23.08.2008
Alitalia prépare sa restructuration en attendant un allié
<< ROME/MILAN, 22 août (Reuters) - Le dernier projet en date destiné à sauver Alitalia de la faillite prévoit une scission de ses activités déficitaires, destinées au redressement judiciaire, ainsi que la poursuite des recherches d'un partenaire étranger, a-t-on appris vendredi de source gouvernementale.
Air France-KLM , British Airways et Lufthansa figurent parmi les alliés potentiels envisagés pour la compagnie aérienne, dont l'Etat italien possède 49,9%, a déclaré une autre source proche du dossier.
Cependant British Airways n'envisage aucun partenariat avec Alitalia, a déclaré une source du secteur. Une porte-parole de BA a expliqué que le groupe ne commentait pas les spéculations de marché.
Air France-KLM et Lufthansa ont elles aussi refusé de commenter ces informations.
"Air France est une option étrangère à l'étude, tout comme Lufthansa et British Airways", a déclaré la source, qui a requis l'anonymat.
Il n'est pas certain, a-t-elle précisé, que des contacts aient été pris avec une ou plusieurs compagnies étrangères dans le cadre du nouveau projet de restructuration, élaboré par la banque Intesa Sanpaolo.
LUFTHANSA SERAIT EN "POLE POSITION"
Air France-KLM avait renoncé au printemps à une offre de reprise d'Alitalia, acceptée par le précédent gouvernement de Rome mais contestée par les syndicats de la compagnie italienne. En juin, le P-DG d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, avait déclaré considérer le dossier comme clos. Lufthansa, pour sa part, n'a jusqu'à présent jamais présenté de proposition de reprise d'Alitalia, bien qu'il considére le marché italien comme important pour sa stratégie. La presse italienne cite régulièrement la compagnie allemande comme un candidat de premier plan à l'acquisition éventuelle d'une participation dans Alitalia une fois la restructuration de cette dernière menée à bien.
En Bourse, la cotation d'Alitalia est suspendue depuis le lancement en juin du nouveau projet de privatisation, le troisième en date.
Selon le projet élaboré par Intesa Sanpaolo, les filiales en difficulté de la compagnie seraient sorties du périmètre et placée sous administration judiciaire tandis que de nouveaux investisseurs italiens seraient sollicités pour reprendre le reste du groupe, a expliqué la source gouvernementale.
"De cette manière, Alitalia resterait en activité et le gouvernement pourrait présenter la nouvelle compagnie à un consortium italien, sans doute dès la semaine prochaine, avant de rechercher un partenaire (étranger)", a-t-elle ajouté.
Elle a précisé que Lufthansa était en "pole position".
Les noms d'investisseurs italiens impliqués dans le projet devraient être rendus publics d'ici mercredi prochain. >>
12:00 Publié dans Ils travaillent dans le transport aérien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alitalia, plan de sauvetage, faillite, silvio berlusconi, lufthansa, air france-klm
26.07.2008
Berlusconi organise la renaissance d'Alitalia
<< Des investisseurs ont été réunis pour reprendre la compagnie, sans ses dettes. Une cure d'amaigrissement sévère prévoyant 5 000 à 6 000 licenciements, une faillite et une deuxième vie : voilà la douche écossaise à laquelle Alitalia semble destinée.Ardent pourfendeur d'un rachat par Air France-KLM l'hiver dernier, Silvio Berlusconi avait, au lendemain de sa victoire aux législatives d'avril, chargé la banque Intesa-SanPaolo d'une mission qui doit prendre fin le 8 août.
La voici prête à remettre ses conclusions au Trésor, et au conseil d'Alitalia, qui les examine aujourd'hui. « Deux choses sont sûres : nous avons les capitaux nécessaires et nous avons le slogan : »J'aime l'Italie, je vole Alitalia* » , s'est félicité le chef du gouvernement hier.
Alitalia, dont les pertes se creusent dramatiquement depuis le début de l'année avec l'envolée des prix du carburant, serait en fait remplacée par une nouvelle compagnie. Celle-ci recevrait en héritage les appareils, une bonne partie du personnel volant et les slots (créneaux horaires dans les aéroports). En revanche, une partie des salariés, l'essentiel des services à terre, les activités annexes et l'endettement d'Alitalia qui dépasse un milliard d'euros passeraient dans une bad company destinée à être mise en liquidation.
La nouvelle Alitalia commencerait à opérer le 1 er septembre. Elle aurait pour principaux actionnaires les frères Benetton, l'assureur Salvatore Ligresti, la société de construction Impregilo, le groupe privé Air One de Carlo Toto qui apportera en dot une flotte plus moderne, mais aussi un bon paquet de dettes. Le président de Telecom Italia, Marco Tronchetti Provera, la présidente de la Confindustria, Emma Marcegaglia, la banque Intesa SanPaolo et d'autres investisseurs italiens sont aussi sollicités.
Soupçons de Bruxelles
Une recapitalisation de l'ordre de 700 millions d'euros est envisagée. Pour dégager des liquidités, la nouvelle Alitalia vendrait ultérieurement une partie de ses avions, dont ses vieux MD80 très gourmands en kérosène, pour prendre des appareils plus modernes en leasing.
Grâce à AirOne, la nouvelle compagnie sera en position de monopole sur la route très rentable Milan-Rome. L'escale de Milan-Malpensa, qui avait été abandonnée en début d'année, serait revitalisée.
Un préalable s'impose : la loi sur les liquidations devra être aménagée pour que les actionnaires de la nouvelle société n'endossent pas les dettes du passé.
