18.07.2008

Bombardier a volé le show au salon aéronautique de Farnborough

<< "L'annonce du lancement de la CSeries de Bombardier a sans doute été la plus importante de ce salon, confie Adrian Schofield du magazine Aviation Week. Il n'y a qu'à voir: cela a forcé tous ses compétiteurs à se prononcer sur ce qu'ils allaient faire."

Lancés en grande pompe dimanche, un jour avant l'ouverture officielle du salon aéronautique de Farnborough, les appareils de la CSeries ont effectivement suscité bien des discussions lors d'une édition marquée par les prix records du pétrole et les difficultés des compagnies aériennes américaines.

"Un nouvel avion comme celui-là, cela n'arrive qu'une fois tous les 20 ans au Québec. Alors, nous sommes très contents pour les gens de Bombardier et nous sommes ravis pour les gens de Montréal parce que l'assemblage va se faire à Mirabel", résume du côté québécois Gilles Labbé, président d'Héroux-Devtek, une compagnie qui a allongé son carnet de commandes au salon de Farnborough.

Les spécialistes de l'aviation ne semblaient guère s'inquiéter du fait que Bombardier ait lancé la CSeries en n'ayant qu'une lettre d'intention pour l'achat de 60 appareils. "Je crois les gens de Bombardier quand ils disent que leurs discussions sont bien avancées avec d'autres compagnies, affirme Adrian Schofield. Je ne crois pas que leur conseil d'administration aurait accepté d'aller de l'avant autrement."

Du côté de l'avionneur québécois, on assure que le pavillon dédié à la CSeries n'a pas dérougi. "On espère pouvoir confirmer dans les semaines et les mois à venir d'autres commandes. On a eu beaucoup d'intérêt de la part de nombreuses compagnies aériennes", dit Guy Hachey, président de Bombardier Aéronautique.

Comme d'autres, il a par contre noté la quasi-absence des compagnies aériennes américaines à cette 60e édition du salon de Farnborough. "J'imagine qu'il y en avait, mais on n'en a pas rencontré beaucoup. Elles se concentrent plutôt à se restructurer et à survivre", souligne-t-il.

Si les commandes d'avions d'affaires ont continué d'aller bon train, le président de Bombardier Aéronautique reconnaît que "du côté des avions commerciaux, il n'y a pas grand-chose qui s'est passé pour nous en Amérique du Nord. C'est un peu plus lent."

Cette année, ce sont plutôt les entreprises du Golfe et d'Asie qui ont volé la vedette. A elle seule, la jeune compagnie aérienne Etihad des Emirats arabes unis a commandé lundi 205 avions Boeing et Airbus pour un total de 43 milliards $. Mercredi, c'était au tour d'Asiana Airlines de Corée du Sud de faire les manchettes en signant un contrat de 7,2 milliards $ avec Airbus pour 30 appareils A350.

Quant aux compagnies québécoises, elles ont fort bien tiré leur épingle du jeu. Héroux-Devtek a décroché un important contrat pour des trains d'atterrissage avec l'éternel rival de Bombardier, Embraer. Elle a également signé une entente avec Bell Helicopter Textron pour la fabrication de pièces sur le nouveau Bell 429.

"On a rencontré tous nos clients, on a fait des progrès dans les discussions pour de nouveaux programmes, alors, c'est un excellent salon pour nous", confirme le président de la compagnie, Gilles Labbé.

Evidemment, avec le prix du pétrole qui atteint des sommets inégalés, la consommation des avions est devenue un des sujets chauds du salon. Pratt & Whitney espère d'ailleurs avoir marqué des points en dévoilant ses nouveaux moteurs PW800 et PW1000. Moins polluants, moins gourmands, ces nouveaux moteurs sont révolutionnaires, estime André Bellemare, président de Pratt & Whitney Canada.

Alors que les PW1000 seront installés sur les appareils de la CSeries, les PW800 seront construits au Canada, possiblement dans une nouvelle usine qui pourrait voir le jour à Mirabel, a-t-on appris à Farnborough.

La compagnie CMC Electronique a également fait parler d'elle en décrochant deux contrats pour les C-130J de Lockheed Martin. "Pour nous, c'est une excellente manière de se faire connaître dans le milieu militaire", a précisé Jean-Michel Comtois, vice-président chez CMC.

Cette nouvelle a évidemment ravi le ministre du Développement économique du Québec, Raymond Bachand. D'autant que ce dernier avoue qu'"il reste du travail à faire" avec Lockheed Martin pour obtenir des retombées des contrats militaires canadiens au Québec.

