19.08.2008
Le trafic aérien résiste malgré la crise
<< LA CRISE, quelle crise ? Certains observateurs du transport aérien mondial se refusent à céder au catastrophisme dès que le taux de croissance n'est pas supérieur à celui de l'année précédente. C'est le cas pour le mois de juin, d'après les chiffres publiés par l'Association du transport aérien international (Iata). Le trafic de passagers a augmenté de 3,8 % contre 5,4 % en 2007, où l'on enregistre une hausse annuelle record de 7,4 %.
Si on lisse la courbe sur vingt ans, on reste toujours dans les perspectives de croissance de 5 % d'un secteur qui a « digéré » les guerres du Golfe, le 11 septembre 2001, le sras en 2003. La question, aujourd'hui, est de savoir si les turbulences pétrolières vont se calmer. Le cours du baril, après un pic à 150 dollars début juillet, est revenu aux environs de 115. Cette baisse laisse penser aux voyageurs potentiels que la suppression partielle de la surcharge carburant du billet d'avion devrait suivre. Les passagers n'ont d'ailleurs pas massivement déserté les avions.
Mais toutes les compagnies ne sont pas à égalité. Aux États-Unis, les transporteurs prennent de plein fouet la hausse du carburant qu'ils payent en dollars alors que les compagnies européennes bénéficient du cours de l'euro face au dollar. De plus, outre-Atlantique, les flottes sont obsolètes, très gourmandes en kérosène.
Autre phénomène structurel, les compagnies dites « majors » (American, Delta, United, US Airways, Northwest, Continental) sont mises à mal sur les réseaux intérieurs par les low-costs, comme Southwest ou JetBlue, équipées d'avions modernes.
Immunité antitrust
Conséquence, le trafic a diminué de 4 % pour les vols intérieurs. L'activité internationale reste néanmoins porteuse. Aussi American, Iberia et British Airways ont-elles signé l'accord de coopération commerciale qu'elles avaient annoncé en juillet. Il leur reste à obtenir le feu vert des autorités américaines de la concurrence. Cette « immunité antitrust » est d'autant plus nécessaire que la loi américaine prévoit des peines de prison pour les dirigeants de société qui auraient aménagé leurs tarifs et leurs horaires pour réduire la concurrence. Les transporteurs doivent montrer que ces arrangements bénéficieront aussi aux passagers, ce qui n'est pas toujours évident.
Ailleurs dans le monde, les chiffres restent positifs avec 2,1 % de hausse en Europe, 3,2 % en Asie, 9,6 % au Moyen-Orient et 12,5 % en Amérique latine.
À une moindre échelle qu'aux États-Unis, la croissance européenne met en valeur les transporteurs à bas coût easyJet et Ryanair, en hausse de 15 %. Au contraire, Air France-KLM, British Airways ou Lufthansa stagnent sur les dessertes à l'intérieur de l'Union européenne. Elles compensent pas les vols internationaux. Les réseaux mondiaux de celles-ci compensent.
Les restructurations vont bon train
Dans ce contexte encore incertain, les restructurations vont bon train. En Autriche, le gouvernement a donné le coup d'envoi de la privatisation d'Austrian tandis que British Airways, présent de puis plusieurs années au capital d'Iberia, s'est décidé cet été à en prendre le contrôle. Alitalia attend toujours la solution miracle pour échapper à la faillite après l'échec de sa privatisation au profit d'Air France-KLM.
Les chiffres d'Asie traduisent la stagnation de l'Inde, doublement touchée par le prix du pétrole et le manque d'infrastructures. Et la Chine n'est pas non plus l'eldorado annoncé (lire encadré) . En revanche, le Moyen-Orient flirte avec une croissance à deux chiffres. : « La crise, connais pas ! » , expliquait Jim Clark, président d'Emirates, lors de la livraison du premier de ses 58 Airbus. >>
Thierry Vigoureux, Le Figaro, 19-VIII-2008
19:00 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : iata, traffic aérien, pétrole, passagers, surcharge carburant, autriche, iberia
22.07.2008
Le secteur aérien est pris dans la tempête du siècle
L'Association internationale du transport aérien (IATA) prévoit que le secteur va perdre 6,1 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros) en 2008 - il en a gagné 5,6 milliards en 2007. Si le prix du pétrole reste élevé, Ryanair pourrait être la seule compagnie bénéficiaire en Europe, selon Goldman Sachs.
Que peuvent faire les transporteurs pour survivre à la tempête ? Certains, stoïques ou inconscients, ont choisi l'optimisme. D'autres ont pris le parti de contrarier le client en facturant les surplus de bagages ou les sièges côté fenêtre. D'autres encore ont choisi de réduire le poste de dépenses destinées aux salaires, le plus gros après celui consacré au carburant. Qantas et Spanair ont déjà annoncé des suppressions d'emplois. Les autres vont suivre. Mais licencier du personnel fortement syndiqué - c'est le cas chez British Airways - peut... coûter cher.
