07.08.2008
La compagnie Austrian Airlines devrait être privatisée d'ici à octobre
<< Le gouvernement autrichien s'est mis d'accord, mardi 5 août, sur le principe de la privatisation d'Austrian Airlines. Une minorité de blocage restera entre les mains d'investisseurs autrichiens. Un appel d'offres pourrait être lancé avant la fin du mois.
Le rapport de l'entreprise Boston Consulting Group, approuvé le 28 juillet par le conseil d'administration d'Austrian, ne laissait aucune ambiguïté : sans alliance avec " un partenaire stratégique ", la compagnie aérienne, qui accuse une perte de 48,7 millions d'euros au premier semestre 2008 et traîne une dette de 900 millions d'euros, n'est pas viable.
Exit l'option d'une " solution autrichienne " préconisée par l'ensemble de l'échiquier politique. Elle se limitera à la détention d'une minorité de blocage (25 % plus une action) par un consortium d'entrepreneurs autrichiens. Actuellement, la société publique ÖIAG détient 42,7 % du capital.
En mai, le financier saoudien Al Jaber renonçait à entrer dans le capital d'Austrian Airlines, la privant d'une injection de 150 millions d'euros. La compagnie se retrouvait le dos au mur. En dépit d'un plan d'assainissement drastique et du recentrage sur les destinations est-européennes, Austrian n'est pas en mesure de faire face à la concurrence dans un marché en pleine concentration.
Après de longs atermoiements dus au contexte politique, le processus de privatisation devrait être enclenché très rapidement. Mercredi 12 août, le conseil des ministres doit donner l'ordre de privatisation et ouvrir immédiatement la voie à un appel d'offres pour une décision sur le choix du repreneur d'ici la fin octobre.
RÉSEAU EST-EUROPÉEN
Les principales exigences envers les candidats seraient la conservation de la marque Austrian, le maintien du siège social à Vienne et le maintien d'" un réseau minimum acceptable ", selon les termes du président du conseil de surveillance de l'ÖIAG, Peter Mitterbauer.
Petite compagnie face à Air France-KLM, Lufthansa ou British Airways, Austrian, qui compte 8 000 employés, s'est néanmoins positionnée comme leader des destinations est-européennes (48 villes desservies) et s'est développée vers le Moyen-Orient. L'aéroport de Vienne, qui assure 60 % des passages en transit d'Austrian, est fortement dépendant du réseau de la compagnie nationale.
Parmi les repreneurs possibles, Lufthansa, déjà partenaire dans la coalition Star Alliance, fait figure de favori. Le groupe Air France-KLM, récemment frustré de la reprise d'Alitalia, serait lui aussi intéressé. >>
Laurence Monnot, Le Monde, 08-VIII-2008
16:30 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : austrian airlines, privatisation, autriche, lufthansa, air france-klm, alitalia
01.08.2008
Alitalia négocie avec compagnies étrangères
<< Alitalia négocie avec des compagnies aériennes étrangères en vue de son rachat, et une solution pourrait être trouvée à l'automne, rapporte vendredi La Repubblica dans son édition en ligne, citant des déclarations du Premier ministre italien Silvio Berlusconi sur une chaîne de télévision.
Contrairement à la situation antérieure, il y a aujourd'hui "la certitude d'un plan industriel, les capitaux, les partenaires pour une nouvelle équipe, et en outre, nous négocions avec des compagnies étrangères", a déclaré le chef du gouvernement italien, selon le journal. Silvio Berlusconi n'a pas révélé les noms de ces compagnies étrangères.
Des sources proches d'Air France-KLM ayant exclu que la compagnie aérienne française s'intéresse à nouveau à Alitalia, les déclarations de Berlusconi font ressurgir la possibilité que Deutsche Lufthansa AG soit candidat au rachat, indique le quotidien italien.