Avec l'annonce de la création de 3500 emplois au Québec pour l'assemblage final des appareils de la CSeries, le ministre tire évidemment des conclusions très positives de cette édition du salon de Farnborough.

"C'est le genre de nouvelle qui n'arrive qu'une fois par génération, se réjouit-il. Maintenant, le défi pour nos compagnies, c'est de faire passer le message aux jeunes qu'il s'agit d'une industrie où ils peuvent faire une belle carrière." >>

Yves Schaffner, La Presse Canadienne, 18-VII-2008 

 

Airbus annonce des commandes pour un montant de plus de 40 milliards de dollars US au Salon aéronautique de Farnborough

<< Airbus a annoncé des transactions portant sur 256 appareils, d'une valeur de 40,5 milliards de dollars, lors de l'édition 2008 du Salon aéronautique de Farnborough. Ces transactions, qui comprennent la commande ferme de 247 appareils et neuf engagements d'achat, sont également le reflet de la grande solidité du marché aéronautique en dépit d'incertitudes économiques sur le plan international.

Deux commandes substantielles émanant de transporteurs du Moyen-Orient ont constitué les événements majeurs du Salon. DAE Capital, division financement et leasing d'avions de Dubai Aerospace Enterprise, a signé un contrat portant sur l'acquisition de 100 appareils (30 A350-900 et 70 A320), d'une valeur de 12,6 milliards de dollars. Parallèlement, Etihad a annoncé la commande de 55 appareils, comprenant 10 A380, 20 A320 et 25 A350 XWB.

Aeroflot (cinq A321), Asiana (30 A350 XWB), la société de leasing basée aux Etats-Unis Aviation Capital Group (23 appareils de la famille A320 d'Airbus), Saudia (huit A330-300), Synergy Aerospace (10 A350-800), et Tunisair (10 A320, trois A330-200 et trois A350-800) sont autant de commandes fermes également annoncées lors de ce salon.

Outre ces nouveaux contrats, Airbus a enregistré des engagements d'achat pour neuf appareils au cours du Salon : Qatar Airways et Alis (Italie) ont signé un protocole d'accord portant respectivement sur quatre A321 et cinq avions cargo A330-200F. En outre, AerCap, société de leasing basée aux Pays-Bas, a signé un contrat en vue de la conversion de 30 A320/A321 de son ancienne flotte d'avions passagers en avions cargos (P2F). AerCap devient ainsi le client de lancement de ce programme de conversion.

Le succès d'Airbus est basé sur une conception innovante, qui permet à l'avionneur d'offrir les familles d'appareils les plus modernes dans toutes les catégories - de l'A318 de 100 sièges jusqu'à l'A380 double-pont, appareil le plus récent et de plus grande capacité au monde.

Airbus est également le seul avionneur à offrir aux compagnies une gamme complète d'avions passagers présentant une communité de poste de pilotage. Cette caractéristique permet aux compagnies d'affecter aisément et rapidement les pilotes d'un type d'appareil à un autre au cours de leur carrière, et de réaliser des économies de coûts et de temps. >>
 
Airbus, 18-VII-2008 

17.07.2008

Le transport aérien se veut plus vert mais pas à n'importe quel prix

<< Le gratin de l'industrie aéronautique et du transport aérien, réuni cette semaine au Salon de Farnborough, a réaffirmé son engagement à lutter contre le réchauffement du climat, tout en profitant de cette tribune pour dénoncer la multiplication des "taxes écologiques".

Alors que ce salon, qui se tient près de Londres tous les deux ans, était placé cette année sous le thème de "l'aviation durable", les groupes du secteur ont abondamment communiqué sur le sujet, vantant tous leurs progrès en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les principales annonces, le canadien Bombardier a dégainé le premier dès dimanche, avant même que la manifestation n'ouvre ses portes, en présentant un appareil de 110 à 130 places promettant une consommation de carburant réduite de 20% par rapport aux concurrents.

Mercredi, Airbus (filiale d'EADS) a signé un protocole d'accord avec la Convention des Nations unies sur la Biodiversité (CBD), dans lequel il s'est engagé à soutenir la "vague verte", une campagne de sensibilisation des enfants à l'environnement.

British Airways et le motoriste Rolls-Royce ont quant à eux vanté les mérites d'une initiative visant à développer des carburants alternatifs.

