07.08.2008

Allemagne: grève des pilotes chez Cityline, filiale de Lufthansa

cityline.jpeg<< Une grève des pilotes chez Cityline, filiale de la compagnie aérienne allemande Lufthansa, perturbait le trafic aérien jeudi matin dans plusieurs aéroports allemands, a annoncé le syndicat Cockpit.

Neuf vols sur dix ont été annulés, soient 360 des 400 vols prévus ce jeudi, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Lufthansa Thomas Jachnow. La direction va se réunir jeudi après-midi pour se concerter sur l'organisation des vols vendredi, a-t-il ajouté.

Les passagers concernés ont été orientés vers des vols de la Lufthansa ou ont reçu un bon pour prendre le train, Cityline reliant principalement les villes allemandes, d'après le porte-parole.

La grève a commencé jeudi à 00H00 (mercredi 22H00 GMT) et devrait se poursuivre pendant 36 heures dans tous les aéroports desservis par Cityline: Francfort (ouest), Munich (sud), Hambourg (nord), Dusseldorf (ouest) et Berlin-Tegel.

Une écrasante majorité des membres de Cockpit, 99%, a voté pour la grève après l'échec de négociations tarifaires concernant la grille salariale du millier de pilotes de Cityline et Eurowings --deux filiales de Lufthansa-- qui gagnent en moyenne un quart de moins que leurs collègues.

La direction avait proposé une augmentation salariale de 6%, mais ce n'est "pas assez pour une base de négociations", selon Cockpit.

"Que Cockpit ne soit pas disposé à négocier l'offre actuelle n'est pas acceptable pour nous", a réagi jeudi une autre porte-parole de Lufthansa, Claudia Lange. "Les salaires chez Cityline sont déjà au-dessus de la moyenne par rapport à d'autres compagnies aériennes régionales. Aussi les grèves sont-elles totalement exagérées et pas acceptables pour l'entreprise et ses clients", a-t-elle ajouté.

La compagnie aérienne allemande est également confrontée à la grogne de ses propres pilotes, qui veulent être représentés à l'avenir par leurs délégués du personnel.

Lufthansa était parvenue vendredi à un accord salarial pour ses personnels au sol et de cabine avec le syndicat des services Verdi, après une grève de plusieurs jours ayant entraîné l'annulation de plus de 400 vols, en pleine période estivale. >>

AFP, 07-VIII-2008

 

01.08.2008

A Lufthansa, on a trouvé un accord avec le syndicat Verdi sur les salaires

Lufthansa.jpg<< La Lufthansa a conclu un accord salarial avec son personnel qui va permettre de mettre fin à une grève ayant entraîné l'annulation de plusieurs centaines de vols, ont annoncé vendredi les deux parties.

Le syndicat Verdi a indiqué qu'il comptait mettre fin à son mot d'ordre de grève à partir de samedi matin.

Toutefois, la Lufthansa, qui programme quelque 2.000 vols quotidiens, estime selon son site web qu'il faudra environ deux semaines pour un retour total à la normale dans la mesure où les vérifications de certains appareils ont été retardées pendant la grève.

Les vols européens seront assurés à 90% environ dans les quatre prochains jours.

Selon l'accord conclu - les syndicats allemands demandent au patronat un effort en matière de pouvoir d'achat alors que l'inflation est à la hausse - le personnel au sol obtiendra une hausse salariale de 5,1% à compter de ce 1er juillet et de 2,3% supplémentaires à partir de juillet 2009, ainsi qu'une prime exceptionnelle.

Cet accord porte sur 21 mois, précise la compagnie. Le personnel de cabine bénéficiera d'une hausse salariale en rapport avec celle du personnel au sol, ajoute Lufthansa, qui doit confirmer la chose avec le syndicat Ufo.

Verdi, qui représente 52.000 salariés dans le secteur aérien, réclamait une hausse annuelle des salaires de 9,8%. La Lufthansa, proposait 6,7% sur 21 mois et une prime exceptionnelle. Les discussions avaient été rompues le 10 juillet et environ 5.000 membres de Verdi avaient entamé lundi la grève, la première chez Lufhansa depuis 13 ans.

