25.08.2008
Lufthansa durcit le ton dans le dossier Austrian Airlines
<< La compagnie allemande menace de mettre fin à son partenariat stratégique avec sa rivale autrichienne.
LA COMPÉTITION autour du rachat d'Austrian Airlines (AUA) prend un tour nettement moins amical. Déterminé à racheter les 42,75 % de parts du capital de la compagnie autrichienne, également convoitées par Air France-KLM, Turkish Airlines, Air China et la russe S7, Lufthansa durcit le ton. La compagnie allemande menace, en cas d'échec de son offre, de mettre un terme au partenariat commercial qui la lie à AUA dans le cadre de Star Alliance. D'après le magazine viennois Trend, Lufthansa pourrait « dissoudre » le joint-venture qui leur permet d'assurer en commun des liaisons aériennes, la maintenance des aéronefs et la formation du personnel navigant.
Augmentation de capital
Fin juillet, Lufthansa avait été cité comme le meilleur repreneur possible dans un rapport du Boston Consulting, mandaté par Austrian Airlines. « La solution que nous privilégions est une fusion avec un puissant partenaire aérien », a alors déclaré Alfred Ötsch, le PDG d'AUA, qui a perdu 50 millions d'euros au premier semestre.
Depuis, l'hypothèse d'un rachat par Lufthansa fait son chemin, d'après des sources proches du conseil d'administration d'Austrian et malgré la consigne de silence imposée à ses membres. Mais l'ascendant de Lufthansa sur ses rivaux reste fragile. Un rapport publié par la banque autrichienne Raiffeisen Centrobank estime que cette option affaiblirait considérablement l'aéroport de Vienne, principale plate-forme de transit avec l'Europe centrale et orientale.
La Lufthansa pourrait en effet être tentée de privilégier le site de Munich. Vienne pourrait perdre 15 % de son trafic passagers. Pour l'éviter, les autorités autrichiennes ont ajouté quelques conditions à la reprise d'AUA : le maintien de Vienne en qualité de hub majeur vers l'est, la préservation du nom Austrian Airlines et d'une minorité de blocage de 25 % dans les mains du holding publique ÖIAG. En attendant d'être fixée sur son sort, AUA va lancer une augmentation de capital de 400 millions d'euros. Une part devrait être réservée à un homme d'affaire austro-saoudien susceptible de s'intéresser également à la compagnie en quasi-faillite Alitalia. >>
Maurin Picard, Le Figaro, 25-VIII-2008
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24.08.2008
Le partenaire étranger d'Alitalia serait Lufthansa
<< La compagnie allemande Lufthansa serait le partenaire étranger qui ferait alliance avec Alitalia dans le cadre du plan de sauvetage de la compagnie italienne, affirme samedi le quotidien La Stampa, citant des sources proches du dossier.
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait annoncé le 7 août des discussions "avec une grande compagnie étrangère" en vue d'une "alliance" avec Alitalia avant de boucler le plan de sauvetage.
"Il n'y a plus de doute sur le partenaire étranger: Lufthansa est en pole position pour conclure une alliance" avec Alitalia, affirme le quotidien de Turin.
Evoquant le nom de l'un des repreneurs pressentis pour la compagnie italienne, celui de Carlo Toto, le patron de la compagnie Air One, le quotidien affirme également qu'un "accord aurait été trouvé" avec ce dernier.
Il prévoirait la vente d'Air One à la "nouvelle Alitalia", assorti de l'engagement de réinvestir une partie du montant de cette vente dans la nouvelle compagnie italienne.
Selon les indiscrétions de la presse, Alitalia serait scindée en deux, une nouvelle société intégrant les activités rentables tandis qu'une autre "lestée" des dettes et des activités sans avenir serait mise en faillite.
Alitalia doit annoncer vendredi prochain ses résultats semestriels.
Elle a enregistré une perte avant impôts de 215 millions d'euros au premier trimestre. >>
AFP, 23-VIII-2008
10:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alitalia, silvio berlusconi, faillite, sauvetage, avionneur, air france-klm, lufthansa
23.08.2008
Alitalia prépare sa restructuration en attendant un allié
<< ROME/MILAN, 22 août (Reuters) - Le dernier projet en date destiné à sauver Alitalia de la faillite prévoit une scission de ses activités déficitaires, destinées au redressement judiciaire, ainsi que la poursuite des recherches d'un partenaire étranger, a-t-on appris vendredi de source gouvernementale.
