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25.07.2008
US Airways sanctionne les pilotes qui ne rationnent pas le carburant
LES PILOTES d'US Airways viennent de porter plainte auprès de l'aviation civile américaine, accusant leur compagnie de faire pression sur les équipages pour qu'ils remplissent le moins possible les réservoirs de carburant. Au risque de tomber en dessous des normes de sécurité. Le syndicat des pilotes US APA qui compte 5 200 membres, vient d'acheter une pleine page de publicité dans le quotidien USA Today pour informer les passagers sur les méthodes d'intimidation utilisées.
Huit commandants de bord d'US Airways qui avaient embarqué l'équivalent de 10 à 15 minutes de carburant en plus de ce qui était prévu, ont été convoqués pour subir un contrôle au simulateur de vol. Si ce test n'est pas jugé satisfaisant, leur licence de pilote peut être suspendue.
La réglementation américaine impose d'embarquer le carburant nécessaire pour rejoindre l'étape, se dérouter et attendre 45 minutes. Le commandant de bord y ajoute la quantité qu'il juge nécessaire en fonction du trafic (attentes possibles) ou des conditions météorologiques (orages en été, brouillard ou neige en hiver).
Continental Airlines dont les avions traversaient l'Atlantique avec le minimum de carburant (nos éditions du 22 avril 2008) , a déjà été épinglée sur ce sujet par le département des transports américain.
Un baril à plus de 140 dollars
Tout poids excédentaire (carburant, matériel de bord, etc.) entraîne en effet une consommation supplémentaire des moteurs, très pénalisante à l'heure où le baril est à plus de 140 dollars. Toutes les compagnies aériennes font la chasse au poids. Certaines remplacent même les verres par des gobelets en plastique, ce qui sur une flotte d'avions et des milliers de vols chaque jour représente des centaines de tonnes économisées à la fin de l'année. Le gain financier est conséquent. Pour transporter, par exemple, une tonne de plus entre Paris et Tokyo, il faut consommer 500 kg de carburant supplémentaire. Coût : près de 500 eur de kérosène en plus. Autre économie possible, le magazine de bord, offert au passager, peut peser jusqu'à 500 gr. Multiplié par le nombre de sièges, ce sont 35 millions de tonnes transportés par an pour une grande compagnie aérienne. Des low-costs comme Transavia préfèrent désormais s'en passer.
À Air France-KLM, on étudie le remplacement des chariots métalliques de service à bord pesant 20 à 24 kg selon les modèles par d'autres en composite. L'an prochain, la compagnie nationale va s'équiper de sièges moins lourds de 4,5 kg chacun. Plus de 5 tonnes gagnées quand les 600 avions de la flotte seront équipés. Progressivement, la sacoche de vol transportant 25 kg de documentations techniques est remplacée par un ordinateur portable affecté à chaque pilote. Même les opérations les plus simples comme un nettoyage en profondeur de la cabine et de la soute, puis le lavage de l'avion permettent de gagner quelques kilos garantissant du carburant et de la pollution en moins. >>
Thierry Vigoureux, Le Figaro, 25-VII-2008
Lufthansa se bat avec les syndicats, la grève menace dans le ciel allemand
Cette semaine déjà environ 1.000 vols ont été supprimés, victimes de la grogne des pilotes de deux filiales du groupe. Ce n'était sans doute qu'un avant-goût des semaines à venir: vendredi la décision tombera sur une grève dure de 48.000 personnels au sol et volants menés par le grand syndicat des services Verdi.
Les membres votent encore jusque dans la soirée sur le sujet, mais dès la semaine dernière le principe d'une grève semblait acquis.
"Une grève est possible à partir de lundi", a déclaré au quotidien Handelsblatt de vendredi le chef du comité d'entreprise de Lufthansa, Wolf Liebetrau. D'après lui, les préparations sur les modalités pratiques de la grève -- quels aéroports, quels jours, à quelle heure -- sont déjà en cours.
Qu'il s'agisse des pilotes de CityLine et Eurowings, menés par leur syndicat Cockpit, ou des catégories de personnel représentées par Verdi, les salariés frondeurs veulent plus de sous, au nom de l'inflation et surtout des confortables bénéfices dégagés par Lufthansa l'an dernier.
Les négociations menées jusqu'à maintenant sur les deux fronts, émaillées de grèves d'avertissement, ont échoué.
Dans un environnement de marché particulièrement difficile pour les compagnies aériennes, dressées les unes contre les autres et touchées de plein fouet par l'envolée des cours du pétrole et par ricochet du kérosène, Lufthansa s'en tire pour le moment plutôt bien. Le groupe a maintenu ses prévisions de résultats financiers pour cette année. Et alimente ainsi les revendications de ses salariés, qui réclament "une offre qui (les) fasse participer à l'expansion de l'activité".
L'an dernier Lufthansa a dégagé un bénéfice d'exploitation de 1,38 milliard d'euros, le chiffre devrait être du même ordre cette année.
Fort de cette bonne performance, Verdi veut une augmentation de salaire de 9,8% sur un an. Lufthansa a mis 6,7% sur la table, étalés sur 21 mois. Cockpit pour sa part n'a pas émis de revendication chiffrée, mais refuse l'offre d'une hausse 5,5% assortie de primes. Les pilotes des deux petites filiales -- qui assurent tout de même autour de 700 vols domestiques et européens par jour -- veulent gagner autant que ceux qui volent sous la bannière Lufthansa, mieux payés.