Mais, tout en soulignant leur implication et leurs lourds investissements dans le développement de technologies "vertes", les responsables du secteur s'en sont pris aux gouvernements de la planète, en les accusant d'entraver leurs efforts en multipliant les mesures de fiscalité écologique, alors que la flambée des prix du pétrole menace d'asphyxier les compagnies aériennes.

Dans le collimateur, le Parlement européen : les eurodéputés ont voté la semaine dernière un projet de loi plafonnant les émissions autorisées de CO2 des compagnies aériennes à partir de 2012 et les obligeant à payer en partie pour la pollution générée.

"Aujourd'hui, l'Europe est obsédée par la mise en place de mesures punitives, au lieu d'encourager l'investissement dans les nouvelles technologies ou les carburants alternatifs. Tout ce que je vois, c'est une ruée pour imposer des mesures fiscales punitives", a accusé Giovanni Bisignani, le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata), lors d'un forum organisé mercredi.

"L'aviation ne doit pas être traitée en paria", a renchéri le patron de la compagnie hong-kongaise Cathay Pacific.

Même le patron de British Airways Willie Walsh, qui est pourtant partisan des mécanismes d'échanges de crédits de CO2, a critiqué les projets des eurodéputés, les accusant d'avoir trop chargé la barque, au risque de la voir chavirer.

Il a également jugé injuste un projet de nouvelle taxe aérienne en Grande-Bretagne, qui va selon lui faire rentrer des milliards de livres dans les caisses du gouvernement, sans aucune garantie que cet argent servira à défendre l'environnement. >>

Frédéric Pouchot, AFP, 17-VII-2008 

Le PDG d'ILFC fait trembler les avionneurs

<< Steven Udvar-Hazy dirige le leader mondial du leasing d'avions. Il devrait passer dans les prochains mois une méga-commande de 300 appareils, équitablement répartie entre Airbus et Boeing .

Steven Udvar-Hazy est certainement le patron le plus courtisé de Farnborough. Quelques semaines avant l'ouverture du Salon aéronautique lundi dernier, celui-ci a prévenu qu'ILFC (International Lease Finance Corp), le numéro un mondial de la location d'avions qu'il a fondée en 1973, pourrait passer une commande de 300 appareils monocouloirs équitablement répartis entre Airbus et Boeing. Ce ne sera vraisemblablement pas le cas. Car compte tenu de la dégradation de la conjoncture, ILFC envisage de décaler sa commande de six mois, voire d'un an, afin de bénéficier d'importants rabais.

Si l'on prend pour référence le prix catalogue de ces appareils, une telle méga-commande devrait rapporter 22 milliards de dollars aux deux avionneurs dont ILFC constitue le plus gros client. Analyste chez Evolution Securities, Nick Cunningham assure que Airbus et Boeing ont l'habitude d'accorder des ristournes de 30 %, mais que le contexte économique, marqué par la flambée du prix du kérosène et la réduction des capacités des compagnies aériennes, pourrait permettre à Steven Udvar-Hazy de leur arracher un rabais de 40 %. En remportant un contrat portant sur 150 appareils, Airbus réaliserait 21 % des 700 commandes que son PDG Tom Enders espérait signer au début de cette année pour 2008.

Après le succès d'Airbus à Farnborough, ce sera certainement beaucoup plus. L'an dernier, au salon du Bourget, ILFC avait commandé 63 appareils à Boeing pour une valeur de 8,8 milliards de dollars. La plus grosse commande jamais réalisée par la société de location a toutefois été passée auprès d'Airbus, avec 87 avions acquis en juillet 2000.

UNE FLOTTE DE 1.000 APPAREILS

Compte tenu du poids d'ILFC, dont la flotte est constituée d'environ 1.000 appareils, Steven Udvar-Hazy est habitué à exercer des pressions sur Airbus et Boeing. Quand il n'essaie pas d'obtenir des concessions auprès de l'un en agitant les faveurs que lui accorde l'autre, le PDG tente d'intimider les deux à la fois. Ainsi, Steven Udvar-Hàzy a-t-il récemment déclaré que 25 % à 30 % du carnet de commandes des deux groupes pourraient être annulés au cours des prochaines années du fait des difficultés du transport aérien. Les commandes d'ILFC comptent, les avis que porte son patron sur les appareils aussi. Et fortement. Celui-ci n'hésite pas faire part aux avionneurs de ces recommandations durant la conception d'un avion et à leur suggérer de nouveaux modèles. Et s'il n'obtient pas de gré ce qu'il désire, Steven Udvar-Hazy exprime ses griefs en public pour parvenir à ses fins. Il a convaincu Airbus de créer l'A319, devenu l'un des modèles les plus populaires du groupe, et à revoir la conception de l'A350, ce qui a coûté plus de 8 milliards de dollars à l'avionneur européen. Le PDG a par ailleurs milité pour que Boeing lance une version à la capacité et à la portée plus étendue du B777.