Air France-KLM , British Airways et Lufthansa figurent parmi les alliés potentiels envisagés pour la compagnie aérienne, dont l'Etat italien possède 49,9%, a déclaré une autre source proche du dossier.
Cependant British Airways n'envisage aucun partenariat avec Alitalia, a déclaré une source du secteur. Une porte-parole de BA a expliqué que le groupe ne commentait pas les spéculations de marché.
Air France-KLM et Lufthansa ont elles aussi refusé de commenter ces informations.
"Air France est une option étrangère à l'étude, tout comme Lufthansa et British Airways", a déclaré la source, qui a requis l'anonymat.
Il n'est pas certain, a-t-elle précisé, que des contacts aient été pris avec une ou plusieurs compagnies étrangères dans le cadre du nouveau projet de restructuration, élaboré par la banque Intesa Sanpaolo.
LUFTHANSA SERAIT EN "POLE POSITION"
Air France-KLM avait renoncé au printemps à une offre de reprise d'Alitalia, acceptée par le précédent gouvernement de Rome mais contestée par les syndicats de la compagnie italienne. En juin, le P-DG d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, avait déclaré considérer le dossier comme clos. Lufthansa, pour sa part, n'a jusqu'à présent jamais présenté de proposition de reprise d'Alitalia, bien qu'il considére le marché italien comme important pour sa stratégie. La presse italienne cite régulièrement la compagnie allemande comme un candidat de premier plan à l'acquisition éventuelle d'une participation dans Alitalia une fois la restructuration de cette dernière menée à bien.
En Bourse, la cotation d'Alitalia est suspendue depuis le lancement en juin du nouveau projet de privatisation, le troisième en date.
Selon le projet élaboré par Intesa Sanpaolo, les filiales en difficulté de la compagnie seraient sorties du périmètre et placée sous administration judiciaire tandis que de nouveaux investisseurs italiens seraient sollicités pour reprendre le reste du groupe, a expliqué la source gouvernementale.
"De cette manière, Alitalia resterait en activité et le gouvernement pourrait présenter la nouvelle compagnie à un consortium italien, sans doute dès la semaine prochaine, avant de rechercher un partenaire (étranger)", a-t-elle ajouté.
Elle a précisé que Lufthansa était en "pole position".
Les noms d'investisseurs italiens impliqués dans le projet devraient être rendus publics d'ici mercredi prochain. >>
12:00 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alitalia, plan de sauvetage, faillite, silvio berlusconi, lufthansa, air france-klm
07.08.2008
La compagnie Austrian Airlines devrait être privatisée d'ici à octobre
<< Le gouvernement autrichien s'est mis d'accord, mardi 5 août, sur le principe de la privatisation d'Austrian Airlines. Une minorité de blocage restera entre les mains d'investisseurs autrichiens. Un appel d'offres pourrait être lancé avant la fin du mois.
Le rapport de l'entreprise Boston Consulting Group, approuvé le 28 juillet par le conseil d'administration d'Austrian, ne laissait aucune ambiguïté : sans alliance avec " un partenaire stratégique ", la compagnie aérienne, qui accuse une perte de 48,7 millions d'euros au premier semestre 2008 et traîne une dette de 900 millions d'euros, n'est pas viable.
Exit l'option d'une " solution autrichienne " préconisée par l'ensemble de l'échiquier politique. Elle se limitera à la détention d'une minorité de blocage (25 % plus une action) par un consortium d'entrepreneurs autrichiens. Actuellement, la société publique ÖIAG détient 42,7 % du capital.
En mai, le financier saoudien Al Jaber renonçait à entrer dans le capital d'Austrian Airlines, la privant d'une injection de 150 millions d'euros. La compagnie se retrouvait le dos au mur. En dépit d'un plan d'assainissement drastique et du recentrage sur les destinations est-européennes, Austrian n'est pas en mesure de faire face à la concurrence dans un marché en pleine concentration.
