26.08.2008

Un an après la fin de la direction bicéphale, EADS fonctionne mieux mais...

L'abandon il y a un an de la direction bicéphale d'EADS a amélioré le fonctionnement du groupe européen aéronautique et de défense, mais des tensions franco-allemandes demeurent au sein de cette entreprise confrontée en outre à l'avenir morose du transport aérien, selon des analystes.

"Cela a fait du bien à l'entreprise. Mais je pense que le sujet de l'intégration et la question de comment surmonter les différences culturelles sont loin d'être clos. Cela va durer certainement des années, voire des dizaines d'années", observe un analyste allemand.

Le 27 août 2007, le Français Louis Gallois prenait seul les commandes d'EADS qu'il partageait auparavant avec l'Allemand Thomas Enders, nommé lui à la tête de l'avionneur Airbus, principale filiale du groupe. Une décision annoncée un mois plus tôt, lors d'une rencontre à Toulouse entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

Instituée dans un souci d'équilibre entre les deux nations fondatrices d'EADS, la France et l'Allemagne, en 2000, la direction à deux têtes du groupe avait été rendue responsable des déboires industriels du très gros porteur d'Airbus, l'A380, et d'incessantes frictions au sein du management.

<< Cette réforme des structures de gouvernance d'EADS est "une étape tout à fait positive" pour le groupe, qui va lui permettre de devenir "une entreprise véritablement intégrée avec une "unité de vision", avait déclaré M. Gallois en devenant seul dirigeant. "Nous devons continuer à construire le nouvel Airbus, intégré et plus efficace", avait renchéri de son côté M. Enders.

"Du point de vue strict du management, cela fonctionne bien. Louis Gallois fait du bon travail, il me semble encore être apprécié de tous", relève Nick Cunningham, analyste d'Evolution Securities à Londres.

airbus.jpgMais les crispations franco-allemandes n'ont pas complètement disparu pour autant. Dès l'arrivée de M. Enders chez Airbus, certains syndicats français s'inquiétaient d'une "mainmise" allemande. Et au printemps dernier, de nombreuses voix s'étaient élevées à Toulouse, siège d'Airbus, pour affirmer que cette région était désavantagée par rapport aux sites allemands, dans le cadre du plan de restructuration de l'avionneur, Power8.

Une critique qui avait poussé M. Gallois à rencontrer en personne des cadres d'Airbus et des élus locaux et à affirmer qu'il n'y avait pas de déséquilibre entre la France et l'Allemagne.

En outre, la présence de 2.000 Allemands expatriés à Toulouse jusqu'à la fin de l'année pour remédier au retard de l'A380 a été source de tension avec le personnel français. A tel point que M. Gallois avait déclaré en juin dernier "souhaiter l'amélioration du climat à Toulouse".

Côté allemand, beaucoup voient l'enquête française pour délits d'initiés présumés au sein d'EADS impliquant plusieurs dirigeants encore en poste, comme une manoeuvre politique pour affaiblir M. Enders, lui-même concerné, relevait en juin dernier le quotidien Financial Times Deutschland. En juillet, M. Enders, avait d'ailleurs qualifié cette enquête de "procès joué à l'avance".

Mais, "le plus gros problème d'EADS se trouve en réalité à l'extérieur", relève M. Cunningham: Victimes du pétrole cher et de l'atonie de la conjoncture mondiale, nombre de compagnies aériennes, clientes d'Airbus, commencent à montrer des signes de faiblesse, ce qui pourrait conduire certaines d'entre elles à des reports de commandes ou des annulations.

Et M. Cunningham d'estimer: "Certes, c'est mieux d'avoir un seul dirigeant dans ce cas-là, mais les difficultés ne partent pas pour autant". >>

Céline Le Prioux, AFP, 25-VIII-2008

Kingfisher reporte la livraison de 32 A320

<< Le meilleur client indien d'Airbus est touché à son tour par la brutale décélération de la croissance du trafic dans le sous-continent, conséquence du renchérissement du carburant et des tarifs aériens.