Pour Boeing, Steven Udvar-Hazy est sans aucun doute "l'un des dirigeants les plus respectés de l'industrie" aéronautique. Né en Hongrie, que sa famille a fuie pour les États-Unis en 1958 quinze mois après l'invasion soviétique, le patron a créé ILFC en 1973 avec deux amis. Ils investissent collectivement 150.000 dollars, louent leur premier appareil - un DC-8 d'occasion - à Aeromexico et créent un "modèle d'entreprise", qui permettra aux compagnies low-cost d'émerger. Trente-cinq ans plus tard, le groupe de 170 employés affiche un chiffre d'affaires de 4,73 milliards de dollars pour un bénéfice net de 604 millions de dollars. Les trois partenaires sont devenus milliardaires. Steven Udvar-Hazy affirme ne pas craindre l'impact de la crise que traversent les compagnies aériennes américaines dont il critique "l'arrogance" et la gestion. "Notre entreprise est plus forte que n'importe laquelle d'entre elles. Un jour viendra où elles auront besoin d'ILFC", a-t-il déclaré au New York Times.

PROPRIETE D'AIG DEPUIS 1990

Aussi puissant soit-il, Steven Udvar-Hazy n'est plus maître de sa maison. Après avoir introduit ILFC en Bourse, son cofondateur a cédé le groupe à AIG, le leader mondial de l'assurance, pour 1,3 milliard de dollars en 1990. Compte tenu des déboires financiers d'AIG, qui a accusé une perte de 7,8 milliards de dollars au premier trimestre, il a récemment tenté de regagner la liberté d'ILFC. C'était compter sans le nouveau patron de l'assureur Robert Willumstad qui cherche, certes, à délester AIG de certaines activités, mais pas de ce précieux actif. Au terme de leurs discussions, Steven Udvar-Hazy a obtenu d'AIG que les employés d'ILFC perçoivent des bonus reflétant la performance du groupe de leasing et non celle de son propriétaire en difficulté.

Parcours

Né en Hongrie en 1946, Steven Udvar-Hazy a émigré aux États-Unis avec sa famille en 1958. Il est titulaire d'un diplôme en économie d'Ucla. Il devient consultant pour des compagnies aériennes, puis fonde ILFC en 1973. Steven Udvar-Hazy introduit le groupe en Bourse en 1983, revend le groupe à l'assureur AIG en 1990, mais en reste le patron. Devenu milliardaire, ce passionné d'aviation pilote son Gulfstream V, la Rolls-Royce des jets privés. >>

Eric Chalmet, La Tribune, 17-VII-2008 

16.07.2008

Airbus atteint déjà ses objectifs 2008 en termes de commandes

Airbus.jpeg                                                                                << L'avionneur européen a engrangé pour 18,5 milliards de dollars de commandes hier. La plus grosse annonce est venue de la compagnie du Golfe DAE : 100 avions, dont 30 A350. L'objectif 2008 est déjà atteint.

Airbus a engrangé 211 commandes en quarante-huit heures. L'objectif de 700 commandes en 2008 sera donc largement dépassé, puisque le compteur affichait déjà 485 unités avant le Salon de Farnborough.

Nouvelle journée faste pour Airbus au Salon aéronautique de Farnborough. Après les 13,1 milliards d'euros de lundi, principalement avec Etihad, Airbus a engrangé hier pour 18,5 milliards de dollars de nouvelles commandes (prix catalogue). Et, comme lundi, ce sont les compagnies du golfe Persique qui ont assuré l'essentiel. La première annonce est venue de Qatar Airways. La compagnie de lancement de l'A350 a signé une promesse d'achat portant sur 6 A321, dont 2 en option, livrables à partir de 2009. Ce qui n'empêche pas son directeur général, Akbar al-Baker, de se montrer intéressé par le futur monocouloir CSeries de Bombardier.