Silvio Berlusconi a déclaré qu'il sera nécessaire de procéder à des suppressions d'emplois, sans toutefois les chiffrer, expliquant que la seule autre possibilité serait la mise en faillite d'Alitalia, qui ferait perdre leur emploi à 20.000 employés, rapporte La Repubblica. >>
Dow Jones Newswire, 01-VIII-2008
15:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alitalia, silvio berlusconi, faillite, sauvetage, avionneur, air france-klm, lufthansa
A Lufthansa, on a trouvé un accord avec le syndicat Verdi sur les salaires
<< La Lufthansa a conclu un accord salarial avec son personnel qui va permettre de mettre fin à une grève ayant entraîné l'annulation de plusieurs centaines de vols, ont annoncé vendredi les deux parties.Le syndicat Verdi a indiqué qu'il comptait mettre fin à son mot d'ordre de grève à partir de samedi matin.
Toutefois, la Lufthansa, qui programme quelque 2.000 vols quotidiens, estime selon son site web qu'il faudra environ deux semaines pour un retour total à la normale dans la mesure où les vérifications de certains appareils ont été retardées pendant la grève.
Les vols européens seront assurés à 90% environ dans les quatre prochains jours.
Selon l'accord conclu - les syndicats allemands demandent au patronat un effort en matière de pouvoir d'achat alors que l'inflation est à la hausse - le personnel au sol obtiendra une hausse salariale de 5,1% à compter de ce 1er juillet et de 2,3% supplémentaires à partir de juillet 2009, ainsi qu'une prime exceptionnelle.
Cet accord porte sur 21 mois, précise la compagnie. Le personnel de cabine bénéficiera d'une hausse salariale en rapport avec celle du personnel au sol, ajoute Lufthansa, qui doit confirmer la chose avec le syndicat Ufo.
Verdi, qui représente 52.000 salariés dans le secteur aérien, réclamait une hausse annuelle des salaires de 9,8%. La Lufthansa, proposait 6,7% sur 21 mois et une prime exceptionnelle. Les discussions avaient été rompues le 10 juillet et environ 5.000 membres de Verdi avaient entamé lundi la grève, la première chez Lufhansa depuis 13 ans.
Certains analystes estiment que cette grève pourrait lui avoir coûté cinq millions d'euros par jour. La compagnie parle pour sa part d'un coût total de la grève estimé pour l'instant à un minimum de dix millions d'euros.
Mercredi, le groupe a annoncé que la flambée des cours pétroliers et un éventuel recul de la demande devraient faire baisser ses résultats cette année. Le titre Lufthansa prenait 1,62% à 15,01 euros à la Bourse de Francfort après l'annonce de cet accord. >>
Stanislas Dembinski et Danielle Rouquié, Reuters, 01-VIII-2008
14:00 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lufthansa, social, grève, salaire, transport aérien, allemagne
30.07.2008
Le bénéfice d'exploitation de Lufthansa s'envole
<< Au premier semestre, le profit opérationnel de la grande compagnie aérienne allemance a crû de 45%. Au deuxième trrimestre, le résultat net baisse faute de profits exceptionnels. Elle est confrontée actuellement à une grève sévère.La grande compagnie aérienne allemande Lufthansa a vu son bénéfice net reculer de 21% à 345 millions d'euros au deuxième trimestre. Mais un an plus tôt, elle avait bénéficié l'an dernier d'un gain exceptionnel lié à la vente de sa participation dans le groupe de tourisme Thomas Cook.
Maredi soir, elle a confirmé sa prévision d'un bénéfice opérationnel équivalent à celui de l'an dernier, soit 1,38 milliard d'euros, pour l'ensemble de l'année et annoncé que son profit opérationnel a crû de 45% au premier semestre à 705 millions d'euros. C'est mieux que prévu par les analystes financiers.
Elle profite de l'acquisition de son homologue helvétique Swiss mais aussi des taxes carburant qu'elle impose sur le prix des billets pour compenser la flambée des prix du pétrole.