Kingfisher_Airlines.jpgNouvelle illustration de la brutale dégradation du transport aérien en Inde, le meilleur client indien d'Airbus, la jeune compagnie Kingfisher, a dû repousser de deux ans la livraison de trente-deux A320 moyen-courriers. Initialement prévues entre 2008 et 2009, ces livraisons ont été reportées à 2010-2012, a indiqué son président-fondateur, Vijay Mallya, dans un entretien au « Financial Times ». Invoquant la concurrence « féroce et irrationnelle » sur le marché indien, le PDG de Kingfisher a également revu en baisse ses achats d'avions long-courriers, en convertissant une commande de dix A340-500 quadriréacteurs en cinq A330-200 biréacteurs à la capacité d'emport et au rayon d'action plus modeste. Sur les cinq A340 restants, deux seraient également en passe d'être revendus.

Atterrissage douloureux

Ce nouveau report représente, au prix catalogue, un manque à gagner de près de 2 milliards de dollars sur deux ans pour Airbus, qui ne livrera que seize A320 à Kingfisher d'ici à 2010. Il s'ajoute de surcroît à l'annulation l'an dernier d'une commande de soixante-deux A320 passée par Air Deccan en 2004 et 2005, avant son absorption en 2007 par Kingfisher. Mais, en acceptant ce nouveau calendrier, l'avionneur évite d'aggraver les difficultés de l'un de ses meilleurs clients. La compagnie indienne, créée il y a deux ans par le magnat de la bière indienne du même nom, lui a en effet commandé pas moins de soixante et onze appareils, dont cinq A380. Kingfisher doit adapter l'évolution de son offre à la brutale décélération du trafic intérieur indien, passé d'un rythme de croissance de 25 % par an depuis 2005, à 9 % en mai. Un atterrissage douloureux, provoqué par l'envolée du prix du carburant, qui a déjà fait plonger dans le rouge l'ensemble du transport aérien indien, avec un déficit cumulé de 40 milliards de roupies (600 millions d'euros) sur l'exercice 2007-2008, clos fin mars. Avant Kingfisher, Jet Airways et Air India avaient également annoncé leur intention de réduire la voilure. La première perdait environ 2 millions de dollars par jour, selon son directeur général. Quant à la compagnie nationale Air India, qui prévoit 458 millions de dollars de pertes pour l'exercice 2007-2008, le gouvernement a une nouvelle fois repoussé sa privatisation sine die. >>

Bruno Trevidic, Les Echos, 26-VIII-2008

25.08.2008

Annulations de commandes : Airbus serein

<< Les désistements de commandes d'avions n'inquiètent pas les grands constructeurs, car ils sont le fait d'une poignée de compagnies américaines exsangues.

airbus.jpgLES CYCLES de l'industrie aéronautique ne se superposent pas tout à fait à ceux du transport aérien. Si la croissance de ce dernier s'essouffle légèrement, les constructeurs d'avions affichent, eux, un excellent moral. Après le salon de Farnborough en juillet, Airbus, qui totalise 711 commandes depuis le début de l'année, a même relevé ses prévisions à la hausse de 700 à 850 en 2008. Les chiffres de Boeing sont également bons avec, en date du 12 août, 577 contrats signés.

Mais il faut déduire les désistements. Chez Airbus, on décompte 43 annulations, dont une grande partie due à des conversions d'A 350 (ancienne version d'avant 2006) en A 350 XWB (nouvelle version). Mais d'autres sont attendues, en raison des difficultés de compagnies aériennes américaines. Parmi les 4 000 avions restant à livrer par Airbus, près de 200 sont destinés à des sociétés mal en point, comme United ou US Airways.

Boeing aussi fait face à 146 commandes « incertaines » de Continental et Delta. En valeur absolue, cela représente une dizaine de milliards de dollars de manque à gagner pour chaque constructeur et presque un semestre de production. En valeur relative, c'est très peu par rapport au montant des carnets de commandes de 400 milliards de dollars. En fait, seuls les délais de livraison changeraient et gagneraient quelques semaines d'ici à 2013. Seule American Airlines, pour sortir de la spirale infernale des avions anciens gourmands en carburant, a réussi à négocier avec Boeing la conversion en commande d'une option de 26 B 737 (plus de 2 milliards de dollars au tarif catalogue). Six d'entre eux doivent être livrés très vite, avant 2010.