Certains analystes estiment que cette grève pourrait lui avoir coûté cinq millions d'euros par jour. La compagnie parle pour sa part d'un coût total de la grève estimé pour l'instant à un minimum de dix millions d'euros.

Mercredi, le groupe a annoncé que la flambée des cours pétroliers et un éventuel recul de la demande devraient faire baisser ses résultats cette année. Le titre Lufthansa prenait 1,62% à 15,01 euros à la Bourse de Francfort après l'annonce de cet accord. >>

Stanislas Dembinski et Danielle Rouquié, Reuters, 01-VIII-2008

29.07.2008

Lufthansa frappé par les grèves en pleins départs en vacances

ILLUSTRATION LUFTHANSA 1.jpeg<< La première compagnie aérienne allemande négocie depuis des semaines avec le syndicat Ver.di sur les augmentations salariales, sans succès. L'ensemble du personnel au sol et volant devait commencer la grève hier soir.

Le trafic devrait être perturbé cette semaine dans le ciel allemand. Le syndicat des services Ver.di a voté vendredi pour une grève illimitée chez Lufthansa, qui devait débuter hier soir après 22 heures. Selon Erhard Ott, négociateur du syndicat, il ne faut pas s'attendre à une paralysie simultanée de tous les aéroports, mais ils seront tous touchés dans le courant de la semaine, avec un mouvement particulièrement dur à Francfort et à Hambourg dès aujourd'hui. « La direction a fermé la porte à toute négociation pour le moment », justifie-t-il.

La semaine dernière déjà, environ 1.000 vols ont été supprimés, après l'échec des négociations avec les pilotes de deux filiales du groupe, Eurowings et Cityline. Mais, à partir d'aujourd'hui, c'est l'ensemble du personnel au sol et volant qui pourrait faire grève.

Le conflit, qui dure depuis plusieurs semaines déjà, porte sur les augmentations de salaires. Ver.di réclame une hausse de 9,8 % sur un an pour les 52.000 salariés qu'il représente, une offre qui leur permettrait de « participer à l'expansion de l'activité ». La direction, elle, propose une augmentation de 6,7 %, étalée sur vingt et un mois en plus d'une prime.

Faible marge de manoeuvre

L'an dernier les profits de Lufthansa ont doublé, mais les conditions sont devenues plus difficiles dans l'aérien cette année en raison de la hausse du prix du kérosène. La première compagnie allemande a maintenu ses objectifs pour cette année. Pour les atteindre, elle va être obligée de compresser ses coûts.

Les analystes s'attendent à une chute des profits d'environ 20 % lors de l'annonce des résultats semestriels mercredi, malgré une augmentation du chiffre d'affaires liée à la hausse du nombre de passagers transportés.

Dans une lettre ouverte aux salariés, le président du directoire Wolfgang Mayrhuber a qualifié les revendications des salariés de « dangereuses », Lufthansa étant mis à l'épreuve par « la hausse explosive des prix du pétrole ». Selon lui, la compagnie « a une très faible marge de manoeuvre ». Elle pourrait même être obligée de supprimer des emplois, alors qu'il y a peu, elle prévoyait encore d'embaucher 4.300 personnes. Selon le quotidien régional « Rheinische Post », Lufthansa aurait conçu un plan d'urgence lui permettant d'assurer 75 % des vols en cette période estivale, même en cas d'un grève massive, notamment grâce à des remplacements par le transport ferroviaire. >>

Ingrid François, Les Echos, 28-VII-2008 

26.07.2008

Grève illimitée chez Lufthansa à partir de lundi

Lufthansa7.jpeg<< Les négociations salariales pour le personnel au sol et en cabine sont dans l'impasse. Les vacances des Allemands risquent d'être sérieusement perturbées. Les personnels au sol et en cabine de Lufthansa, le numéro un du transport aérien, entameront lundi une grève illimitée pour appuyer leurs revendications salariales.