Toutefois, la compagnie est actuellement confrontée à une grève - la première en treize ans- à l'appel du grand syndicat germanique des services Verdi alors qu'elle négocie actuellement les salaires. Lancé lundi, ce mouvement a pris de l'ampleur ce mardi avec des annulations de vols. >>
La Tribune, 30-VII-2008
13:00 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lufthansa, résultats, bénéfice d'exploitation, thomas cook, swiss
Emirates, futur leader mondial du transport aérien
<< La mise en service du premier des 58 A380 commandés marque le début d'une hausse de capacité qui va propulser la compagnie de Dubaï au premier rang mondial.Le plus gros avion du monde sur le premier et le plus ancien marché aérien du monde. La mise en service commerciale le 1 er août du premier A380 de la compagnie du golfe Persique Emirates entre Dubaï et New York est tout un symbole. Elle s'apparente à une prise de pouvoir. Comme si Emirates voulait montrer que le temps où les transporteurs des pays pionniers de l'aviation (États-Unis, Europe) dominaient le ciel mondial était révolu. Qu'il fallait compter sur les acteurs des pays émergents, du Golfe en particulier.
L'entrée dans la flotte d'Emirates, hier, de l'A380 marque le point de départ d'une fulgurante hausse de capacité, déjà impressionnante jusqu'ici, qui va propulser très rapidement la compagnie de Dubaï au premier rang mondial en termes de trafic (mesuré en passagers-kilomètres transportés), au moins sur les lignes long-courriers, dominées par Air France-KLM, Lufthansa Swiss et British Airways. Avec 108 appareils - et 10 cargos -, tous des gros-porteurs long-courriers de plus de 300 sièges, le transporteur du Golfe talonne British Airways (120 gros-porteurs), qui accentuerait son avance en fusionnant avec Iberia, mais dépasse Air France (99) et Lufthansa (105). Ces deux derniers restent néanmoins aux premières places grâce à KLM (50 environ) et Swiss (une trentaine) achetées en 2004 et 2005.
Pas pour longtemps au regard du carnet de commandes monstrueux d'Emirates : 172 gros-porteurs, dont 57 A380 supplémentaires d'ici à juin 2013, 70 A350 à partir de cette date, 45 Boeing 777 et dix 747F. Ce n'est pas fini. La commande d'A350 devrait grimper à 100 exemplaires après la signature lundi d'une lettre d'intention pour convertir 30 options d'A350 et acheter 30 A330-300. D'autres A380 pourraient encore suivre, notamment la version allongée, qui pourrait voir le jour avant 2015, selon le PDG d'Emirates, Tim Clark. La montée en puissance d'Emirates sera d'autant plus rapide que la compagnie maintient une croissance à deux chiffres cette année, quand la quasi-totalité du secteur réduit la voilure. Emirates va donc gagner des parts de marché.
SEULEMENT DEUX NOUVELLES LIGNES
Bras armé du développement économique de Dubaï, Emirates voit désormais plus grand. " Emirates veut transporter n'importe quel passager à n'importe quel endroit du monde avec une escale maximum, Dubaï. Son marché est mondial. Alors que les autres compagnies comme Air France le desservent à travers des alliances, Emirates le fait seul ", explique un cadre d'Airbus. Une stratégie à la démesure de l'émirat de Dubaï, imitée par Qatar Airways et Etihad (Abou Dhabi). Mais qui posent de sérieux problèmes aux autres compagnies, notamment européennes, qui perdent des passagers en correspondances au profit de Dubaï.