Des appareils plus productifs

Quand une compagnie aérienne passe une commande d'avions, celle-ci répond généralement à un double impératif : renouveler la flotte avec des appareils plus productifs (notamment en termes de consommation) mais aussi faire face à la croissance du trafic.

Depuis quelques mois, la première exigence, avec un baril entre 100 et 150 dollars, est devenue essentielle pour la survie des compagnies. En même temps, la répercussion de la hausse du cours du pétrole dans le prix des billets tend à éloigner les passagers et inciterait à réduire la capacité de sa flotte. Ce qui explique les récentes intentions de Michael O'Leary, président de la compagnie irlandaise Ryanair, d'acquérir 400 avions supplémentaires chez Airbus ou Boeing. Ils seraient livrables à partir de 2013, lorsque la conjoncture devrait être meilleure pour le transport aérien.

En attendant, Ryanair laisse passer l'orage en fermant temporairement sept bases en Europe. Ce qui laissera cet hiver huit avions au sol. >>

Thierry Vigoureux, Le Figaro, 25-VIII-2008

07.08.2008

Ryanair fait miroiter une commande géante à Boeing et à Airbus

RYANAIRbonne.jpg<< Michael O'Leary, le patron de Ryanair, n'a pas froid aux yeux. En dépit d'une conjoncture morose qui ne l'épargne pas, la compagnie irlandaise à bas coûts envisagerait d'acquérir jusqu'à 400 nouveaux appareils, affirme-t-il dans un entretien au quotidien allemand « Süddeutsche Zeitung ». Des négociations seraient déjà engagées depuis plusieurs mois avec Boeing et Airbus, pour des livraisons à partir de 2013.

En juin dernier, Ryanair avait pourtant annoncé son intention de réduire la voilure cet hiver, en clouant au sol une dizaine d'avions. Si l'entreprise est en effet parvenue jusqu'à présent à préserver sa croissance à deux chiffres à coup de promotions, affichant encore une hausse de 19 % du trafic en juillet, son coefficient de remplissage et sa rentabilité ne cessent de décliner. Les bénéfices ont fondu de 85 % au premier trimestre de son exercice 2008-2009, entraînant la chute du titre, et la compagnie n'exclut pas de terminer dans le rouge cette année, pour la première fois depuis son entrée en Bourse en 1997. Sa stratégie de croissance à tout crin est désormais remise en cause par plusieurs analystes et son patron apparaît de plus en plus contesté. De plus, Ryanair, dont la flotte est entièrement composée de Boeing 737-800, doit encore prendre livraison de quelque 230 appareils d'ici à 2010.

Cependant, une nouvelle commande record en pleine crise n'a pourtant rien d'improbable. Selon nos informations, la compagnie aurait en effet engagé dès la fin de l'an dernier des discussions avec les deux avionneurs, pour une centaine d'appareils. Tablant sur la baisse du dollar et un retournement du secteur, Michael O'Leary espère en effet rééditer son coup de 2001. Alors que toutes les compagnies gelaient leurs achats d'avions, Ryanair avait passé commande de plus d'une centaine d'appareils à Boeing, en échange d'une ristourne sans précédent. Mais aux dernières nouvelles, les négociations avec Boeing et Airbus n'avanceraient guère, aucun des 2 avionneurs, dont les carnets de commandes sont archi-pleins, ne voulant céder aux exigences du transporteur irlandais. >>

Bruno Trevidic, Les Echos, 07-VIII-2008

01.08.2008

Emirates Airline fait l'acquisition de 60 gros-porteurs Airbus

emirates3.jpeg<< La compagnie Emirates Airline, basée à Dubai, a signé une lettre d'intention (LoI) portant sur 30 A350 XWB et 30 A330-300 d'Airbus. Cet accord a été signé par le Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum, Chairman et Chief Executive d'Emirates Airline et d'Emirates Group et Tom Enders, Président et CEO d'Airbus, à l'occasion de la livraison, à Hambourg, du premier A380 destiné à la compagnie.

