03.07.2008

Concorde-Continental et 5 personnes renvoyées en correctionnelle

PARIS, 3 juillet (Reuters) - Un juge d'instruction a ordonné mercredi le renvoi en correctionnelle pour "homicides et blessures involontaires" de Continental Airlines et de cinq personnes dans l'enquête sur l'accident du Concorde qui avait fait 113 morts en 2000 à Gonesse (Val-d'Oise).

Le procès est susceptible d'aboutir à une amende pénale pour la compagnie aérienne américaine et à de lourds dommages et intérêts. Continental Airlines devra répondre de la signature de l'autorisation de remise en service et de négligences dans l'entretien et la maintenance des avions DC 10, lit-on dans le communiqué du procureur de Pontoise transmis jeudi à Reuters.

Le Bureau enquêtes accident (BEA) français a établi que l'origine de l'accident était l'éclatement d'un pneu du Concorde, provoqué au décollage de Roissy par une lamelle en titane de 43,5 cm provenant d'un DC 10 de Continental Airlines.

Il est reproché à un employé de Continental, John Taylor, d'avoir confectionné et installé cette lamelle sur le DC 10 sans respecter les prescriptions en vigueur et, à son chef, Stanley Ford, d'avoir validé le changement et signé une autorisation de remise en service de l'appareil, poursuit le communiqué.

Henri Perrier et Jacques Hérubel, deux responsables d'Aérospatiale - désormais EADS - sont mis en cause pour avoir, dans le cadre du suivi de navigabilité des Concorde, sous-estimé la gravité des dommages causés par les incidents, privilégié le traitement des causes des éclatements des pneumatiques aux dépens des conséquences, et d'avoir négligé les risques d'incendie et de perte de poussée des réacteurs.

Il est reproché à Claude Frantzen, ex-responsable de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), dans le cadre du suivi de navigabilité des Concorde, d'avoir sous-estimé la gravité des dommages causés par les incidents, d'avoir accepté que soit privilégié par le constructeur le traitement des causes des éclatements des pneumatiques aux dépens des conséquences des projections et d'avoir négligé les risques d'incendie et de perte de poussée des réacteurs.

Le renvoi en correctionnelle de Continental et de quatre de ces personnes pour "homicides et blessures involontaires" avait été requis en février par le parquet de Pontoise après plus de sept ans de procédure.

Henri Perrier, personnalité marquante de l'histoire du supersonique franco-britannique, participa à son premier vol en mars 1969 en tant qu'ingénieur navigant. Il fut chef des essais en vol de 1979 à 1989, puis directeur du programme Concorde.

Un non-lieu avait été demandé pour Jacques Hérubel, ancien directeur du programme Concorde.

La catastrophe de juillet 2000 avait accéléré la fin du Concorde, déjà programmée. Le dernier vol commercial a eu lieu le 24 octobre 2003 sous les couleurs de British Airways.