Les compagnies peuvent aussi laisser leurs avions au sol : vu le nombre de passagers, il y a trop d'appareils. En réduisant leurs capacités, elles pourraient retrouver de la rentabilité. Mais elles doivent agir avec prudence : des rivaux pourraient profiter des créneaux horaires laissés vacants, ce qui détruirait encore plus de valeur.
Ultime option : la consolidation. Mais fusionner deux compagnies est difficile, surtout quand l'économie ralentit, les deux parties étant surtout alors plus préoccupées par l'équilibre de leurs comptes. Les plus robustes peuvent alors juger bon d'attendre que les plus faibles soient contraintes de cesser leur activité. C'est ce qui est déjà arrivé à vingt-cinq d'entre elles depuis le début de l'année. Si le kérosène reste cher, il y en aura d'autres. >>
Fiona Maharg-Bravo, 22-VII-2008
Pour plus de commentaires, connectez-vous sur breakingviews.com
20:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transport aérien, crise, iata, ryanair, british airways
08.07.2008
Pétrole cher: 25 compagnies aériennes ont cessé leurs activités en 2008 (Iata)
"Durant les six derniers mois, nous avons suspendu 25 compagnies aériennes du système de compensation financière. C'est la plus importante concentration de toute l'histoire de ce système", a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'Iata, Anthony Concil.
L'Association, qui regroupe quelque 240 compagnies aériennes, a mis au point un système de compensation financière entre la plupart de ses membres, qui permet de protéger les clients en cas de faillite notamment.
Lorsqu'une personne achète un billet d'avion à une agence de voyages, cette agence paie l'Iata qui crédite ensuite les fonds à la compagnie aérienne concernée. En cas de graves problèmes financiers, la compagnie est suspendue du système afin de garantir le remboursement éventuel des voyageurs.
Des compagnies de toutes tailles et de toutes les régions ont été affectées par les dernières suspensions, telles que Cameroun Airlines, Frontier Airlines (basée à Denver aux Etats-Unis), Air Mauritanie ou encore Silverjet, la spécialiste du voyage d'affaires en Grande-Bretagne, a précisé le porte-parole.
A titre de comparaison, au cours des six mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001, seules huit compagnies avaient été rayées du système de l'Iata, dont Swissair, la compagnie belge Sabena ou encore Ansett (Australie).
M. Concil a prévenu que d'autres compagnies pourraient s'ajouter à la liste dans les prochains mois. "Les prix élevés du pétrole ont un impact énorme sur le secteur et nous nous attendons à ce que la liste des 25 augmente encore", a-t-il dit, se refusant à désigner les compagnies les plus vulnérables.
Les prix du brut ont pratiquement doublé depuis un an, le baril de Brent de la mer du Nord dépassant désormais les 140 dollars tandis que le baril de kérosène se situe au-dessus des 170 dollars (en hausse de près de 100%).
Cette flambée des cours a fait passer la facture de kérosène de 13% à près de 35% des coûts généraux des compagnies, selon l'Iata. Une augmentation d'un dollar par baril de pétrole se traduit par un surcoût de près de 1,6 milliard de dollars pour le secteur, souligne encore l'association.
L'Iata attend ainsi "des pertes considérables pour 2008, entre 2,3 et 6,1 milliards de dollars" dans le secteur. >>
AFP, 08-VII-2008
02.07.2008
Le trafic aérien international résiste au ralentissement mondial (IATA)
Le trafic international de passagers a augmenté de 6% en mai par rapport au même mois de 2007, après une hausse de 3% seulement en avril 2008, a indiqué l'IATA dans un communiqué. Sur les cinq premiers mois de l'année, la hausse a atteint 5,5%.
Ces résultats "sont meilleurs que prévu compte tenu du ralentissement économique", a estimé l'association, qui rassemble 230 compagnies aériennes assurant des liaisons internationales.
Le taux de remplissage des appareils est reparti à la hausse pour la première fois depuis trois mois, atteignant 74,3%, alors que les compagnies tentent de s'adapter à la hausse du prix du kérosène.
"Le prix élevé du carburant est en train de transformer le secteur aérien", a observé le directeur général de l'IATA, Giovanni Bisignani. En l'espace d'un an, le prix du kérosène à augmenté de 87% à 160 dollars le baril, a souligné l'IATA.
Le trafic a été plus particulièrement soutenu par l'Amérique du Nord, qui a progressé de 8,2% en mai par rapport à mai 2007. Du côté du transport de marchandises, la croissance du trafic n'a été que de 1,3% en mai par rapport à mai 2007 contre 3,7% en avril. >>
AFP, 02-VII-2008