A l'occasion du 10ème salon aéronautique de Dubai, en 2007, Emirates avait signé un contrat portant sur la commande ferme de 70 A350 XWB assortie d'options pour 50 appareils supplémentaires. L'accord signé aujourd'hui confirme l'acquisition de 30 de ces A350 XWB en option. Avec cette transaction, le nombre total d'A350 XWB commandés par Emirates s'élèvera à terme à 100 exemplaires.

"Dubai a pour objectif d'accueillir 15 millions de visiteurs par an d'ici à 2012 et Emirates a avancé ses programmes de développement. L'A350 XWB et l'A330 permettront à Emirates de se développer en exploitant des appareils de technologie avancée à faible consommation de carburant. Avec l'A380, ce sont les appareils dont nous avons besoin pour atteindre nos objectifs," a déclaré le Sheikh Ahmed.

"Le rythme de croissance d'Emirates Airline reste impressionnant. Nous sommes fiers de la confiance qu'Emirates place dans Airbus. Nous sommes heureux que l'esprit visionnaire et l'innovation qui caractérisent l'A330, l'A350 et l'ensemble des appareils de la gamme Airbus contribuent aux programmes de développement rapide d'Emirates et de Dubai. Ces commandes et la livraison du premier A380 à la compagnie font de ce jour un jour remarquable, non seulement dans l'histoire d'Airbus, mais aussi d'Emirates," a pour sa part souligné Tom Enders, Président et CEO d'Airbus.

Grâce à un fuselage de véritable gros-porteur permettant d'offrir un très grand confort, l'A330-300 peut adapter la configuration de ses sièges et classes en fonction des besoins des clients. Cet appareil peut parcourir des distances allant jusqu'à 10 500 km/5 650 nm avec une pleine charge passagers. Très rentable et parfaitement adapté au marché moyen/long-courrier, l'A330-300 offre le meilleur compromis autonomie/coût, surtout en période de hausse des prix du carburant. L'A330-300 est actuellement le moyen le plus économique pour transporter quelque 300 passagers sur des lignes moyen-courriers, dans un confort de véritable long-courrier.

La famille A350 XWB (Xtra Wide-Body) est la réponse fournie par Airbus à la demande du marché portant sur une famille très rentable de gros-porteurs long-courriers de moyenne capacité. L'A350 XWB, doté d'une autonomie allant jusqu'à 15 400 km/8 300 nm, est disponible en trois versions passagers de base : l'A350-800, qui peut transporter 270 passagers, l'A350-900 de 314 sièges, et l'A350-1000, conçu pour accueillir 350 passagers dans un aménagement tri-classe standard. L'A350 XWB est doté du fuselage le plus large de sa catégorie, offre des niveaux sans précédent de confort, et affiche également les coûts d'exploitation et les coûts au siège-kilomètre les plus bas de tous les appareils de ce segment de marché. Equipés de deux réacteurs de nouvelle génération Trent XWB de Rolls-Royce, délivrant chacun jusqu'à 92 000 lbs de poussée, les appareils de la famille A350 XWB sont conçus pour faire face aux défis actuels : prix de carburant élevés, attentes des passagers toujours plus grandes et préoccupations environnementales. Sans prendre en compte les avions faisant l'objet de cette lettre d'intention signée par Emirates, les commandes fermes de ce type d'appareil s'élèvent à plus de 470 exemplaires destinés à 28 clients.  >>

Airbus, 01-VIII-2008 

29.07.2008

Airbus livre enfin l'A380 à Emirates

A380 Emirates1.jpg<< Après cinq appareils à Singapore Airlines, Airbus a livré, hier, le premier des 58 superjumbo commandés par Emirates.

