07.08.2008

L'Union européenne autorise la fusion entre Delta et Northwest

Delta1.jpeg<< La commission européenne a donné ce mercredi son feu vert à la fusion entre les deux compagnies aériennes américaines. Cette opération donnera naissance à la plus grosse compagnie mondiale.

Une nouvelle étape a été franchie dans la fusion entre les deux compagnies aériennes américaines Delta Air Lines et Northwest Airlines. Les autorités européennes de la concurrence ont donné ce mercredi leur feu vert, estimant que ce rapprochement "ne poserait pas de problème de concurrence".

Les deux compagnies, membres du réseau Sky Team, aux côtés d'Air France-KLM, avaient déjà "une coopération poussée" sur les liaisons transatlantiques, a fait valoir la Commission européenne. Et leurs activités sur ces vols sont complémentaires, les deux compagnies disposant de plateformes dans des villes américaines différentes, avec seulement trois liaisons communes.

Encouragées par le coût croissant du kérosène lié à la flambée des prix du pétrole, Delta et Northwest avaient annoncé en mars leur fusion en vue de créer la plus grosse compagnie aérienne mondiale avec 176 millions de passagers transportés en 2007. Un obstacle important à ce mariage a été levé fin juin grâce à un accord entre les pilotes des deux compagnies sur la gestion de leurs carrières.

La future entité, appelée Delta, desservira 390 destinations dans 67 pays, avec un chiffre d'affaires cumulé de 35 milliards de dollars, une flotte de près de 800 appareils et environ 75.000 salariés dans le monde. Delta espère de la fusion des synergies d'un milliard de dollars par an. >>

La Tribune, 07-VIII-2008

10.07.2008

Northwest supprime 8% de ses effectifs

<< La compagnie aérienne américaine, qui doit fusionner avec sa compatriote Delta Airlines, annonce la suppression de 2.500 emplois, soit 8% de ses effectifs, et la mise en place de nouvelles surfacturations, afin de compenser la hausse des coûts du carburant.

Northwest Airlines, qui prévoit de fusionner avec Delta Airlines, prévoit 2.500 suppressions d'emplois, soit 8% de ses effectifs, dans le cadre d'un important plan de réduction de ses capacités visant à contrebalancer la flambée des prix des carburants. Cette décision fait suite à l'annonce le mois dernier que la compagnie allait réduire de 8,5% à 9,5% ses capacités sur ses vols intérieurs.

Les diverses surfacturations annoncées par Northwest, qui s'appliqueront aux billets achetés à partir du 10 juillet, doivent lui permettre de dégager des revenus additionnels de 250 à 300 millions de dollars par an. Northwest va ainsi faire payer ses clients 15 dollars pour le premier bagage enregistré (pour les vols nord-américains uniquement). Les passagers devront aussi acquitter une contribution pour les vols gagnés via un programme de fidélité: de 25 dollars sur les vols à l'intérieur des Etats-Unis, de 50 dollars sur les liaisons transatlantiques, voire de 100 dollars sur les liaisons transpacifiques. Northwest a enfin augmenté les pénalités, pouvant désormais aller jusqu'à 150 dollars, en cas de changement de réservation pour un billet déjà acheté, selon un communiqué publié par la compagnie.

Ce faisant, la compagnie emboîte le pas à plusieurs de ses rivales américaines, qui ont annoncé ces dernières semaines des mesures similaires à cause des records du pétrole, qui pèsent d'autant sur la facture en kérosène. "Nos dépenses en carburant ont plus que doublé en un an", a fait valoir le PDG de Northwest, Doug Steenland, cité dans le communiqué. "Afin de résister à ces difficultés sans précédent sur le front du carburant, nous sommes obligés de prendre des mesures pour à la fois contrôler nos coûts et accroître nos revenus", a-t-il ajouté. >>

La Tribune, 10-VII-2008 

04.07.2008

British Airways cherche à bâtir une nouvelle alliance

<< UNE ALLIANCE à trois au-dessus de l'Atlantique. C'est l'arme que s'apprête à dégainer British Airways pour résister à la hausse des prix du pétrole, à la concurrence et au ralentissement économique. Elle va solliciter auprès des autorités américaines une «  immunité antitrust  », c'est-à-dire l'autorisation de conclure un accord commercial avec American Airlines et Iberia (dont la compagnie britannique est actionnaire). L'objectif du trio, rapportait hier le Financial Times , est de créer une coentreprise pour partager leurs bénéfices et leurs charges sur les vols transatlantiques. Ce n'est pas la première fois que British Airways et American sollicitent cette immunité.

Jusqu'ici, cela leur avait été refusé car les deux compagnies réalisent déjà une grande partie des liaisons entre les États-Unis et l'aéroport de Londres-Heathrow. Mais, l'entrée en vigueur au printemps de l'accord dit de « ciel ouvert » entre les États-Unis et l'Europe et surtout la détérioration continue de la conjoncture pour les transporteurs aériens devraient cette fois-ci plaider en leur faveur. Comme toutes ses concurrentes américaines, American Airlines doit réduire ses coûts pour survivre. British Airways se défend mieux mais elle risque de se retrouver dans le rouge en 2008. Si le baril de pétrole se maintient à 120 dollars, «  le résultat opérationnel sera négatif » , a averti son patron il y a quelque temps. La situation est d'autant plus difficile que le trafic de British Airways recule depuis plusieurs mois. Il a chuté de 3,7 % en juin. En partageant ses vols avec Iberia et American Airlines, British Airways table donc sur des économies d'échelle.

Inquiétude sur Air France-KLM

La situation est inquiétante, a souligné début juin l'AEA, le syndicat des compagnies européennes. «  Pour la première fois en quatre ans, le trafic des compagnies européennes sur l'Atlantique Nord a reculé de 2,7 % en avril . » Cette inquiétude a depuis touché Air France-KLM. Les analystes financiers de Deutsche Bank ont mis en cause hier sa capacité à résister à la hausse du pétrole. Ils redoutent aussi pour Air France-KLM des difficultés sur le segment de la clientèle d'affaires et dans le processus de réduction des coûts.

La compagnie franco-néerlandaise est pourtant bien armée face à la crise, estime d'autres analystes financiers. Air France-KLM avait anticipé la hausse du pétrole. «  L'essentiel de ses achats de pétrole bénéficie d'une couverture et, depuis 2003, le reste de la hausse du carburant est couvert par les surcharges facturées aux passagers  », explique un analyste parisien.

La compagnie a aussi une longueur d'avance sur British Airways en matière de coentreprise. KLM et Northwest fonctionnent en partenariat depuis 1998. Quant à Air France, elle a créé en avril sa propre coentreprise avec la compagnie américaine Delta pour tous les vols entre la France et quatre grandes villes américaines. Les deux compagnies prévoient d'étendre ce partage de coûts et de revenus à la totalité de leurs lignes transatlantiques d'ici à avril 2010. Au total, elles partageront ainsi un chiffre d'affaires de 8 milliards de dollars. >>

Armelle Bohineust, Le Figaro, 04-VII-2008