Partenariat tunisien

TunisAir a suivi avec une commande ferme de 16 avions : 10 A320, 3 A330-200, et 3 A350-800, le tout pour 2 milliards de dollars. « Dans ce contexte économique difficile, cette commande traduit notre confiance dans le transport aérien », a déclaré son président, Nabil Chettaoui. L'accord s'inscrit dans le cadre d'un partenariat global, conclu en avril lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Tunis, et qui prévoit qu'Airbus et ses partenaires industriels créent jusqu'à 2.000 emplois en Tunisie, a précisé Fabrice Brégier, le numéro deux de l'avionneur.

Le clou de la journée est venu avec Dubaï Aerospace Entreprise (DAE). Le groupe, dont les activités marient leasing et maintenance, a commandé 70 A320, et 30 A350-900. En rajoutant les 23 A320 de la compagnie à bas coût ACG, et les 5 appareils de la même famille pour Aeroflot, le carnet de commandes de la filiale d'EADS s'est donc enrichi hier de 148 avions à fabriquer, en incluant les 4 de Qatar Airways dont la confirmation est quasi acquise. Soit 211 appareils en quarante-huit heures. L'objectif officiel de 700 commandes cette année sera donc largement dépassé, puisque le compteur totalisait déjà 485 unités avant le Salon.

De quoi amortir d'éventuelles annulations en masse, si le climat économique devait continuer à se dégrader, affirme-t-on chez Airbus. D'autant plus que la moisson ne semble pas terminée. L'avionneur pourrait en effet annoncer aujourd'hui l'achat par une compagnie du Golfe (encore) de plusieurs monocouloirs. « Une cinquantaine, voire plus, d'A350 devraient suivre d'ici à la fin de Farnborough », confie-t-on en interne. L'A380 pourrait également être à la fête. Par ailleurs, Boeing n'est pas en reste : la compagnie Air China a annoncé hier soir la commande de 15 B777 et de 30 B737 au prix catalogue de 6,3 milliards de dollars.

Si Airbus a multiplié les annonces commerciales, EADS y est allé de son annonce industrielle. Le groupe européen va aider Mubadala, société chargée de diversifier l'économie des Emirats arabes unis, dans l'aéronautique notamment. L'alliance porte sur la conception et la fabrication d'éléments d'aérostructures en composite à Abu Dhabi, la maintenance des avions, et la formation d'ingénieurs. Les premières pièces devraient sortir des usines en 2010, pour Airbus ou peut-être d'autres constructeurs. L'accord devrait générer 1 milliard de dollars de chiffre d'affaires sur dix ans pour les EAU. « La globalisation devient un objectif en soi pour produire à bas coût en zone dollar ou pour se diversifier, et non plus comme avant uniquement pour pénétrer de nouveaux marchés », explique Marwan Lahoud, le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS. >>

Alain Ruello, Les Echos, 16-VII-2008 

British Airways et Ryanair réduisent à leur tour leurs capacités

<< Alors que les commandes s'accumulent au Salon anglais de Farnborough pour les constructeurs aéronautiques civils, les compagnies aériennes occidentales boivent, l'une après l'autre, la tasse. Ironie du sort, les mauvaises nouvelles sont venues d'outre-Manche hier. British Airways (BA) et Ryanair, le numéro un européen des « low cost », ont annoncé, à leur tour, la réduction de leurs capacités dans le cadre de leur programme pour l'hiver 2008-2009, tout en soulignant qu'il leur sera difficile d'être profitables.

Intervenant devant l'assemblée générale de BA, son président du conseil d'administration, Martin Broughton, a ainsi reconnu qu'atteindre la rentabilité au terme de l'exercice en cours sera un « exploit considérable » dans les « conditions opérationnelles actuelles ». De fait, sa direction prévoit déjà de réduire les capacités aériennes de 3 % à 5 % cet hiver. Des diminutions de fréquences sont à l'étude et, s'il n'est pas prévu, à ce stade, de supprimer des routes long- courriers, une ou deux lignes court-courriers pourraient être suspendues.

Moins de vols

De son côté, Ryanair a indiqué programmer une diminution de 18 % de sa flotte utilisée à partir de l'aéroport de Dublin, ce qui représentera un baisse de 12 % environ du nombre de vols par semaine. Son directeur général, Michael O'Leary, constate que la compagnie « low cost » réaliserait un « très petit profit ou rien du tout » si le prix du baril reste aux alentours de 130 à 140 dollars. >>

Les Echos, 16-VII-2008