Singapore Airlines n'est plus la seule compagnie aérienne au monde à posséder dans sa flotte le géant A380. Hier à Hambourg, le plus gros client du superjumbo, la compagnie de Dubaï Emirates, a pris livraison du premier des 58 exemplaires commandés. Un nombre d'avions qui représente à lui seul 35 % des 202 A380 vendus depuis le lancement du programme fin 2000. Pour célébrer l'événement, le président d'Emirates, Cheikh Ahmed ben Said al-Maktoum, a signé une lettre d'intention pour acheter 60 avions long-courriers supplémentaires, 30 A330-300 et 30 A350, d'une valeur de 12 milliards de dollars au prix catalogue. Les 30 A350 correspondent à une partie des 50 options qui accompagnaient la commande ferme de 70 appareils, signée en novembre 2007.

Équipé de quatre moteurs GP7200 d'Engine Alliance, l'A380 de 489 sièges (14 en première classe dans des suites privées, 76 en classe affaires et 399 en classe économique) sera rapatrié à Dubaï aujourd'hui et débutera son premier vol commercial le 1er août en direction de New York. Deux jours après, Singapore Airlines réalisera son 1.000e vol commercial en A380 depuis la mise en service de l'appareil le 28 octobre 2007, avec dix-neuf mois de retard en raison de problèmes de câblage. C'était la seule livraison d'A380 de l'année 2007. En 2008, il doit y en avoir douze, selon la quatrième révision du calendrier d'Airbus en mai dernier. Singapore en a déjà reçu quatre et attend le cinquième de l'année (son sixième en fait) en septembre. Les autres devraient être partagés entre Emirates et Qantas. Pour 2009, l'objectif d'Airbus est de livrer 21 A380. Puis entre " 30 et 40 " en 2010.

A380 Emirates2.jpgUN CALENDRIER INCERTAIN

Un pari qui semble ambitieux, voire difficile à tenir selon certains. Personne chez Airbus ne peut certifier qu'il n'y aura pas d'autres reports de calendrier. " Ce serait présomptueux d'affirmer cela. Nous aurons une meilleure visibilité à la fin de l'année ", explique un dirigeant de l'avionneur. Airbus rencontre toujours des problèmes sur les têtes de versions (le premier appareil de chaque compagnie), qui nécessiteraient une modification de plus de 50 % du câblage. Les A380 de chaque compagnie sont en effet tous différents. Le remplacement le 10 juillet de Mario Heinen à la tête du programme A380 par Alain Flourens traduit-il ces difficultés persistantes ? Les avis divergent chez Airbus. >>

Fabrice Gliszczynski, La Tribune, 29-VII-2008

 

18.07.2008

Airbus annonce des commandes pour un montant de plus de 40 milliards de dollars US au Salon aéronautique de Farnborough

<< Airbus a annoncé des transactions portant sur 256 appareils, d'une valeur de 40,5 milliards de dollars, lors de l'édition 2008 du Salon aéronautique de Farnborough. Ces transactions, qui comprennent la commande ferme de 247 appareils et neuf engagements d'achat, sont également le reflet de la grande solidité du marché aéronautique en dépit d'incertitudes économiques sur le plan international.

Deux commandes substantielles émanant de transporteurs du Moyen-Orient ont constitué les événements majeurs du Salon. DAE Capital, division financement et leasing d'avions de Dubai Aerospace Enterprise, a signé un contrat portant sur l'acquisition de 100 appareils (30 A350-900 et 70 A320), d'une valeur de 12,6 milliards de dollars. Parallèlement, Etihad a annoncé la commande de 55 appareils, comprenant 10 A380, 20 A320 et 25 A350 XWB.

Aeroflot (cinq A321), Asiana (30 A350 XWB), la société de leasing basée aux Etats-Unis Aviation Capital Group (23 appareils de la famille A320 d'Airbus), Saudia (huit A330-300), Synergy Aerospace (10 A350-800), et Tunisair (10 A320, trois A330-200 et trois A350-800) sont autant de commandes fermes également annoncées lors de ce salon.

