27.08.2008

Roissy : la piste qui permet d'économiser l'énergie

<< Menacé d'embouteillage, l'aéroport de Roissy a inauguré une nouvelle voie d'accès aux pistes. Objectifs : réduire la distance parcourue par les avions au sol, limiter le temps d'attente et diminuer la consommation de kérosène.

LES COMPAGNIES aériennes en rêvaient, Roissy l'a fait. Une nouvelle voie d'accès entre les terminaux et les pistes vient d'être inaugurée. Moins de temps perdu à rejoindre les aérogares et les pistes, fini les interminables files d'attente avant le décollage... La mise en service de cette voie constitue une réelle rationalisation du cheminement des avions. Avec, en prime, une réduction sensible de la pollution et de la consommation de kérosène. A l'origine de cette « solution miracle » élaborée par Aéroports de Paris (ADP), un constat : deuxième aéroport européen derrière Londres-Heathrow avec 60 millions de passagers par an, Roissy, qui enregistre de 1 500 à 1 600 atterrissages et décollages par jour - soit un mouvement toutes les 60 secondes -, est guetté par le grand embouteillage. « Depuis l'inauguration du terminal 2 F en 1997, Roissy n'a cessé de s'étendre vers l'est et, les voies d'accès n'étant plus suffisantes, nous risquions la thrombose au niveau des circulations au sol », confirme Gérard Batistella, l'un des responsables techniques d'ADP.

roissy.jpgMoins de pollution Conséquence, le temps dit de roulage des avions, en moyenne de dix à quinze minutes, avait tendance à s'allonger. D'où une pollution supplémentaire et un surplus de dépense de kérosène. « On a vu des avions rouler au sol avec un moteur en moins pour faire des économies », raconte Gérard Batistella. La solution : ADP a investi 35 millions d'euro pour construire une voie d'accès d'un kilomètre. Située à l'est de Roissy entre l'aérogare S3 et le nouveau terminal 2G inauguré le 9 septembre prochain pour accueillir les vols régionaux, elle permet un accès plus rapide aux pistes. Baptisé le « périphérique est », ce taxiway géant, fréquenté depuis quelques semaines par 250 avions chaque jour, ne sera pas sans effet sur l'environnement et... les factures de kérosène, qui représentent désormais un tiers des coûts d'exploitation des entreprises de transport aérien. Selon les calculs d'ADP, il va réduire de 55 km par jour les parcours des avions, soit une chute du temps de roulage de 1 500 heures par an. Du coup, les compagnies vont économiser 1,1 million de litres de kérosène et plus d'un million de dollars par an. Cerise sur le gâteau : les émissions de CO2 seront réduites de 5 000 t par an, l'équivalent de la pollution annuelle de plus de 1 500 voitures. Rien ne dit, en revanche, que ces économies soient répercutées sur le prix des billets... >>

Marc Lomazzi, Le Parisien, 20-VIII-2008

01.08.2008

Jour de gros départ à Orly: Evacuer le stress sur la piste de danse

<< Au premier jour du long week-end de transhumance des vacances d'été, plus de 100.000 voyageurs se croisent vendredi à l'aéroport d'Orly où tout est mis en oeuvre, jusqu'à des cours de danse, pour accueillir des vacanciers pas toujours habitués aux aéroports.

En salle d'enregistrement des bagages, les files d'attente s'allongent d'heure en heure. Les voyageurs sont essentiellement des familles qui partent en vacances, chargées de lourdes valises. Des valises qu'ils oublient parfois.

"Veuillez circuler" : le fonctionnaire de police installe un cordon de sécurité autour d'un bagage abandonné. En une heure, c'est déjà le deuxième bagage abandonné. Après quelques minutes, le dispositif est levé. Fausse alerte.

Quelques mètres plus loin, des "gilets orange" répondent aux questions des voyageurs un peu perdus. "Pour 43% des voyageurs de l'été, ce sera la seule fois de l'année qu'il prendront un avion", explique-t-on à Aéroport de Paris (ADP).

Une fois en zone d'embarquement, la tension retombe un peu. Toutes les formalités sont réglées, il ne reste qu'à attendre l'avion.

Ambiance "dance floor et boule à facette", les voyageurs sont invités à un petit cours de danse dispensé par Nir, 33 ans, et Audrey, 27 ans, deux professeurs de danse embauchés pour "les grands départs". Hip-hop, salsa, tecktonik, samba...il y en a pour tous les goûts.

Sac à main posé dans un coin, casque de musique sur les oreilles, le cours commence. "Une, deux, trois, quatre..." : un groupe de jeunes femmes pouffent de rire en effectuant, talons hauts et robe d'été, quelques pas de hip-hop.