Après de longs atermoiements dus au contexte politique, le processus de privatisation devrait être enclenché très rapidement. Mercredi 12 août, le conseil des ministres doit donner l'ordre de privatisation et ouvrir immédiatement la voie à un appel d'offres pour une décision sur le choix du repreneur d'ici la fin octobre.
RÉSEAU EST-EUROPÉEN
Les principales exigences envers les candidats seraient la conservation de la marque Austrian, le maintien du siège social à Vienne et le maintien d'" un réseau minimum acceptable ", selon les termes du président du conseil de surveillance de l'ÖIAG, Peter Mitterbauer.
Petite compagnie face à Air France-KLM, Lufthansa ou British Airways, Austrian, qui compte 8 000 employés, s'est néanmoins positionnée comme leader des destinations est-européennes (48 villes desservies) et s'est développée vers le Moyen-Orient. L'aéroport de Vienne, qui assure 60 % des passages en transit d'Austrian, est fortement dépendant du réseau de la compagnie nationale.
Parmi les repreneurs possibles, Lufthansa, déjà partenaire dans la coalition Star Alliance, fait figure de favori. Le groupe Air France-KLM, récemment frustré de la reprise d'Alitalia, serait lui aussi intéressé. >>
Laurence Monnot, Le Monde, 08-VIII-2008
16:30 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : austrian airlines, privatisation, autriche, lufthansa, air france-klm, alitalia
01.08.2008
Alitalia négocie avec compagnies étrangères
<< Alitalia négocie avec des compagnies aériennes étrangères en vue de son rachat, et une solution pourrait être trouvée à l'automne, rapporte vendredi La Repubblica dans son édition en ligne, citant des déclarations du Premier ministre italien Silvio Berlusconi sur une chaîne de télévision.
Contrairement à la situation antérieure, il y a aujourd'hui "la certitude d'un plan industriel, les capitaux, les partenaires pour une nouvelle équipe, et en outre, nous négocions avec des compagnies étrangères", a déclaré le chef du gouvernement italien, selon le journal. Silvio Berlusconi n'a pas révélé les noms de ces compagnies étrangères.
Des sources proches d'Air France-KLM ayant exclu que la compagnie aérienne française s'intéresse à nouveau à Alitalia, les déclarations de Berlusconi font ressurgir la possibilité que Deutsche Lufthansa AG soit candidat au rachat, indique le quotidien italien.
Silvio Berlusconi a déclaré qu'il sera nécessaire de procéder à des suppressions d'emplois, sans toutefois les chiffrer, expliquant que la seule autre possibilité serait la mise en faillite d'Alitalia, qui ferait perdre leur emploi à 20.000 employés, rapporte La Repubblica. >>
Dow Jones Newswire, 01-VIII-2008
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26.07.2008
Berlusconi organise la renaissance d'Alitalia
<< Des investisseurs ont été réunis pour reprendre la compagnie, sans ses dettes. Une cure d'amaigrissement sévère prévoyant 5 000 à 6 000 licenciements, une faillite et une deuxième vie : voilà la douche écossaise à laquelle Alitalia semble destinée.Ardent pourfendeur d'un rachat par Air France-KLM l'hiver dernier, Silvio Berlusconi avait, au lendemain de sa victoire aux législatives d'avril, chargé la banque Intesa-SanPaolo d'une mission qui doit prendre fin le 8 août.
La voici prête à remettre ses conclusions au Trésor, et au conseil d'Alitalia, qui les examine aujourd'hui. « Deux choses sont sûres : nous avons les capitaux nécessaires et nous avons le slogan : »J'aime l'Italie, je vole Alitalia* » , s'est félicité le chef du gouvernement hier.
Alitalia, dont les pertes se creusent dramatiquement depuis le début de l'année avec l'envolée des prix du carburant, serait en fait remplacée par une nouvelle compagnie. Celle-ci recevrait en héritage les appareils, une bonne partie du personnel volant et les slots (créneaux horaires dans les aéroports). En revanche, une partie des salariés, l'essentiel des services à terre, les activités annexes et l'endettement d'Alitalia qui dépasse un milliard d'euros passeraient dans une bad company destinée à être mise en liquidation.