Des exigences qui font s'étrangler le patron de la compagnie Wolfgang Mayrhuber. Les conflits actuels sont "totalement inutiles et contre-productifs", tempêtait-il jeudi dans un courrier à ses salariés. "Nous ne pouvons pas faire plus" que les offres actuelles, affirme-t-il, invoquant "une marge de manoeuvre économique très étroite".
Un discours peu à même de faire reculer les syndicats, stimulés par les accords conclus dans d'autres branches cette année en Allemagne, et animés d'une nouvelle combativité après des années de retenue salariale.
M. Mayrhuber en appelle à la solidarité des grévistes avec "les familles qui se réjouissent de leurs vacances annuelles et de leur voyage en avion, pour lesquels elles ont durement travaillé". Les cessations de travail toucheront effectivement la compagnie, qui transporte quelque 140.000 passagers par jour, au pire moment, en pleine transhumance estivale.
"Dans le secteur des services c'est comme ça, quand les salariés combattent, ce sont les clients qui trinquent", rétorque un porte-parole de Verdi, sans états d'âme.
Mais les déboires de Lufthansa font aussi des heureux. La compagnie à bas coût Easyjet par exemple, sa concurrente sur plusieurs lignes internationales, et dont le patron pour l'Allemagne se frotte déjà les mains. "C'est l'occasion pour nous de gagner de nouveaux clients", se réjouissait cette semaine John Kohlsaat. >>
Mathilde Richter, AFP, 24-VII-2008
12:14 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lufthansa, grève, cityline, eurowings, wolf liebetrau, easyjet
Liste noire des compagnies aériennes interdites: la Commission européenne adopte une liste mise à jour
Par cette mise à jour, la Commission a levé l'interdiction d'exploitation d'un transporteur aérien iranien, Mahan Airlines, compte tenu des efforts importants et des progrès accomplis par ce transporteur, qui ont été vérifiées lors de l'inspection sur place en Iran.
Étant donné les résultats inquiétants des rapports d'audit de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) sur le Gabon, la Commission a décidé que les opérateurs de ce pays ne devraient pas être admis dans la Communauté européenne. Néanmoins, la Commission reconnaît que le gouvernement du Gabon a fait des efforts rapides et efficaces pour améliorer la sécurité au sein de l'aviation civile, avec l'aide directe de l'OACI, notamment en adoptant un nouveau code de l'aviation par une procédure d'urgence. Deux transporteurs aériens - Gabon Airlines et Afrijet - qui ont déjà accès à la Communauté ont l'autorisation de continuer leurs vols à destination de la Communauté européenne, mais sans possibilité de les étendre et dans le cadre d'un régime strict d'inspections pré-vol systématiques et rigoureuses.
La Commission a décidé de maintenir l'interdiction d'exploitation totale de la compagnie aérienne Ukraine Cargo Airways du fait que celle-ci n'est pas encore parvenue à appliquer avec succès son plan d'actions correctives. De plus, la Commission a rappelé aux autorités ukrainiennes le besoin de renforcer l'application des normes de sécurité.
Dans le cas de l'Indonésie, la Commission et le comité de la sécurité aérienne, composé d'experts des États membres, ont entendu les responsables de trois compagnies aériennes à leur demande: Garuda, Mandala et Air Fast, conjointement avec les autorités de l'aviation civile indonésienne. Suivant l'avis unanime du comité de la sécurité aérienne, la Commission a décidé que les autorités indonésiennes n'avaient pas encore élaboré la mise en oeuvre d'un programme de surveillance efficace d'aucun des transporteurs dans le cadre de leur contrôle réglementaire. En outre, les actions correctives visant à remédier aux insuffisances sur le plan de la sécurité détectées par l'OACI et par la Commission n'ont pas encore été évaluées par l'OACI.
La Commission s'est également intéressée au Cambodge et aux Philippines: dans le cas du Cambodge, les autorités de l'aviation civile devraient se mettre d'accord avec l'OACI sur un ensemble d'actions correctives appropriées pour redresser la situation. La Commission presse le Cambodge de prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre les problèmes de sécurité avant la prochaine actualisation de la liste. Dans le cas des Philippines, la Commission reconnaît que le gouvernement a déjà pris une série de mesures et elle l'invite à remédier rapidement aux insuffisances de son système de surveillance de la sécurité afin d'éviter de faire l'objet de restrictions de la part de l'UE.
Enfin, la Commission a examiné le niveau de sécurité du transporteur Yemenia Airways et a décidé qu'il devrait achever la mise en oeuvre de son plan d'actions correctives avant la prochaine réunion du comité de la sécurité aérienne.
Par conséquent, la liste communautaire impose l'interdiction de tous les transporteurs des lignes de Guinée équatoriale, d'Indonésie, de République kirghize, du Liberia, de Sierra Leone, du Swaziland et de la République démocratique du Congo (RDC) ainsi que du Gabon, à l'exception de Gabon Airlines et Afrijet, dont les opérations sont gelées à leur niveau actuel. De plus, les opérations de huit transporteurs sont totalement interdites dans l'Union européenne. >>
http://ec.europa.eu/transport/air-ban/