Nabila et Sakina, deux copines d'une vingtaine d'années, en partance pour Tanger, se lancent. "Notre avion a du retard, on a plus de deux heures à attendre, la danse c'est marrant", confie Nabila.

Les voyageurs s'arrêtent, amusés, quelques enfants tentent d'entraîner leurs parents sur la piste. Doriane, 10 ans, trouve cette idée "amusante". "Elle stressait à cause du vol", explique sa maman Linda. Quelques pas de hip-hop et plus de trace de stress. Le papa de Doriane en a même profité pour prendre les premières photos de vacance avant la Martinique.

Et pour ceux qui préfèrent rester assis, ADP a installé des consoles de jeux gratuites. Là aussi le stand remporte un franc succès. Manettes à la main, Mehdi, 10 ans, et Dehann, 5 ans, ne se connaissaient pas avant d'entamer cette partie de "Harry Potter". Ils ne sont pas sur le même vol. L'un part à Tunis, l'autre en Martinique et trouvent "sympa de pouvoir jouer".

Samedi et dimanche, l'aéroport d'Orly devrait connaître la même affluence. La piste de danse aussi. >>

Katell Prigent, AFP, 01-VIII-2008 

09.07.2008

La Cour des Comptes épingle Aéroports de Paris sur la qualité des services

<< La Cour des Comptes épingle Aéroports de Paris (ADP), gestionnaire de Charles de Gaulle, Orly et du Bourget, sur la qualité des services, dans un rapport rendu public mercredi.

"La qualité du service reste insuffisante à ADP malgré certaines améliorations", observe-t-elle à propos du gestionnaire partiellement privatisé en 2006, mais dont l'Etat reste l'actionnaire majoritaire.

Et "les hausses tarifaires consenties par l'Etat sur les redevances payées par les passagers n'ont pas eu comme contrepartie une amélioration suffisante de la qualité de service", ajoute-t-elle.

"De nombreux points noirs persistent comme la facilité de circulation à l'intérieur des terminaux, l'information donnée aux passagers, la gestion des files d'attente, le rapport qualité/prix des boutiques et des bars/restaurants", remarque la Cour des comptes dans son rapport.

Egalement dans son collimateur: "les conditions de passage des contrôles transfrontières de la police aux heures d'affluence, les conditions de transport de passagers par autobus entre les avions et les aérogares lorsque les avions ne sont pas directement accessibles".

Une partie des difficultés rencontrées par ADP pour atteindre une qualité de service satisfaisante, notamment dans la propreté, a des origines structurelles, détaillent les auteurs du rapport.

"Dans plusieurs terminaux de Roissy-CDG, notamment les plus anciens, le parti pris architectural initial a été de ne pas implanter de blocs sanitaires dans les espaces départ. Il s'est révélé difficilement soutenable", constatent-ils.

Dans les classements internationaux, ADP a longtemps figuré en queue de peloton, a aussi observé l'institution de la rue Cambon.

La Cour des comptes "recommande à ADP de renforcer le suivi des marchés de sous-traitance", préconise une "mobilisation à tous les niveaux hiérarchiques, par exemple par une extension de la modulation des rémunérations, par une présence renforcée et continue au contact des passagers".

A l'attention de l'Etat, la Cour estime que "les méthodes de fixation des redevances et d'encadrement de leur évolution à moyen terme sont à perfectionner". "En matière de qualité de service, les objectifs poursuivis devraient être plus exigeants", ajoute-t-elle.

Tout en observant une amélioration de la situation financière d'ADP, avec un redressement des résultats et une diminution de son endettement, elle regrette que "l'intégralité du domaine foncier et immobilier ait été transférée en pleine propriété à ADP", lors de son introduction en Bourse.

"Ce choix prive l'Etat des avantages liés à la propriété de ces actifs sur le long terme. Ce qui est d'autant plus critiquable du point de vue de la préservation de son intérêt, qu'il existait la possibilité d'opter pour une solution consistant à ne céder que l'usufruit de ces biens domaniaux", ajoute l'institution.

La Cour estime que l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle arrivera à saturation "entre 2020 et 2030", selon les prévisions d'augmentation du trafic. "Malgré les nombreuses incertitudes qui subsistent sur cette échéance, le devenir de cette plate-forme n'a pas encore fait l'objet d'une stratégie assumée et de choix clairs", observe-t-elle, interpellant l'Etat à prendre dès à présent les dispositions nécessaires. >>

AFP, 09-VII-2008