24.07.2008
Air France va chercher la croissance du fret en Chine
<< Air France-KLM et China Southern négocient la création d'une compagnie aérienne chinoise de fret, prévue en 2009. " La Tribune " dévoile le business plan du projet.Entre 70 et 75 millions d'euros. C'est le ticket d'entrée d'Air France-KLM pour pénétrer sur le marché chinois du fret aérien, appelé à progresser de près de 10 % par an au cours des vingt prochaines années, presque deux fois plus vite que la croissance mondiale espérée. Selon des sources internes, ces 70 à 75 millions d'euros correspondent à l'investissement prévu par Air France-KLM dans la création d'une compagnie chinoise de fret d'une durée de vie de trente ans en partenariat avec China Southern, qui va y transférer toute son activité cargo actuelle. Les deux compagnies sont déjà partenaires dans l'alliance Skyteam. Ce montant correspond à 25 % du capital de ce joint-venture, estimé entre 280 et 300 millions d'euros, la limite que ne peut dépasser un investisseur étranger.
Le niveau précis de l'engagement financier dépendra en fait du taux de change entre l'euro et le yuan au moment de l'opération prévue avant la fin de l'année si les négociations aboutissent. China Southern détiendra 51 % du capital, voire 75 % si Air France-KLM ne parvient pas à convaincre un ou des investisseurs français de l'accompagner dans l'aventure avec une participation de 24 %. C'est un membre du groupe tricolore qui sera nommé directeur général.
UN PROJET D'ENVERGURE
Pour l'heure, Air France-KLM et China Southern ont annoncé début juin la signature d'un accord-cadre pour réaliser cette opération avant le 31 décembre. Sans donner plus de précisions. Selon nos informations, le projet est d'envergure. La nouvelle compagnie chinoise, qui pourrait débuter ses opérations début 2009, entend assurer dès le printemps 2010 un peu moins d'une centaine de vols par semaine (93) vers l'Europe (Francfort, Budapest, Amsterdam déjà assuré par China Southern, Oslo, Helsinki, Milan), la côte ouest américaine (Los Angeles, Seattle) ainsi que d'autres destinations asiatiques (Osaka, Nagoya au Japon, Séoul en Corée du Sud, Singapour, Hanoi et Ho Chi Minh-Ville au Vietnam, et Manille aux Philippines). Ceci au fil des livraisons d'avions.
La flotte doit compter dix gros-porteurs dès août 2009, puis douze en juillet 2010 : deux Boeing 747-400F, six B777F pour les vols intercontinentaux et quatre Airbus A300-600 pour le réseau intra-asiatique. Ils seront basés sur trois aéroports chinois : Tianjin, près de Pékin, Shanghai et Canton. De plus, cette nouvelle compagnie commercialiserait aussi le fret des soutes des avions passagers sur les lignes internationales de China Southern. En année pleine, cette entreprise pourrait dégager 760 millions d'euros de chiffre d'affaires, dit-on en interne.
Alors que le coeur du cargo mondial bat en Chine, Air France-KLM entend donc se positionner sur des nouveaux marchés sans cannibaliser ses hubs de Paris et d'Amsterdam où le joint-venture n'apportera pas de nouvelles capacités. Un fort relais de croissance à l'heure où l'activité cargo du groupe souffre terriblement. Surtout ce joint-venture lui permet de rivaliser avec Lufthansa, qui a déjà créé une telle compagnie de fret avec Shenzen Airlines. Les autorités chinoises, agacées de constater que l'essentiel du marché cargo au départ de Chine échappe à leurs transporteurs, acceptent de telles coopérations avec des compagnies étrangères, qui disposent d'un savoir-faire supérieur. >>
Fabrice Gliszczynski, La Tribune, 24-VII-2008
13:17 Publié dans Fret aérien : un secteur particulier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : air france-klm, china southern, fret aérien, chine, partenariat, business plan
08.07.2008
Bombardier aurait trouvé cinq acheteurs pour la série C,
Selon un rapport publié lundi par l'analyste Jacques Kavafian, de la firme Research Capital, Shanghai Airlines se joindrait aux transporteurs China Southern, Lufthansa, International Lease Finance et Qatar Airways pour former le premier groupe d'acheteurs des nouveaux jets à consommation de carburant réduite.
Ensemble, ils devraient générer assez de commandes pour franchir le seuil des 50 à 100 commandes de la part de lignes aériennes en bonne santé financière, une des conditions établies par Bombardier pour aller de l'avant avec ses nouveaux avions.
Sans vouloir confirmer l'engagement des transporteurs chinois, le porte-parole de Bombardier, Marc Duchesne, a affirmé lundi que l'intérêt mondial était solide.
"Nos équipes de vente visitent plusieurs lignes aériennes à travers le monde et les échos et les discussions sont positives", a-t-il affirmé.
Les deux lignes chinoises ont demandé à rencontrer l'administration civile de l'aviation de Chine le 14 juillet afin d'obtenir les approbations requises pour acheter les avions de la série C.
L'agence chinoise achètera probablement elle-même ces appareils dans le but d'obtenir des rabais sur le volume et de s'assurer que l'équipement soit normalisé, pour ensuite les répartir entre les transporteurs, a expliqué M. Kavafian.
Une telle rencontre pourrait permettre à l'avionneur montréalais d'annoncer dès le 15 juillet qu'elle va de l'avant avec sa série C, et de profiter ainsi de la tribune que lui offrirait la foire commerciale de Farnborough, en Angleterre, un des plus importants rassemblements annuels de l'industrie aéronautique.
Les nouveaux avions devraient ainsi être livrés en 2013.
Malaysian Airlines pourrait être un autre client potentiel. Les lignes américaines Northwest et Delta, qui sont actuellement en train de fusionner leurs activités, risquent aussi être intéressés par les avions de la série C, mais ne seraient pas en mesure de le confirmer à temps pour le lancement officiel.
"Les cours élevés du pétrole rendent un tel avion si précieux, compte tenu qu'il offre aux lignes aériennes une réduction des coûts d'exploitation de 20 pour cent par rapport à ses appareils concurrents", a écrit M. Kavafian.
Le partenariat avec China Aviation Industry (AVIC I), qui investit 400 millions $ US dans la série C pour la fabrication de ses pièces, assurera éventuellement d'autres commandes en Chine, a-t-il ajouté.
En annonçant le lancement de la série C, Bombardier devrait identifier le lieu où les nouveaux avions régionaux de 110 à 130 places seront assemblés. Le choix risque de se faire entre Kansas City, dans l'Etat du Missouri, et Mirabel, au nord de Montréal.
Si un assemblage aux Etats-Unis permettrait certaines économies en raison du taux de change, M. Kavafian croit que l'avion sera malgré tout construit à Montréal. Les gouvernements fédéral et provincial se sont engagé à appuyer Bombardier, mais n'ont pas récemment donné de détails financiers à ce sujet.
Les machinistes de Bombardier se sont, pour leur part, prononcé dimanche à 82,6 pour cent en faveur d'une nouvelle proposition de convention collective comprenant certaines concessions destinées à convaincre Bombardier de choisir Mirabel pour construire les avions.
Le syndicat des machinistes a donné à Bombardier jusqu'au 15 juillet pour répondre favorablement à leur proposition, sans quoi elle expirera.
La série C entraînerait la création de quelque 2500 emplois. >>
Ross Marowits, La Presse Canadienne, 08-VII-2008


