29.07.2008

Un état des lieux des aéroports

On en entend parler tous les jours. Au fait, qu’est-ce qu’un aéroport ? A quoi cela sert-il ? Comment est organisé son espace ? Quel est le vocabulaire employé pour désigner ses différentes zones ?

Des millions de passagers transitent chaque année par les aéroports. Mais, tout de suite, il nous faut distinguer entre les grands voyageurs, les voyageurs occasionnels, et ceux qui partent en vacances en prenant l’avion. Peu d’entre eux réalisent de toute façon la complexité que peuvent atteindre ces minivilles et les dimensions gigantesques de leurs infrastructures.

Situés près des grandes métropoles, les aéroports internationaux rassemblent des services techniques et commerciaux de natures très différentes regroupés au sein de zones spécialisées. Nous aurons l’occasion de modérer ces propos et de présenter les aéroports secondaires plus tard. Il n’en demeure pas moins que la nécessité d’assurer la sécurité des appareils et des personnes, jointe aux exigences de la douane et de la police impose un cloisonnement strict entre les installations aéroportuaires et le monde extérieur.

A l’intérieur même de l’aéroport, on retrouve une séparation étanche entre la zone publique et celles où l’accès est réservé. Dans celles-ci, seuls circulent les personnels techniques autorisés ou les passagers ayant accompli les formalités de police et de douane.

 

Anatomie d’un aéroport.

 

Des impératifs aussi rigoureux imposent de concevoir et de construire des bâtiments de plus en plus fonctionnels. Comment y parvient-on ?

Certains architectes se sont fait une spécialité de ces modernes cathédrales de béton, de verre et d’acier vouées au culte d’Icare.

Pour faciliter l’accès aux appareils, les grandes aérogares comprennent des terminaux dédiés à l’embarquement et au débarquement des personnes (terminal de passagers) ou de marchandises (terminal fret).

Il existe également une zone d’entretien. Cette zone regroupe les hangars, les ateliers d’entretien et de maintenance et les dépôts de rechange, de carburant et de lubrifiants.

Les pistes constituent des zones réservées aux avions, sauf en cas d’atterrissage ou de décollage accidentels. On y distingue d’abord l’aire de circulation : c’est le lieu des manœuvres, incluant les pistes de vol et de roulage (taxyways), et les aires de stationnement sur lesquelles sont garés les appareils. L’aire de servitudes se compose en revanche des zones adjacentes à la zone de trafic et de l’espace aérien environnant. Elle doit être complètement dégagée de tout obstacle qu’il s’agisse de véhicules ou même des autres avions. Il convient en effet que les pilotes puissent décoller ou atterrir en toute sécurité. Il est par ailleurs indispensable que les pistes ne soient occupées que le minimum de temps afin d’accélérer la rotation des avions et de réduire les attentes, facteurs de retards. Nous y reviendrons.

 

L’aéroport type.

 

Géographiquement, un aéroport est un ensemble de bâtiments et d’infrastructures dédiés à l’acheminement du fret ou des passagers aériens dans un lieu et une zone donnés.

On peut ajouter à cette définition par trop spatiale des impératifs concernant l’activité et la qualité des flux.  A l’intérieur de l’enceinte de l’aéroport, il apparaît bien primordial que les passagers à l’arrivée et au départ transitent dans de bonnes conditions de sécurité et de rapidité ; les communications doivent être faciles et fluides ; et la maintenance et le stationnement des avions doivent être assurés 24 heures sur 24.

Certaines parties de la zone aéroportuaire sont accessibles au public, d’autres sont réservés aux personnels de l’aéroport ou des compagnies.

 

Quelques précisions concernant les structures affectées à la logistique et aux services.

 

Dans les hangars et les ateliers de maintenance sont assurés le suivi des techniques et l’entretien des appareils, afin de garantir une sécurité maximale en vol.

Les véhicules de service assurent de nombreuses fonctions vitales pour l’aéroport, depuis le chargement des bagages jusqu’à la lutte contre les incendies.