À l'issue d'une consultation de la base des adhérents du syndicat Ver.di, le projet de grève, qui requérait une approbation minimale de 75 %, a recueilli 90,7 % des votes. Pour leur représentant Erhard Ott, « la direction a fermé la porte à toute négociation » en refusant de soumettre une offre améliorée. Une douzaine d'aéroports seront touchés à tour de rôle, dont notamment Francfort, Munich et Berlin. Même si Lufthansa espère assurer 75 % du trafic grâce à des externalisations de services, à en croire le journal Rheinische Post .

Ver.di exige une hausse de salaire de 9,8 % pour une année au bénéfice des quelques 48 000 employés concernés. Lufthansa, de son côté, propose une durée de vingt et un mois et une augmentation en deux temps de 6,7 %, plus une prime équivalant à 1 %. Le syndicat estime que cela couvre à peine les pertes dues à l'inflation.

Wolfgang Mayrhuber, le patron de la compagnie allemande, a mis en garde le personnel contre les conséquences d'un arrêt de travail. « Seuls des emplois profitables sont sûrs », a-t-il fait valoir dans une allusion à de possibles licenciements si la compagnie devait entrer dans le rouge.

Les résultats d'exploitation du premier semestre, attendus la semaine prochaine, devraient cependant être aussi bons que l'an dernier alors que le prix du kérosène a doublé. Les syndicats fondent leurs revendications sur le bénéfice net de 1,6 milliard dégagé en 2007 et la hausse concomitante de 48 % des revenus du directoire, alors que la compagnie renvoie à la hausse du prix du brut et l'infléchissement de la croissance pour prêcher la modération.

Annulation d'un millier de vols

Ce n'est pas le seul conflit pour Lufthansa. Des accords salariaux ont certes été conclus avec les 330 pilotes de la filiale Germanwings la semaine dernière et leurs 4 400 collègues de Lufthansa dès janvier. Mais le torchon brûle du côté des pilotes de deux autres filiales, Cityline et Eurowings. Les dernières offres - des hausses de 5,5 % et 6,5 % respectivement - ont été rejetées par le syndicat VC. Des grèves d'avertissement du personnel volant ont conduit cette semaine à l'annulation d'un millier de vols pour 30 000 passagers.

Le bras de fer est en fait plus ancien. Il concerne un accord de 1992 qui réserve aux pilotes de la compagnie mère, payés un tiers de plus que dans les filiales, l'exploitation des avions de plus de 70 places. Or, Lufthansa a commandé des modèles de 118 places livrables en 2009 et entend les faire utiliser par Cityline. Sur ce point, aucun rapprochement n'est en vue. >>

Pierre Bocev, Le Figaro, 26-VII-2008 

25.07.2008

Lufthansa se bat avec les syndicats, la grève menace dans le ciel allemand

<< Le chaos menace dans les aéroports allemands cet été, alors que la première compagnie aérienne du pays Lufthansa se bat avec les syndicats sur le thème des salaires.

Cette semaine déjà environ 1.000 vols ont été supprimés, victimes de la grogne des pilotes de deux filiales du groupe. Ce n'était sans doute qu'un avant-goût des semaines à venir: vendredi la décision tombera sur une grève dure de 48.000 personnels au sol et volants menés par le grand syndicat des services Verdi.

Les membres votent encore jusque dans la soirée sur le sujet, mais dès la semaine dernière le principe d'une grève semblait acquis.

"Une grève est possible à partir de lundi", a déclaré au quotidien Handelsblatt de vendredi le chef du comité d'entreprise de Lufthansa, Wolf Liebetrau. D'après lui, les préparations sur les modalités pratiques de la grève -- quels aéroports, quels jours, à quelle heure -- sont déjà en cours.

Qu'il s'agisse des pilotes de CityLine et Eurowings, menés par leur syndicat Cockpit, ou des catégories de personnel représentées par Verdi, les salariés frondeurs veulent plus de sous, au nom de l'inflation et surtout des confortables bénéfices dégagés par Lufthansa l'an dernier.

Les négociations menées jusqu'à maintenant sur les deux fronts, émaillées de grèves d'avertissement, ont échoué.

