qualité du service reste insuffisante à ADP malgré certaines améliorations", observe-t-elle à propos du gestionnaire partiellement privatisé en 2006, mais dont l'Etat reste l'actionnaire majoritaire.

Et "les hausses tarifaires consenties par l'Etat sur les redevances payées par les passagers n'ont pas eu comme contrepartie une amélioration suffisante de la qualité de service", ajoute-t-elle.

"De nombreux points noirs persistent comme la facilité de circulation à l'intérieur des terminaux, l'information donnée aux passagers, la gestion des files d'attente, le rapport qualité/prix des boutiques et des bars/restaurants", remarque la Cour des comptes dans son rapport.

Egalement dans son collimateur: "les conditions de passage des contrôles transfrontières de la police aux heures d'affluence, les conditions de transport de passagers par autobus entre les avions et les aérogares lorsque les avions ne sont pas directement accessibles".

Une partie des difficultés rencontrées par ADP pour atteindre une qualité de service satisfaisante, notamment dans la propreté, a des origines structurelles, détaillent les auteurs du rapport.

"Dans plusieurs terminaux de Roissy-CDG, notamment les plus anciens, le parti pris architectural initial a été de ne pas implanter de blocs sanitaires dans les espaces départ. Il s'est révélé difficilement soutenable", constatent-ils.

Dans les classements internationaux, ADP a longtemps figuré en queue de peloton, a aussi observé l'institution de la rue Cambon.

La Cour des comptes "recommande à ADP de renforcer le suivi des marchés de sous-traitance", préconise une "mobilisation à tous les niveaux hiérarchiques, par exemple par une extension de la modulation des rémunérations, par une présence renforcée et continue au contact des passagers".

A l'attention de l'Etat, la Cour estime que "les méthodes de fixation des redevances et d'encadrement de leur évolution à moyen terme sont à perfectionner". "En matière de qualité de service, les objectifs poursuivis devraient être plus exigeants", ajoute-t-elle.

Tout en observant une amélioration de la situation financière d'ADP, avec un redressement des résultats et une diminution de son endettement, elle regrette que "l'intégralité du domaine foncier et immobilier ait été transférée en pleine propriété à ADP", lors de son introduction en Bourse.

"Ce choix prive l'Etat des avantages liés à la propriété de ces actifs sur le long terme. Ce qui est d'autant plus critiquable du point de vue de la préservation de son intérêt, qu'il existait la possibilité d'opter pour une solution consistant à ne céder que l'usufruit de ces biens domaniaux", ajoute l'institution.

La Cour estime que l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle arrivera à saturation "entre 2020 et 2030", selon les prévisions d'augmentation du trafic. "Malgré les nombreuses incertitudes qui subsistent sur cette échéance, le devenir de cette plate-forme n'a pas encore fait l'objet d'une stratégie assumée et de choix clairs", observe-t-elle, interpellant l'Etat à prendre dès à présent les dispositions nécessaires. >>

AFP, 09-VII-2008 

Air France augmente de nouveau sa surcharge carburant

<< La compagnie aérienne prévoit à partir du 10 juillet une nouvelle surcharge carburant en raison des cours élevés du pétrole, de 2 euros pour un vol intérieur à 14 euros pour un "très long-courrier". C'est la cinquième hausse depuis le début de l'année.

Pour la cinquième fois de l'année, Air France (groupe Air France-KLM ) annonce un nouveau relèvement de ses surcharges carburant pour faire face à l'augmentation de sa facture pétrolière, qui pèse sur ses résultats. La compagnie aérienne Air France. La compagnie aérienne du groupe précise dans un communiqué qu'elle augmente la surcharge fuel de deux euros par tronçon sur ses vols domestiques, de quatre euros pour les moyen-courriers, de dix euros pour les long-courriers et de 14 euros pour les très long-courriers.

Cette hausse s'applique aux billets au départ de France émis à partir du 10 juillet 2008. La surcharge totale atteint ainsi 21 euros pour un vol intérieur (soit une hausse de 2 euros), 35 euros (soit une hausse de 4 euros) pour un moyen-courrier, 121 euros (soit une hausse de 10 euros) pour un long-courrier et 135 euros (soit une hausse de 14 euros) pour un "très long-courrier" (durée de vol supérieure à 9 heures). Ces surcharges s'appliquent au vol aller et au vol retour.

La moitié de cette augmentation sera supprimée dès que le cours du baril se stabilisera durablement au-dessous de 130 dollars et le reste lorsque le cours du baril se stabilisera durablement au-dessous de 125 dollars, ajoute Air France. Les cours du brut se situent actuellement autour de 136 dollars le baril, en reflux important de l'ordre de 10 dollars par rapport au record absolu au delà des 145 dollars enregistré la semaine dernière.

KLM, sa partenaire néerlandaise au sein du groupe Air France-KLM, a également annoncé mardi une nouvelle surcharge, qui sera effective le 10 juillet aussi: 4 euros de plus pour les vols européens, portant le total de la surcharge à 41 euros; 10 euros de plus pour vols intercontinentaux de moins de 9 heures (total de 133 euros) et 14 euros pour les vols intercontinentaux de plus de 9 heures (total de 147 euros). >>

La Tribune, 09-VII-2008 

Négociations salariales: Lufthansa présente une offre améliorée

<< La compagnie aérienne Lufthansa a amélioré mercredi son offre dans le cadre de négociations salariales pour le personnel de bord et au sol, a indiqué une porte-parole, alors que le syndicat Verdi avait menacé de grève si la direction ne faisait pas un geste.