La nouvelle Alitalia commencerait à opérer le 1 er septembre. Elle aurait pour principaux actionnaires les frères Benetton, l'assureur Salvatore Ligresti, la société de construction Impregilo, le groupe privé Air One de Carlo Toto qui apportera en dot une flotte plus moderne, mais aussi un bon paquet de dettes. Le président de Telecom Italia, Marco Tronchetti Provera, la présidente de la Confindustria, Emma Marcegaglia, la banque Intesa SanPaolo et d'autres investisseurs italiens sont aussi sollicités.
Soupçons de Bruxelles
Une recapitalisation de l'ordre de 700 millions d'euros est envisagée. Pour dégager des liquidités, la nouvelle Alitalia vendrait ultérieurement une partie de ses avions, dont ses vieux MD80 très gourmands en kérosène, pour prendre des appareils plus modernes en leasing.
Grâce à AirOne, la nouvelle compagnie sera en position de monopole sur la route très rentable Milan-Rome. L'escale de Milan-Malpensa, qui avait été abandonnée en début d'année, serait revitalisée.
Un préalable s'impose : la loi sur les liquidations devra être aménagée pour que les actionnaires de la nouvelle société n'endossent pas les dettes du passé.
Silvio Berlusconi devra cependant croiser le fer avec Bruxelles qui soupçonnera doublement une aide d'État : le crédit-relais de 300 millions accordé depuis juin par Rome à la compagnie, et cet aménagement législatif ad hoc qui se profile. >>
Richard Heuzé, Le Figaro, 26-VII-2008
14:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alitalia, plan de sauvetage, faillite, silvio berlusconi, intesa, air france-klm
Promis par Berlusconi, le sauvetage d'Alitalia s'annonce épineux
Le mandat de 60 jours conféré par le gouvernement à Intesa Sanpaolo pour élaborer un projet de relance s'achève début août et les grandes lignes qui ont filtré dans la presse italienne sont loin de lever toutes les incertitudes sur la survie d'Alitalia. Un conseil d'administration de la compagnie se tiendra samedi et pourrait se livrer à un premier examen du plan, a indiqué une source proche du dossier, confirmant des informations de presse.
Le projet prévoit de scinder la compagnie en deux pour permettre la création d'une nouvelle société intégrant les activités rentables tandis qu'une autre "lestée" des dettes et des activités sans avenir serait mise en faillite. La nouvelle Alitalia assainie intégrerait sa rivale italienne Air One pour créer un "champion national" fort d'une part de marché d'environ 65% en Italie, selon la presse italienne.
Quelque 4.000 à 7.000 postes seraient en outre supprimés, selon la même source. Alors qu'Alitalia survit grâce à une injection de 300 millions d'euros d'argent public décidée en urgence fin avril après l'échec des négociations avec Air France-KLM, le consortium d'investisseurs italiens, dont les noms ne sont toujours pas connus officiellement, poserait ses conditions.
M. Berlusconi, en pleine campagne électorale au printemps, avait dénoncé le plan d'Air France-KLM et promis une solution nationale pour sauver la compagnie qui perd 2 à 3 millions d'euros par jour. Il a déjà assuré à plusieurs reprises avoir les capitaux nécessaires.
Pour relancer Alitalia, Rome chercherait au moins 800 millions d'euros tandis qu'Air France-KLM avait prévu d'investir au minimum 1 milliard d'euros. Cependant, selon le quotidien la Stampa citant un document d'Intesa, les grands noms du monde des affaires veulent s'assurer qu'ils n'auront pas à rembourser les créanciers d'Alitalia avant de verser un centime.
Or, cette condition va obliger le gouvernement à un changement de législation sur les faillites qui pourrait être dénoncé par l'Union européenne et contesté en justice par les créanciers. Les plus cités pour mettre la main au portefeuille sont les familles Benetton et Gavio, qui ont récemment obtenu du gouvernement des hausses de tarifs pour les concessions d'autoroutes dont ils sont actionnaires.
L'autre grand point d'interrogation concerne les suppressions d'emplois car les syndicats, qui avaient refusé le projet d'Air France-KLM, sont prêts à relancer la mobilisation. Air France-KLM prévoyait 2.120 suppressions d'emplois et s'engageait à fournir des commandes pendant cinq ans aux quelque 3.000 personnes qui seraient restées dans les services de maintenance lourde.