Pour autant, elles ne dénoncent pas les subventions dont bénéficierait Emirates de l'émirat actionnaire - ce qui n'est pas le cas pour Qatar Airways et Etihad -, mais des aides indirectes (absence de fiscalité, de charges sociales, niveau de charges aéroportuaires dérisoires au regard des investissements). Il n'empêche. La flambée du baril contraint Emirates à serrer la vis. Seules deux nouvelles lignes, Los Angeles et San Francisco, seront ouvertes cette année. La compagnie semble avoir gelé les autres, qu'elles n'avaient pas officialisées. Les avions livrés seront positionnés pour renforcer les lignes les plus rentables. Malgré la hausse du prix du pétrole, Tim Clark " espère rester rentable " cette année. >>
Fabrice Gliszczynski, La Tribune, 30-VII-2008
10:30 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emirates, dubaï, a380, tim clark, british airways, air france, lufthansa
29.07.2008
La flambée du brut pèse sur les low-cost
<< Le résultat net de Ryanair s'est effondré de 85 % au premier trimestre, à 20,8 millions d'euros. Air Berlin risque de supprimer plus de vols que prévu.
C'est le meilleur baromètre de l'ampleur du choc pétrolier, qui pèse sur les compagnies à bas coûts. Hier, Ryanair, à la fois plus grosse low-cost européenne et plus rentable compagnie aérienne d'Europe, a annoncé un effondrement de 85 % de son résultat net au premier trimestre (avril-juin) de son exercice 2008-2009, à 20,8 millions d'euros. Pis, la direction table sur un résultat compris entre l'équilibre et une perte de 60 millions d'euros.
Ces résultats illustrent une triste réalité. Les compagnies à bas coûts peinent à transférer sur les passagers la hausse de leur facture carburant (+ 93 % dans le cas de Ryanair). Sa recette unitaire a chuté de 8 % au premier trimestre. Elle devrait se situer entre 0 et - 5 % cette année, contre une fourchette de 0 à + 5 % espérée il y a peu. Selon le directeur financier de Ryanair, Howard Millard, " les compagnies qui prédisent des augmentations de prix sont irréalistes ". Les hausses de tarifs ont davantage impacté les passagers sensibles au prix, le coeur de la clientèle des low-cost. Des mesures drastiques s'imposent. Cet hiver, Ryanair va clouer au sol une vingtaine d'avions et suspendre des lignes. Même sort pour Air Berlin, qui pourrait supprimer bien plus que les 14 lignes prévues.
CONCENTRATION
Les low-cost sont d'autant plus sensibles à la flambée du pétrole qu'il représente l'essentiel de leurs coûts (plus de 50 %) et qu'elles ont déjà fortement rogné les autres postes de dépenses. Est-ce donc la fin du modèle low-cost comme le prédisent certains experts ? Assurément non, même si une flopée de petites compagnies risquent de disparaître. Le modèle opposé, les compagnies traditionnelles, ne résiste pas plus. Les rares compagnies qui tablent sur des bénéfices le doivent à leur couverture carburant. Seules les compagnies les plus robustes sortiront renforcées de la crise. Air France-KLM et Lufthansa pour les traditionnelles, Ryanair et Easyjet pour les low-cost. Elles pourraient tirer profit de la disparition de concurrents. La différence se situe ailleurs. La concentration des low-cost risque de se faire plus rapidement que chez les compagnies traditionnelles. >>
Fabrice Gliszczynski, La Tribune, 28-VII-200810:32 Publié dans L'univers des compagnies aériennes low cost, Prix du kérosène : une menace plane sur le secteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ryanair, low cost, easyjet, air berlin, air france-klm, lufthansa
Lufthansa frappé par les grèves en pleins départs en vacances
<< La première compagnie aérienne allemande négocie depuis des semaines avec le syndicat Ver.di sur les augmentations salariales, sans succès. L'ensemble du personnel au sol et volant devait commencer la grève hier soir.
Le trafic devrait être perturbé cette semaine dans le ciel allemand. Le syndicat des services Ver.di a voté vendredi pour une grève illimitée chez Lufthansa, qui devait débuter hier soir après 22 heures. Selon Erhard Ott, négociateur du syndicat, il ne faut pas s'attendre à une paralysie simultanée de tous les aéroports, mais ils seront tous touchés dans le courant de la semaine, avec un mouvement particulièrement dur à Francfort et à Hambourg dès aujourd'hui. « La direction a fermé la porte à toute négociation pour le moment », justifie-t-il.