La direction a proposé une première hausse de salaires de 4,6% à partir du 1er juillet 2008, puis 2,1% supplémentaire au 1er juillet 2009, ce à quoi s'ajoute une revalorisation exceptionnelle correspondant à 1% du salaire annuel.

Cet accord est valable jusqu'à fin février 2010, a précisé la porte-parole, jointe par l'AFP, alors qu'a débuté à Francfort (ouest) le quatrième tour de table des négociations salariales, qui ont commencé début juin.

Verdi réclame 9,8% de salaire en plus et une meilleure participation des salariés aux résultats de l'entreprise. Lufthansa avait proposé jusqu'à présent une augmentation de 3,4% jusqu'à fin 2009 (avec effet rétroactif), plus 2,1% supplémentaires à compter de juillet 2008. Ceci concerne les 48.000 employés de cabine et au sol.

Le syndicat avait agité la menace d'un conflit de grande ampleur, après plusieurs journées de débrayages ces dernières semaines, si Lufthansa n'améliorait pas sa proposition.

En 2005 et 2006, les personnels au sol et volant n'avaient pas eu d'augmentations salariales et l'an dernier, elle avait été de 2,7%. >>

AFP, 09-VII-2008 

L'Union des Navigants de l'Aviation Civile dénonce une attaque du gouvernement envers les salariés des compagnies aériennes

<< Dans le cadre de ses contrôles triennaux, en fin 2007, l'URSSAF a procédé au redressement de la compagnie AF, comme elle l'a déjà fait pour les autres compagnies aériennes françaises, et a considéré que les facilités de transport accordées aux salariés de la compagnie constituaient un "avantage en nature".

De tels redressements se sont produits dans les autres compagnies aériennes qui même après les recours en appel ont été soumises à un redressement.

Selon le code de la sécurité sociale, lorsqu'un salarié achète les produits fabriqués ou vendu par son employeur avec un rabais supérieur à 30 % par rapport au prix public disponible toute l'année, la différence entre le prix payé et le prix public constitue un "avantage en nature" qui doit être réintégré dans l'assiette des cotisations sociales et qui doit être soumis à l'impôt sur le revenu.

On ne peut s'empêcher de faire un rapprochement entre les cadeaux fiscaux aux plus favorisés et la recherche aujourd'hui de taxation sur tous les micro-avantages dont bénéficient les salariés qui ont un faible revenu.

Certes, les montants n'ont rien à voir, de plus, nous savons bien qu'il est nécessaire de payer des cotisations à la sécurité sociale (maladie, retraite), aux allocations familiales et aux caisses de retraite. Mais nous contestons l'absence de cohérence dans les décisions prises par les Pouvoirs Publics en matière de protection sociale. Par exemple, quelle cohérence entre, d'une part, les initiatives prises par le Gouvernement permettant de débloquer par anticipation l'argent correspondant à la participation ou à l'intéressement sans payer de charges sociales (ses sommes sont normalement exonérées de charges sociales à condition de les laisser bloquées pendant 5 ans), la possibilité d'échapper aux charges et aux impôts avec des stock options, et d'autre part la recherche de taxation sur tout les micro-avantages dont bénéficient les salariés aux faibles revenus des compagnies aériennes ?

Nous contestons cette notion d'avantage en nature quand il s'agit des billets d'avion R2. Il s'agit de places d'avion qui sont perdues une fois que l'avion a décollé. Ce n'est pas un produit qui est vendu aux passagers. On n'est donc pas dans le cadre des dispositions prévues par le code de la sécurité sociale. C'est une remise en cause inacceptable qui va pénaliser très fortement les faibles revenus.

Pour les R1, la Direction nous annonce sa volonté de se mettre en conformité avec les règles de la Sécurité Sociale en augmentant le prix des billets pour respecter la réduction maxi de 30 %. Ceci entraîne des augmentations considérables des tarifs sur certaines destinations long courrier.

Nous voulons que ce chiffre d'affaires supplémentaire pris sur le dos des salariés soit redonné aux salariés d'une façon ou d'une autre.

Nous sommes très réservés sur les propositions faites par la Direction qui consistent à offrir des miles gratuits aux salariés comme ce qui est offert aux passagers. Il faut en effet effectuer de très nombreux vols long-courriers pour acquérir un nombre significatif de miles, ce n'est pas en achetant quelques billets court courriers et un billet long-courrier par an que les salariés auront suffisamment de miles pour prendre un vol long-courrier gratuit.

Nous sommes aussi très réservés sur les propositions qui nous sont faites d'une "politique de surclassement". Idem pour ce qu'on nous propose en matière de facilité d'annulation ou de remboursement des GP. Tout cela existe déjà, et n'est pas à la hauteur de la remise en cause que constitue cette affaire.

Nous voulons une négociation avec de vrais améliorations du dispositif facilités de transport.

Nous avons entamé une réflexion sur un dispositif qui pourrait être couplé avec le CE.OA. Mais a priori, il faudrait augmenter la subvention de la compagnie aux comités d'entreprises. >>

UNAC -  Union des Navigants de l'Aviation Civile, 09-VII-2008

 

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