Outre ces nouveaux contrats, Airbus a enregistré des engagements d'achat pour neuf appareils au cours du Salon : Qatar Airways et Alis (Italie) ont signé un protocole d'accord portant respectivement sur quatre A321 et cinq avions cargo A330-200F. En outre, AerCap, société de leasing basée aux Pays-Bas, a signé un contrat en vue de la conversion de 30 A320/A321 de son ancienne flotte d'avions passagers en avions cargos (P2F). AerCap devient ainsi le client de lancement de ce programme de conversion.

Le succès d'Airbus est basé sur une conception innovante, qui permet à l'avionneur d'offrir les familles d'appareils les plus modernes dans toutes les catégories - de l'A318 de 100 sièges jusqu'à l'A380 double-pont, appareil le plus récent et de plus grande capacité au monde.

Airbus est également le seul avionneur à offrir aux compagnies une gamme complète d'avions passagers présentant une communité de poste de pilotage. Cette caractéristique permet aux compagnies d'affecter aisément et rapidement les pilotes d'un type d'appareil à un autre au cours de leur carrière, et de réaliser des économies de coûts et de temps. >>
 
Airbus, 18-VII-2008 

17.07.2008

Airbus s'associe a la convention des Nations Unies sur la bio-diversité et soutient la campagne "vague verte"

<< Airbus a signé aujourd'hui un Protocole d'Accord avec la Convention des Nations Unies sur la Biodiversité (CBD) pour apporter son soutien à la "Vague Verte", une campagne éducative mondiale s'adressant aux enfants et aux jeunes. Tom Enders, Président et CEO d'Airbus et Ahmed Djoghlaf, Secrétaire Exécutif de la Convention sur la Diversité Biologique, ont signé un accord de partenariat à l'occasion du Salon Aéronautique International de Farnborough, placé sous le thème de l'Aviation Durable.

L'initiative Vague Verte a pour but de soutenir les écoles du monde entier afin que soit enseignée aux jeunes l'importance primordiale de la protection de la diversité biologique de la planète sur les générations actuelles et futures, et les inviter à planter des arbres le 22 mai de chaque année à 10h00 dans le cadre des célébrations de la Journée Internationale de la Diversité Biologique.

L'objectif initial d'Airbus est d'aider à sensibiliser le public à l'initiative Vague Verte en s'associant à une campagne mondiale de communication. Airbus se joindra ensuite à l'effort des compagnies aériennes et des autres membres de l'industrie pour la poursuite des actions de soutien de la campagne Vague Verte et de la CBD.

Airbus reconnaît que les émissions de CO2 générées par le transport aérien représentent environ 2% des émissions de CO2 produites par les activités humaines. C'est un défi et Airbus met à profit son expérience pour réduire la consommation de carburant, et s'appuie sur les nouvelles technologies pour limiter l'impact de l'aviation sur l'environnement. Aux côtés de l'OACI (Organisation de l'Aviation Civile Internationale), agence spécialisée des Nations Unies chargée de définir les normes du transport aérien mondial, Airbus poursuivra activement son travail de réflexion sur la contribution de l'aviation aux changements climatiques.

"Les changements dans l'utilisation du sol sont une cause majeure de la perte de biodiversité. L'aviation s'est largement distinguée en permettant le rapprochement des peuples du monde entier et en favorisant une meilleure répartition du développement, tout en ayant un impact minime sur l'utilisation du sol. L'aviation européenne, par exemple, utilise l'un des réseaux les plus concentrés du monde," a déclaré Tom Enders, Président et CEO d'Airbus. "Nous sommes prêts à mettre nos ressources et notre expertise au service de tous ceux qui s'attaquent à ces causes majeures du changement climatique," a-t-il ajouté. La déforestation est responsable de 20% de l'effet de serre à l'origine du réchauffement planétaire; ainsi, la Vague Verte est pour nous un projet d'intérêt majeur."

Ahmed Djoghlaf, Secrétaire Exécutif de la CBD, devait pour sa part déclarer : "la campagne « Vague Verte » vise à établir des liens solides entre les enfants et la nature, et une solidarité humaine internationale entre les écoles du monde entier. Je suis ravi qu'Airbus se joigne à nous pour éveiller dans l'esprit des enfants et des jeunes l'amour de la nature. Investir dans les enfants et les jeunes d'aujourd'hui, c'est investir dans l'éducation des citoyens de demain.