Dans un environnement de marché particulièrement difficile pour les compagnies aériennes, dressées les unes contre les autres et touchées de plein fouet par l'envolée des cours du pétrole et par ricochet du kérosène, Lufthansa s'en tire pour le moment plutôt bien. Le groupe a maintenu ses prévisions de résultats financiers pour cette année. Et alimente ainsi les revendications de ses salariés, qui réclament "une offre qui (les) fasse participer à l'expansion de l'activité".

L'an dernier Lufthansa a dégagé un bénéfice d'exploitation de 1,38 milliard d'euros, le chiffre devrait être du même ordre cette année.

Fort de cette bonne performance, Verdi veut une augmentation de salaire de 9,8% sur un an. Lufthansa a mis 6,7% sur la table, étalés sur 21 mois. Cockpit pour sa part n'a pas émis de revendication chiffrée, mais refuse l'offre d'une hausse 5,5% assortie de primes. Les pilotes des deux petites filiales -- qui assurent tout de même autour de 700 vols domestiques et européens par jour -- veulent gagner autant que ceux qui volent sous la bannière Lufthansa, mieux payés.

Des exigences qui font s'étrangler le patron de la compagnie Wolfgang Mayrhuber. Les conflits actuels sont "totalement inutiles et contre-productifs", tempêtait-il jeudi dans un courrier à ses salariés. "Nous ne pouvons pas faire plus" que les offres actuelles, affirme-t-il, invoquant "une marge de manoeuvre économique très étroite".

Un discours peu à même de faire reculer les syndicats, stimulés par les accords conclus dans d'autres branches cette année en Allemagne, et animés d'une nouvelle combativité après des années de retenue salariale.

M. Mayrhuber en appelle à la solidarité des grévistes avec "les familles qui se réjouissent de leurs vacances annuelles et de leur voyage en avion, pour lesquels elles ont durement travaillé". Les cessations de travail toucheront effectivement la compagnie, qui transporte quelque 140.000 passagers par jour, au pire moment, en pleine transhumance estivale.

"Dans le secteur des services c'est comme ça, quand les salariés combattent, ce sont les clients qui trinquent", rétorque un porte-parole de Verdi, sans états d'âme.

Mais les déboires de Lufthansa font aussi des heureux. La compagnie à bas coût Easyjet par exemple, sa concurrente sur plusieurs lignes internationales, et dont le patron pour l'Allemagne se frotte déjà les mains. "C'est l'occasion pour nous de gagner de nouveaux clients", se réjouissait cette semaine John Kohlsaat. >>

Mathilde Richter, AFP, 24-VII-2008 

09.07.2008

Négociations salariales: Lufthansa présente une offre améliorée

<< La compagnie aérienne Lufthansa a amélioré mercredi son offre dans le cadre de négociations salariales pour le personnel de bord et au sol, a indiqué une porte-parole, alors que le syndicat Verdi avait menacé de grève si la direction ne faisait pas un geste.

La direction a proposé une première hausse de salaires de 4,6% à partir du 1er juillet 2008, puis 2,1% supplémentaire au 1er juillet 2009, ce à quoi s'ajoute une revalorisation exceptionnelle correspondant à 1% du salaire annuel.

Cet accord est valable jusqu'à fin février 2010, a précisé la porte-parole, jointe par l'AFP, alors qu'a débuté à Francfort (ouest) le quatrième tour de table des négociations salariales, qui ont commencé début juin.

Verdi réclame 9,8% de salaire en plus et une meilleure participation des salariés aux résultats de l'entreprise. Lufthansa avait proposé jusqu'à présent une augmentation de 3,4% jusqu'à fin 2009 (avec effet rétroactif), plus 2,1% supplémentaires à compter de juillet 2008. Ceci concerne les 48.000 employés de cabine et au sol.

Le syndicat avait agité la menace d'un conflit de grande ampleur, après plusieurs journées de débrayages ces dernières semaines, si Lufthansa n'améliorait pas sa proposition.

En 2005 et 2006, les personnels au sol et volant n'avaient pas eu d'augmentations salariales et l'an dernier, elle avait été de 2,7%. >>

AFP, 09-VII-2008