19.08.2008
British Airways, American Airlines et Iberia font cause commune sur l'Atlantique-Nord
<< Les trois principaux partenaires de l'alliance Oneworld ont déposé une demande d'immunité antitrust à Washington pour pouvoir exploiter ensemble leurs lignes entre l'Europe et l'Amérique du Nord.
Après Air France-KLM, Delta et Northwest, c'est au tour de British Airways, American Airlines et Iberia de vouloir regrouper leurs forces sur l'Atlantique-Nord. Les trois compagnies, déjà alliées dans Oneworld, ont annoncé jeudi la signature d'un accord pour mettre en commun leurs moyens entre l'Europe et les Etats-Unis, sur le modèle de l'accord de « joint-venture » initié en avril par leurs concurrents. Cet accord, qui doit encore être validé par les autorités américaines et européennes, leur permettrait de passer du simple programme de fidélisation commun à l'exploitation conjointe de tous leurs vols entre l'Europe (Union européenne, Suisse et Norvège) et l'Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique), avec un partage des recettes au prorata des capacités offertes. Il s'accompagnerait d'une augmentation des vols en partage de code sur les liaisons au-delà de l'Europe et de l'Amérique du Nord et intégrerait également deux autres acteurs mineurs de Oneworld : la finlandaise Finnair et la jordanienne Royal Jordanian.
Optimiser l'offre
British Airways, American et Iberia pourraient ainsi optimiser leur offre, en coordonnant au mieux leurs horaires et leurs tarifs. Contrairement au classique accord de partage de codes, qui se limite à la possibilité de vendre les vols du partenaire sur sa propre marque, le partage des recettes ferait en effet disparaître toute concurrence entre eux. Outre Air France-KLM, Lufthansa pratique déjà une coopération semblable avec United Airlines et a récemment déposé une demande d'immunité pour y ajouter Air Canada et Continental Airlines. British Airways, Iberia et American ne feraient donc que suivre le mouvement.
Mais, pour cela, la compagnie britannique et son allié doivent d'abord obtenir le feu vert des autorités américaines à leur demande d'immunité antitrust, qui leur a déjà été refusé à deux reprises, en 1997 et 2001, au nom de la concurrence. A eux deux, American et BA représentent en effet 63 % de l'offre entre New York-JFK et Londres-Heathrow, de loin la première porte d'entrée du trafic entre les deux continents. D'où l'opposition de certains concurrents au premier rang desquels Richard Branson, le PDG de Virgin Atlantic, qui a écrit à l'administration américaine, ainsi qu'aux deux candidats à la Maison-Blanche, pour leur demander de rejeter cette demande.
On voit toutefois mal l'administration américaine refuser une nouvelle fois à British Airways et American ce qu'elle a déjà accordé à leurs concurrents, surtout depuis l'accord de ciel ouvert qui s'est accompagné par l'ouverture de Heathrow à la concurrence. De plus, si BA et American sont en position dominante à Londres, la part de marché de Oneworld sur l'ensemble de l'Atlantique-Nord, ne dépasseraient pas 18 % contre 24 % pour l'alliance Skyteam d'Air France-KLM et 27 % pour la Star Alliance de Lufthansa, une fois rejointe par Continental. >>
Bruno Trevidic, Les Echos, 19-VIII-2008
18:34 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alliance, fusion, british airways, iberia, american airlines



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