Conscient de sa place de leader de l'industrie, Airbus met tout en oeuvre pour être une société vraiment éco-efficiente. Ainsi, Airbus est le premier avionneur au monde à avoir reçu la certification environnementale ISO 14001 couvrant l'ensemble de ses sites de production et produits, tout au long de leur cycle de vie. La volonté d'Airbus est d'assurer que le transport aérien continue à être un moyen de transport éco-efficient, créateur de valeur économique, et dont l'impact environnemental reste minime. >>
 
EADS, 16-VII-2008 

16.07.2008

Airbus atteint déjà ses objectifs 2008 en termes de commandes

Airbus.jpeg                                                                                << L'avionneur européen a engrangé pour 18,5 milliards de dollars de commandes hier. La plus grosse annonce est venue de la compagnie du Golfe DAE : 100 avions, dont 30 A350. L'objectif 2008 est déjà atteint.

Airbus a engrangé 211 commandes en quarante-huit heures. L'objectif de 700 commandes en 2008 sera donc largement dépassé, puisque le compteur affichait déjà 485 unités avant le Salon de Farnborough.

Nouvelle journée faste pour Airbus au Salon aéronautique de Farnborough. Après les 13,1 milliards d'euros de lundi, principalement avec Etihad, Airbus a engrangé hier pour 18,5 milliards de dollars de nouvelles commandes (prix catalogue). Et, comme lundi, ce sont les compagnies du golfe Persique qui ont assuré l'essentiel. La première annonce est venue de Qatar Airways. La compagnie de lancement de l'A350 a signé une promesse d'achat portant sur 6 A321, dont 2 en option, livrables à partir de 2009. Ce qui n'empêche pas son directeur général, Akbar al-Baker, de se montrer intéressé par le futur monocouloir CSeries de Bombardier.

Partenariat tunisien

TunisAir a suivi avec une commande ferme de 16 avions : 10 A320, 3 A330-200, et 3 A350-800, le tout pour 2 milliards de dollars. « Dans ce contexte économique difficile, cette commande traduit notre confiance dans le transport aérien », a déclaré son président, Nabil Chettaoui. L'accord s'inscrit dans le cadre d'un partenariat global, conclu en avril lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Tunis, et qui prévoit qu'Airbus et ses partenaires industriels créent jusqu'à 2.000 emplois en Tunisie, a précisé Fabrice Brégier, le numéro deux de l'avionneur.

Le clou de la journée est venu avec Dubaï Aerospace Entreprise (DAE). Le groupe, dont les activités marient leasing et maintenance, a commandé 70 A320, et 30 A350-900. En rajoutant les 23 A320 de la compagnie à bas coût ACG, et les 5 appareils de la même famille pour Aeroflot, le carnet de commandes de la filiale d'EADS s'est donc enrichi hier de 148 avions à fabriquer, en incluant les 4 de Qatar Airways dont la confirmation est quasi acquise. Soit 211 appareils en quarante-huit heures. L'objectif officiel de 700 commandes cette année sera donc largement dépassé, puisque le compteur totalisait déjà 485 unités avant le Salon.

De quoi amortir d'éventuelles annulations en masse, si le climat économique devait continuer à se dégrader, affirme-t-on chez Airbus. D'autant plus que la moisson ne semble pas terminée. L'avionneur pourrait en effet annoncer aujourd'hui l'achat par une compagnie du Golfe (encore) de plusieurs monocouloirs. « Une cinquantaine, voire plus, d'A350 devraient suivre d'ici à la fin de Farnborough », confie-t-on en interne. L'A380 pourrait également être à la fête. Par ailleurs, Boeing n'est pas en reste : la compagnie Air China a annoncé hier soir la commande de 15 B777 et de 30 B737 au prix catalogue de 6,3 milliards de dollars.