Les indiscrétions qui ont filtré sur le plan Intesa Sanpaolo évoquent des sacrifices plus lourds, allant de 4.000 à 7.000 suppressions de postes. Le président du syndicat des pilotes Anpac, Fabio Berti, a déjà prévenu qu'une cession de l'activité cargo serait difficilement acceptable. Alitalia emploie 11.100 personnes pour l'activité de transport aérien, tandis que 8.300 autres travaillent dans les services de maintenance renommés AZ Servizi, société chapeautée par une holding publique. >>
Etienne Fontaine, AFP, 25-VII-2008
08:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alitalia, plan de sauvetage, faillite, silvio berlusconi, intesa, air france-klm
10.07.2008
Une solution italienne est en train de voir le jour pour sauver Alitalia
Silvio Berlusconi n'en démord pas. «Nous ne pouvons pas perdre la compagnie nationale», a-t-il répété il y a quelques jours. Alors que la Commission européenne a ouvert une enquête sur le prêt de 300 millions d'euros accordé à Alitalia par l'Etat italien -qui détient encore 49,9% du capital- pour éviter d'ici la fin de l'année la faillite de la compagnie aérienne, le président du Conseil cherche toujours à maintenir ses promesses électorales, à savoir redresser avec des capitaux privés nationaux une entreprise au bord du gouffre.
L'objectif semble tenir de la gageure tant les comptes de l'avionneur sont plombés (1,1 milliard de dette à la fin du mois de mai dernier). Alitalia continue de perdre près de trois millions d'euros par jour! Au début de l'année, en pleine campagne pour les législatives des 9 et 10 avril, le Cavaliere avait ainsi vivement critiqué l'hypothèse d'un rachat d'Alitalia par Air France-KLM en soutenant qu'il s'agissait d'une braderie et que la Péninsule devait conserver une indépendance aéronautique, notamment pour valoriser son secteur touristique.
Silvio Berlusconi avait même annoncé qu'il s'employait à mettre sur pied une alliance d'entrepreneurs locaux pour sauver Alitalia. Les syndicats avaient alors soutenu l'initiative, ce qui avait poussé Jean-Cyril Spinetta, le patron d'Air France-KLM, à battre en retraite.
Trois mois après le scrutin, le futur d'Alitalia s'écrit toujours dans le brouillard. L'administrateur-délégué de la banque Intesa San Paolo, Corrado Passera qui conseillait Air One, la première compagnie privée italienne, a été chargé par le gouvernement de trouver une solution d'ici le début du mois d'août.
Pour l'heure, seule quelques indiscrétions ont filtré concernant le plan de sauvetage prévu. Corrado Passera chercherait à réunir plusieurs investisseurs mettant chacun une somme minimale de 50 à 100 millions d'euros pour arriver à un plancher de 700 à 800 millions. Dans cette hypothèse, Air One apporterait en dotation ses appareils pour être intégrée avec Alitalia. L'intention de l'administrateur-délégué serait également de scinder en deux l'entreprise en créant une «bad company» regroupant toutes les activités déficitaires et endettées du groupe. La «Nuova Alitalia» devrait à l'inverse maintenir les secteurs rentables.
Mais le plan semble prévoir aussi une très forte réduction du personnel. Selon la presse transalpine, il pourrait y avoir entre 4000 et 10000 suppressions d'emplois. «Le plan n'a pas encore été dévoilé. Dans ces conditions, fournir des chiffres revient à jouer à la loterie», a tenté de rassurer le président d'Alitalia, Aristide Police. «Les chiffres sont prématurés», a insisté Corrado Passera, qui a ajouté, en allusion à la hausse du prix du kérosène, «c'est une phase difficile pour le secteur, mais ce n'est pas notre habitude de jeter l'éponge».
