31.07.2008
Une géographie des flux à l’aéroport : gérer les passagers et les bagages
Les aéroports gèrent des opérations terrestres complexes, notamment la régulation des flux de passagers et de bagages en provenance des avions à l’arrivée et à destination des vols en partance. Le moindre incident peut gravement perturber ces mouvements et altérer le fonctionnement de la plate-forme aéroportuaire. Où, quand et comment gère-t-on les passagers et les bagages ?
Typologie des flux
Dans un aéroport, la circulation des passagers et de leurs bagages se décompose en trois flux différents : les départs, les arrivées et le transit.
Le premier flux regroupe les passagers qui arrivent à l’aérogare où ils enregistrent leurs bagages, reçoivent leur carte d’embarquement et se dirigent vers la porte correspondant à leur avion.
Le deuxième est constitué des personnes qui débarquent d’un vol et qui, avant de quitter l’aérogare, doivent récupérer leurs bagages et subir les formalités de douane et de police.
Le troisième, plus réduit, se compose des voyageurs qui débarquent d’un avion pour prendre place à bord d’un autre, en partance vers une nouvelle destination.
Notons que les bagages sont gérés de la même façon que les voyageurs et suivent les mêmes processus.
Le flux des départs
A son arrivée à l’aéroport, le voyageur muni de son billet se dirige vers un comptoir ou une borne d’enregistrement, le plus souvent spécifique à sa compagnie. Pour les trouver, il lui suffit de suivre les panneaux indicateurs ou de se référer aux écrans d’information.
S’il ne possède pas encore son billet, le voyageur se rend au comptoir de vente de la compagnie pour en acquérir un. Il est désormais possible d’acheter son billet directement à des distributeurs automatiques et de régler avec sa carte de crédit. La vente en ligne est en passe de supplanter tous les autres modes d’acquisition.
Au comptoir d’enregistrement, le billet et l’identité du passager sont vérifiés et ce dernier reçoit une carte d’embarquement sur laquelle figurent l’heure prévue pour monter à bord, le numéro de la porte d’accès et le numéro du siège qu’il va occuper à bord de l’avion.
Le personnel au sol vérifie également que les passagers n’abusent pas des bagages à main. Ils pèsent les valises qui vont en soute et facturent les excédents aux voyageurs qui dépassent la franchise. Ils identifient et comptent également les bagages afin qu’ils soient correctement orientés vers le bon avion en partance.
Munis de sa carte, le passager franchit le sas de sécurité avant de parvenir à la salle d’embarquement. Ses bagages à main doivent être introduits dans un appareil de contrôle à rayons X doté d’un écran couleur, grâce auquel le personnel peut examiner et repérer facilement les objets prohibés.
Les passagers, quant à eux, passent par un portique de sécurité qui décèle s’ils sont porteurs d’objets métalliques. Avant de franchir ce portique, les porteurs de prothèse ou de stimulateurs cardiaques doivent se signaler à l’attention du personnel au sol pour qu’il prévienne tout incident. En cas de doute, le personnel peut fouiller à corps les voyageurs.
Les passagers en partance pour l’étranger subissent un contrôle de police où l’on vérifie leur carte d’embarquement et leur pièce d’identité. En revanche, les contrôles de police ont été supprimés entre les pays européens adhérant à l’accord de Schengen sur la libre circulation des personnes.
Certains pays qui connaissent des problèmes de sécurité particulièrement graves exigent des vérifications et des contrôles approfondis qui peuvent s’accompagner d’interrogatoires détaillés des passagers, d’un examen manuel des bagages à main et de fouilles à corps systématiques.
Les voyageurs qui arrivent très en avance par rapport à l’heure prévue pour l’embarquement ont la possibilité de patienter en visitant les boutiques hors taxes des aéroports. Ces magasins reversent aux aéroports un pourcentage de leur chiffre d’affaires et contribuent ainsi à financer les infrastructures.
Les flux de bagages
Les bagages de soute ont été pesés, comptés et étiquetés au comptoir d’enregistrement. Placés sur un tapis roulant, ils rejoignent une zone technique où ils sont contrôlés et triés en fonction des vols sur lesquels ils doivent embarquer. Des chiens policiers peuvent être utilisés pour détecter un trafic de stupéfiants ou d’explosifs.
On appelle transit le trafic des passagers qui débarquent momentanément, soit dans l’attente de remonter dans le même avion, soit pour prendre un vol en correspondance.
Dans le premier cas, les passagers quittent l’appareil le temps que celui-ci soit nettoyé et ravitaillé. Ils restent dans des salles d’embarquement sous douane et peuvent se restaurer ou effectuer des achats hors taxes. Ces arrêts existent principalement sur les vols très long-courrier. Les transporteurs en profitent pour relever leurs personnels.
Dans le second cas, les passagers descendent d’avion avant de reprendre un autre appareil. Ils ont souvent déjà leur carte d’accès à bord, mais ils peuvent s’adresser à des comptoirs de transit où les personnels les aident à s’orienter et à se réembarquer à temps.
Il s’agit du circuit le plus direct et le plus court. A sa sortie d’avion, le voyageur franchit les contrôles de police, se rend au carrousel de retrait des bagages correspondant à son vol, passe la douane, quitte l’aérogare et rejoint sa destination finale par le moyen de transport individuel ou collectif de son choix.
(c) Romain Masson-Mureau, VII-2008
Les illustrations et les liens suivent...
08:30 Publié dans A l'aéroport : un monde à part | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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