La semaine dernière déjà, environ 1.000 vols ont été supprimés, après l'échec des négociations avec les pilotes de deux filiales du groupe, Eurowings et Cityline. Mais, à partir d'aujourd'hui, c'est l'ensemble du personnel au sol et volant qui pourrait faire grève.
Le conflit, qui dure depuis plusieurs semaines déjà, porte sur les augmentations de salaires. Ver.di réclame une hausse de 9,8 % sur un an pour les 52.000 salariés qu'il représente, une offre qui leur permettrait de « participer à l'expansion de l'activité ». La direction, elle, propose une augmentation de 6,7 %, étalée sur vingt et un mois en plus d'une prime.
Faible marge de manoeuvre
L'an dernier les profits de Lufthansa ont doublé, mais les conditions sont devenues plus difficiles dans l'aérien cette année en raison de la hausse du prix du kérosène. La première compagnie allemande a maintenu ses objectifs pour cette année. Pour les atteindre, elle va être obligée de compresser ses coûts.
Les analystes s'attendent à une chute des profits d'environ 20 % lors de l'annonce des résultats semestriels mercredi, malgré une augmentation du chiffre d'affaires liée à la hausse du nombre de passagers transportés.
Dans une lettre ouverte aux salariés, le président du directoire Wolfgang Mayrhuber a qualifié les revendications des salariés de « dangereuses », Lufthansa étant mis à l'épreuve par « la hausse explosive des prix du pétrole ». Selon lui, la compagnie « a une très faible marge de manoeuvre ». Elle pourrait même être obligée de supprimer des emplois, alors qu'il y a peu, elle prévoyait encore d'embaucher 4.300 personnes. Selon le quotidien régional « Rheinische Post », Lufthansa aurait conçu un plan d'urgence lui permettant d'assurer 75 % des vols en cette période estivale, même en cas d'un grève massive, notamment grâce à des remplacements par le transport ferroviaire. >>
Ingrid François, Les Echos, 28-VII-2008
08:30 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lufthansa, grève, cityline, eurowings, wolf liebetrau, easyjet
26.07.2008
Grève illimitée chez Lufthansa à partir de lundi
<< Les négociations salariales pour le personnel au sol et en cabine sont dans l'impasse. Les vacances des Allemands risquent d'être sérieusement perturbées. Les personnels au sol et en cabine de Lufthansa, le numéro un du transport aérien, entameront lundi une grève illimitée pour appuyer leurs revendications salariales.À l'issue d'une consultation de la base des adhérents du syndicat Ver.di, le projet de grève, qui requérait une approbation minimale de 75 %, a recueilli 90,7 % des votes. Pour leur représentant Erhard Ott, « la direction a fermé la porte à toute négociation » en refusant de soumettre une offre améliorée. Une douzaine d'aéroports seront touchés à tour de rôle, dont notamment Francfort, Munich et Berlin. Même si Lufthansa espère assurer 75 % du trafic grâce à des externalisations de services, à en croire le journal Rheinische Post .
Ver.di exige une hausse de salaire de 9,8 % pour une année au bénéfice des quelques 48 000 employés concernés. Lufthansa, de son côté, propose une durée de vingt et un mois et une augmentation en deux temps de 6,7 %, plus une prime équivalant à 1 %. Le syndicat estime que cela couvre à peine les pertes dues à l'inflation.
Wolfgang Mayrhuber, le patron de la compagnie allemande, a mis en garde le personnel contre les conséquences d'un arrêt de travail. « Seuls des emplois profitables sont sûrs », a-t-il fait valoir dans une allusion à de possibles licenciements si la compagnie devait entrer dans le rouge.
Les résultats d'exploitation du premier semestre, attendus la semaine prochaine, devraient cependant être aussi bons que l'an dernier alors que le prix du kérosène a doublé. Les syndicats fondent leurs revendications sur le bénéfice net de 1,6 milliard dégagé en 2007 et la hausse concomitante de 48 % des revenus du directoire, alors que la compagnie renvoie à la hausse du prix du brut et l'infléchissement de la croissance pour prêcher la modération.