Si Airbus a multiplié les annonces commerciales, EADS y est allé de son annonce industrielle. Le groupe européen va aider Mubadala, société chargée de diversifier l'économie des Emirats arabes unis, dans l'aéronautique notamment. L'alliance porte sur la conception et la fabrication d'éléments d'aérostructures en composite à Abu Dhabi, la maintenance des avions, et la formation d'ingénieurs. Les premières pièces devraient sortir des usines en 2010, pour Airbus ou peut-être d'autres constructeurs. L'accord devrait générer 1 milliard de dollars de chiffre d'affaires sur dix ans pour les EAU. « La globalisation devient un objectif en soi pour produire à bas coût en zone dollar ou pour se diversifier, et non plus comme avant uniquement pour pénétrer de nouveaux marchés », explique Marwan Lahoud, le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS. >>

Alain Ruello, Les Echos, 16-VII-2008 

09.07.2008

Airbus devance toujours Boeing dans un ciel assombri par l'or noir cher

<< L'européen Airbus devançait toujours au premier semestre son rival américain Boeing en nombre de commandes d'avions civils, en dépit du pétrole cher décourageant leurs clients, les transporteurs aériens.

Au 30 juin, Airbus totalisait 487 commandes nettes d'avions en six mois, selon un communiqué diffusé mardi par la filiale du groupe européen de défense et d'aéronautique EADS. Boeing en affichait 475 au 1er juillet, selon des chiffres disponibles sur son site internet.

Après des années de commandes record --dont 2007, un crû exceptionnel dans l'histoire de l'aéronautique, où les deux géants avaient totalisé ensemble 2.754 commandes d'avions, une performance inédite-- leurs usines tournent à plein. En ce qui concerne les livraisons, ils sont quasiment à égalité, Airbus ayant livré entre janvier et juin 245 appareils, Boeing 241.

Mais en 2008, l'horizon semble moins dégagé pour les avionneurs. "L'environnement de prix du pétrole durablement élevé, combiné au risque de craquement des pays émergents, pointés par nos économistes, nous amène à adopter une position prudente sur les titres exposés à l'aviation civile", remarquent les analystes de Oddo Securities, dans une note récente.

Quelque 25 compagnies aériennes ont cessé leurs opérations ou fait faillite au cours des six premiers mois de l'année en raison de la flambée des cours des carburants, un chiffre sans égal, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'Association internationale du transport aérien (Iata).

Le poste kérosène se taille actuellement la part du lion dans les dépenses des transporteurs, alors que les cours du pétrole évoluent à des niveaux records, à plus de 140 dollars le baril. Particulièrement touchées, les américaines et les compagnies à bas coûts.

Par conséquent, "les compagnies aériennes vont être amenées à prendre plusieurs décisions défavorables aux constructeurs", dont une réduction des commandes, préviennent les analystes d'Oddo Securities.

Le spectre des reports et des annulations se profile. Certains spécialistes de l'industrie évoquent les chiffres de 25 à 30% des commandes d'avions qui pourraient être ajournées ou annulées par des transporteurs en difficulté.

Pour 525 commandes brutes passées au premier semestre, Airbus a enregistré 38 annulations, a-t-il précisé. Boeing, une seule.

Sur les six premiers mois de l'année, les moyen-courriers, très prisés pour les liaisons point à point, notamment par les compagnies à bas-coûts, restent en tête des commandes auprès des deux constructeurs.

Chez Airbus, la famille de monocouloirs A320, d'une capacité de 105 à 185 sièges suivant les versions (A318 à A321), affiche 335 commandes brutes moins 12 annulations. Boeing compte 355 commandes brutes moins une annulation pour ses 737.

Viennent ensuite les long-courriers. Pour la famille des A330, A340 et A350, ce dernier devant entrer en service en 2013, Airbus affiche 187 commandes brutes moins 26 annulations. Pour ses 777 et 787, dont la mise en service est prévue en 2009, Boeing a enregistré 119 commandes et aucune annulation.

Pour les gros-porteurs, Airbus a enregistré trois commandes de A380 et Boeing deux de 747. >>

Cécile Le Prioux, AFP, 08-VII-2008 

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