Silvio Berlusconi devra cependant croiser le fer avec Bruxelles qui soupçonnera doublement une aide d'État : le crédit-relais de 300 millions accordé depuis juin par Rome à la compagnie, et cet aménagement législatif ad hoc qui se profile. >>
Richard Heuzé, Le Figaro, 26-VII-2008
14:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alitalia, plan de sauvetage, faillite, silvio berlusconi, intesa, air france-klm
Promis par Berlusconi, le sauvetage d'Alitalia s'annonce épineux
Le mandat de 60 jours conféré par le gouvernement à Intesa Sanpaolo pour élaborer un projet de relance s'achève début août et les grandes lignes qui ont filtré dans la presse italienne sont loin de lever toutes les incertitudes sur la survie d'Alitalia. Un conseil d'administration de la compagnie se tiendra samedi et pourrait se livrer à un premier examen du plan, a indiqué une source proche du dossier, confirmant des informations de presse.
Le projet prévoit de scinder la compagnie en deux pour permettre la création d'une nouvelle société intégrant les activités rentables tandis qu'une autre "lestée" des dettes et des activités sans avenir serait mise en faillite. La nouvelle Alitalia assainie intégrerait sa rivale italienne Air One pour créer un "champion national" fort d'une part de marché d'environ 65% en Italie, selon la presse italienne.
Quelque 4.000 à 7.000 postes seraient en outre supprimés, selon la même source. Alors qu'Alitalia survit grâce à une injection de 300 millions d'euros d'argent public décidée en urgence fin avril après l'échec des négociations avec Air France-KLM, le consortium d'investisseurs italiens, dont les noms ne sont toujours pas connus officiellement, poserait ses conditions.
M. Berlusconi, en pleine campagne électorale au printemps, avait dénoncé le plan d'Air France-KLM et promis une solution nationale pour sauver la compagnie qui perd 2 à 3 millions d'euros par jour. Il a déjà assuré à plusieurs reprises avoir les capitaux nécessaires.
Pour relancer Alitalia, Rome chercherait au moins 800 millions d'euros tandis qu'Air France-KLM avait prévu d'investir au minimum 1 milliard d'euros. Cependant, selon le quotidien la Stampa citant un document d'Intesa, les grands noms du monde des affaires veulent s'assurer qu'ils n'auront pas à rembourser les créanciers d'Alitalia avant de verser un centime.
Or, cette condition va obliger le gouvernement à un changement de législation sur les faillites qui pourrait être dénoncé par l'Union européenne et contesté en justice par les créanciers. Les plus cités pour mettre la main au portefeuille sont les familles Benetton et Gavio, qui ont récemment obtenu du gouvernement des hausses de tarifs pour les concessions d'autoroutes dont ils sont actionnaires.
L'autre grand point d'interrogation concerne les suppressions d'emplois car les syndicats, qui avaient refusé le projet d'Air France-KLM, sont prêts à relancer la mobilisation. Air France-KLM prévoyait 2.120 suppressions d'emplois et s'engageait à fournir des commandes pendant cinq ans aux quelque 3.000 personnes qui seraient restées dans les services de maintenance lourde.
Les indiscrétions qui ont filtré sur le plan Intesa Sanpaolo évoquent des sacrifices plus lourds, allant de 4.000 à 7.000 suppressions de postes. Le président du syndicat des pilotes Anpac, Fabio Berti, a déjà prévenu qu'une cession de l'activité cargo serait difficilement acceptable. Alitalia emploie 11.100 personnes pour l'activité de transport aérien, tandis que 8.300 autres travaillent dans les services de maintenance renommés AZ Servizi, société chapeautée par une holding publique. >>
Etienne Fontaine, AFP, 25-VII-2008
08:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alitalia, plan de sauvetage, faillite, silvio berlusconi, intesa, air france-klm
08.07.2008
Le plan pour Alitalia devrait être présenté fin juillet ou début août
3 millions de pertes par jour
La société ferait, selon la presse italienne, l'objet d'une scission, les activités viables étant réunies dans une nouvelle société appelée à recevoir aussi les activités de Air One et les apports en capital de différents chefs d'entreprise italiens. Ceux-ci devraient finalement se trouver en nombre restreint, apportant chacun entre 50 et 100 millions d'euros. La banque Intesa doit se livrer à une analyse des coûts pour calculer les besoins de la future nouvelle compagnie. Alitalia perd actuellement près de 3 millions d'euros par jour et l'augmentation continue du prix du pétrole ne fait à l'évidence que compliquer son redressement.
Quant aux suppressions de postes, leur nombre supposé ne cesse d'augmenter : il devrait atteindre les 4.000 à 5.000, voire de 8.000 à 10.000, selon « Il Sole 24 Ore ». Autant de chiffres qui déclenchent la colère des syndicats.
Mais, avant toute chose, la banque-conseil souhaite obtenir une modification de la loi sur les faillites, la loi Marzano. Elle estime en effet qu'il lui faut un texte permettant de mettre la société à l'abri de ses créanciers, comme le fait le chapitre 11 de la loi américaine, disposition qui n'existe pas dans la loi italienne. Selon son concepteur même, la loi actuelle permet de résoudre les crises financières, mais pas les crises industrielles, alors que le cas d'Alitalia relève de ce type de problématique. Pour l'instant, la question n'a pas été abordée par le gouvernement, qui peut soit prendre des dispositions spécifiques pour Alitalia, soit prévoir un texte plus général. >>
Marie-Claude Cittanova, Les Echos, 08-VII-2008