Annulation d'un millier de vols
Ce n'est pas le seul conflit pour Lufthansa. Des accords salariaux ont certes été conclus avec les 330 pilotes de la filiale Germanwings la semaine dernière et leurs 4 400 collègues de Lufthansa dès janvier. Mais le torchon brûle du côté des pilotes de deux autres filiales, Cityline et Eurowings. Les dernières offres - des hausses de 5,5 % et 6,5 % respectivement - ont été rejetées par le syndicat VC. Des grèves d'avertissement du personnel volant ont conduit cette semaine à l'annulation d'un millier de vols pour 30 000 passagers.
Le bras de fer est en fait plus ancien. Il concerne un accord de 1992 qui réserve aux pilotes de la compagnie mère, payés un tiers de plus que dans les filiales, l'exploitation des avions de plus de 70 places. Or, Lufthansa a commandé des modèles de 118 places livrables en 2009 et entend les faire utiliser par Cityline. Sur ce point, aucun rapprochement n'est en vue. >>
Pierre Bocev, Le Figaro, 26-VII-2008
13:51 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lufthansa, grève, cityline, eurowings, wolf liebetrau, easyjet
25.07.2008
Lufthansa se bat avec les syndicats, la grève menace dans le ciel allemand
Cette semaine déjà environ 1.000 vols ont été supprimés, victimes de la grogne des pilotes de deux filiales du groupe. Ce n'était sans doute qu'un avant-goût des semaines à venir: vendredi la décision tombera sur une grève dure de 48.000 personnels au sol et volants menés par le grand syndicat des services Verdi.
Les membres votent encore jusque dans la soirée sur le sujet, mais dès la semaine dernière le principe d'une grève semblait acquis.
"Une grève est possible à partir de lundi", a déclaré au quotidien Handelsblatt de vendredi le chef du comité d'entreprise de Lufthansa, Wolf Liebetrau. D'après lui, les préparations sur les modalités pratiques de la grève -- quels aéroports, quels jours, à quelle heure -- sont déjà en cours.
Qu'il s'agisse des pilotes de CityLine et Eurowings, menés par leur syndicat Cockpit, ou des catégories de personnel représentées par Verdi, les salariés frondeurs veulent plus de sous, au nom de l'inflation et surtout des confortables bénéfices dégagés par Lufthansa l'an dernier.
Les négociations menées jusqu'à maintenant sur les deux fronts, émaillées de grèves d'avertissement, ont échoué.
Dans un environnement de marché particulièrement difficile pour les compagnies aériennes, dressées les unes contre les autres et touchées de plein fouet par l'envolée des cours du pétrole et par ricochet du kérosène, Lufthansa s'en tire pour le moment plutôt bien. Le groupe a maintenu ses prévisions de résultats financiers pour cette année. Et alimente ainsi les revendications de ses salariés, qui réclament "une offre qui (les) fasse participer à l'expansion de l'activité".
L'an dernier Lufthansa a dégagé un bénéfice d'exploitation de 1,38 milliard d'euros, le chiffre devrait être du même ordre cette année.
Fort de cette bonne performance, Verdi veut une augmentation de salaire de 9,8% sur un an. Lufthansa a mis 6,7% sur la table, étalés sur 21 mois. Cockpit pour sa part n'a pas émis de revendication chiffrée, mais refuse l'offre d'une hausse 5,5% assortie de primes. Les pilotes des deux petites filiales -- qui assurent tout de même autour de 700 vols domestiques et européens par jour -- veulent gagner autant que ceux qui volent sous la bannière Lufthansa, mieux payés.
Des exigences qui font s'étrangler le patron de la compagnie Wolfgang Mayrhuber. Les conflits actuels sont "totalement inutiles et contre-productifs", tempêtait-il jeudi dans un courrier à ses salariés. "Nous ne pouvons pas faire plus" que les offres actuelles, affirme-t-il, invoquant "une marge de manoeuvre économique très étroite".