Les syndicats sont en tout cas sur le pied de guerre. L'ébauche du plan Passera fait apparaître, en termes d'emplois, des mesures beaucoup plus fortes que celles prévues par Air France-KLM (2100 suppressions) et qui avaient été durement repoussées par les mêmes organisations syndicales. L'Anpac, qui regroupe les pilotes, exige des «démentis officiels» et menace, en plein été, de bloquer tout le transport aérien italien. >>
Eric Jozsef, Le Temps, 10-VII-200814:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alitalia, silvio berlusconi, faillite, sauvetage, avionneur, air one, corrado passera
08.07.2008
Le plan pour Alitalia devrait être présenté fin juillet ou début août
3 millions de pertes par jour
La société ferait, selon la presse italienne, l'objet d'une scission, les activités viables étant réunies dans une nouvelle société appelée à recevoir aussi les activités de Air One et les apports en capital de différents chefs d'entreprise italiens. Ceux-ci devraient finalement se trouver en nombre restreint, apportant chacun entre 50 et 100 millions d'euros. La banque Intesa doit se livrer à une analyse des coûts pour calculer les besoins de la future nouvelle compagnie. Alitalia perd actuellement près de 3 millions d'euros par jour et l'augmentation continue du prix du pétrole ne fait à l'évidence que compliquer son redressement.
Quant aux suppressions de postes, leur nombre supposé ne cesse d'augmenter : il devrait atteindre les 4.000 à 5.000, voire de 8.000 à 10.000, selon « Il Sole 24 Ore ». Autant de chiffres qui déclenchent la colère des syndicats.
Mais, avant toute chose, la banque-conseil souhaite obtenir une modification de la loi sur les faillites, la loi Marzano. Elle estime en effet qu'il lui faut un texte permettant de mettre la société à l'abri de ses créanciers, comme le fait le chapitre 11 de la loi américaine, disposition qui n'existe pas dans la loi italienne. Selon son concepteur même, la loi actuelle permet de résoudre les crises financières, mais pas les crises industrielles, alors que le cas d'Alitalia relève de ce type de problématique. Pour l'instant, la question n'a pas été abordée par le gouvernement, qui peut soit prendre des dispositions spécifiques pour Alitalia, soit prévoir un texte plus général. >>
Marie-Claude Cittanova, Les Echos, 08-VII-2008
12.06.2008
La Commission européenne ouvre une enquête approfondie sur le prêt de 300 millions d'euros consenti à Alitalia par l'État italien
<< La Commission européenne a décidé d'ouvrir une enquête approfondie afin de vérifier la compatibilité avec les règles communautaires en matière d'aides d'État du prêt consenti à Alitalia par l'État italien. À ce stade, la Commission estime que ce prêt, que la compagnie italienne a la faculté d'imputer sur ses capitaux propres, pourrait constituer une aide incompatible avec le marché commun. L'enquête permettra à l'ensemble des parties intéressées de présenter leurs observations.
Les autorités italiennes ont octroyé, par décret-loi du 22 avril 2008, un prêt de 300 millions d'euros à la compagnie Alitalia afin de lui permettre de faire face à la situation dans laquelle elle se trouve. Par un second décret-loi du 27 mai 2008, elles ont prévu la faculté pour Alitalia d'imputer le montant de ce prêt sur ses capitaux propres. Cette faculté est destinée à permettre à la compagnie de préserver la valeur de son capital afin d'éviter une procédure d'insolvabilité et de permettre son éventuelle privatisation.
La Commission considère, à ce stade, que cette mesure en faveur d'Alitalia pourrait constituer une aide d'État incompatible avec les règles communautaires en vigueur et pourrait donc lui conférer un avantage injustifié vis-à-vis de ses concurrents.
Alitalia ayant déjà bénéficié d'aides au sauvetage et à la restructuration, l'État italien ne peut, en principe, plus lui en octroyer.
L'ouverture de cette procédure doit permettre à la Commission d'analyser en profondeur la nature exacte de cette mesure et les conditions de son octroi à Alitalia afin de déterminer s'il s'agit d'une aide d'État au sens du traité. Dans ce contexte, la Commission évaluera si un investisseur privé aurait agi de la même manière que le gouvernement italien.
L'ouverture de l'enquête approfondie permettra à toutes les parties intéressées au dossier d'exprimer leur point de vue. Elle ne préjuge pas de la décision finale que la Commission sera amenée à adopter. >>
Commission Européenne, 12-VI-2008
17:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : commission européenne, alitalia, prêts, etat italien