Un discours peu à même de faire reculer les syndicats, stimulés par les accords conclus dans d'autres branches cette année en Allemagne, et animés d'une nouvelle combativité après des années de retenue salariale.
M. Mayrhuber en appelle à la solidarité des grévistes avec "les familles qui se réjouissent de leurs vacances annuelles et de leur voyage en avion, pour lesquels elles ont durement travaillé". Les cessations de travail toucheront effectivement la compagnie, qui transporte quelque 140.000 passagers par jour, au pire moment, en pleine transhumance estivale.
"Dans le secteur des services c'est comme ça, quand les salariés combattent, ce sont les clients qui trinquent", rétorque un porte-parole de Verdi, sans états d'âme.
Mais les déboires de Lufthansa font aussi des heureux. La compagnie à bas coût Easyjet par exemple, sa concurrente sur plusieurs lignes internationales, et dont le patron pour l'Allemagne se frotte déjà les mains. "C'est l'occasion pour nous de gagner de nouveaux clients", se réjouissait cette semaine John Kohlsaat. >>
Mathilde Richter, AFP, 24-VII-2008
12:14 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lufthansa, grève, cityline, eurowings, wolf liebetrau, easyjet
17.07.2008
Swiss et Lufthansa paient pour éviter des poursuites
Les compagnies Lufthansa AG, Lufthansa Cargo AG et Swiss International Air Lines Ltd, ainsi que plusieurs autres transporteurs de fret aérien, ont accepté un arrangement transactionnel prévoyant le paiement de 85 millions de dollars américains en règlement d'un recours collectif aux Etats-Unis et de 5,3 millions de dollars américains pour dédommager des demandeurs canadiens.
Les compagnies concernées sont soupçonnées de s'être entendues pour fixer les prix des services d'expédition, entre le 1er janvier 2000 et le 11 septembre 2006, contrevenant ainsi au droit de la concurrence et aux règles contre les ententes illicites des Etats-Unis et du Canada.
Aucune faute reconnue
En raison de cette entente cartellaire, les clients auraient payé pour ces services de fret aérien un prix supérieur à celui qu'ils auraient acquitté en l'absence d'arrangement. Il est notamment reproché aux transporteurs d'avoir coordonné les frais de surcharge pour le kérosène ou pour la sécurité, qui s'ajoutent à leurs tarifs d'expédition normaux.
Directeur du marketing et de la stratégie de Swiss WorldCargo, Bernd Maresch confirme le règlement transactionnel, mais refuse de commenter l'affaire. Il précise seulement que les compagnies mises en cause nient toute conduite illégale. «Nous n'avons admis aucun comportement fautif, explique Bernd Maresch. Toutefois, nous avons accepté ce règlement transactionnel afin d'éviter des frais supplémentaires et d'autres inconvénients liés à ce contentieux dont nos clients auraient eu à subir les conséquences. Notre désir est d'apaiser ce différend avec des clients commerciaux avec lesquels nous entretenons de bonnes relations.»
Procès en cas de désaccord
En outre, le responsable du marketing et de la stratégie de la division du groupe Swiss chargée du transport de fret aérien refuse absolument de préciser les parts que chaque compagnie prendra à sa charge dans cet arrangement. «Nous ne publions pas de résultats d'entreprise séparés. Il n'y a donc aucune raison que nous donnions des détails quant au partage des frais dans le cadre de ce règlement transactionnel», justifie Bernd Maresch.
Le règlement transactionnel doit encore être accepté par l'ensemble des clients éventuellement lésés. Les compagnies signataires de l'accord annoncent d'ores et déjà qu'elles opposeraient divers moyens de défense aux exigences des parties demanderesses qui décideraient d'agir individuellement. >>
Clément Dubois, Le Temps, 17-VII-2008
17:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fret aérien, cartel, procès, swiss, lufthansa, cargo, lufthansa ag