La piste est l’élément le plus important de l’aéroport. Ses caractéristiques techniques et notamment sa longueur varient en fonction du type d’appareils qui peuvent s’y poser. Elle doit permettre aux pilotes les manœuvres de décollage et d’atterrissage en toute sécurité.

Le seuil de piste, ce sont les raies blanches qui marquent le début de la piste principale.

Le marquage au sol est constitué de marques peintes qui améliorent la visibilité des pistes et servent à guider le pilote.

La voie de dégagement permet aux appareils de libérer rapidement la piste principale. Il est à noter que son angle d’inclinaison par rapport à cette dernière varie entre 25 et 45 ° mais il est le plus souvent de 30 °.

En empruntant les voies de circulation, les avions peuvent accéder à l’aire de stationnement ou, à l’inverse, rouler vers la piste principale.

Sur l’aire de stationnement se garent les appareils le temps d’embarquer ou de débarquer leurs passagers, tandis que les services logistiques procèdent à leur avitaillement et à d’éventuelles interventions techniques ponctuelles.

Le terminal est le bâtiment qui regroupe les services commerciaux (billetterie, comptoirs d’enregistrement des bagages et passagers…) ou administratifs (douane, police de l’air et des frontières…), les infrastructures d’embarquement et de débarquement ainsi que les boutiques, les restaurants…

Le poste de stationnement est l’emplacement affecté pour positionner son appareil de façon que la passerelle télescopique puisse s’appliquer contre la porte de l’avion.       

Cette passerelle se déplie et s’applique contre la porte des appareils pour permettre le transfert des passagers du terminal à l’avion et vice versa.

La tour de contrôle enfin centralise tous les mouvements des avions et surveille la circulation des véhicules sur la piste. Sans elle, rien ne serait possible.

Le vocabulaire et les fonctions des espaces aéroportuaires n'ont à présent plus de secret pour vous !

(c), Romain Masson-Mureau, VII-2008
 
Les liens et les illustrations suivent... 

 

23.07.2008

Les compagnies aériennes au banc d'essai sur le Web

<< Deux sites proposent des classements et une évaluation réactualisée sur la sécurité et la qualité des services.

Les compagnies aériennes n'ont qu'à bien se tenir. Au moment des grands départs estivaux, deux sites Internet proposent d'informer les voyageurs sur le niveau de sécurité des différents transporteurs.

Ils cherchent à briser la loi du silence qui règne aujourd'hui autour de cet épineux dossier. Car mise à part la " liste noire " - encore peu connue - établie par l'Union européenne, les passagers ne disposent pas d'indicateurs satisfaisants. Et pourtant, la majorité d'entre eux aimerait mieux connaître la compagnie avec laquelle ils voyageront.

C'est pour répondre à cette forte demande que le site Securvol.fr a été créé. Il délivre une information gratuite sur une cinquantaine de compagnies, en collaboration avec l'Observatoire de la sécurité aérienne et du tourisme (Obsat) basé à Genève.

Particularité du site : un baromètre " évolutif " qui établit un classement des compagnies en fonction de leur sécurité. Le procédé est simple, les transporteurs aériens sont classés en cinq groupes. Le groupe " A " regroupant les compagnies les plus fiables, le " B " celles considérées comme correctes et ainsi de suite jusqu'au " E ", qui rassemble les plus risquées, certaines d'ailleurs interdites en Europe. Le baromètre est mis à jour chaque semaine.

LARGE SPECTRE DE DONNÉES

Le classement est établi à partir d'un large spectre de données : l'âge des avions et leur suivi technique, la formation de l'équipage, le respect des temps de repos ou encore l'environnement économique dans lequel évolue la compagnie. Sont aussi pris en compte les incidents mineurs ou majeurs attribués aux transporteurs. Le site comporte en outre des témoignages et des enquêtes sur l'actualité du secteur aérien.

Un autre site, Air-valid.com propose, lui, deux types d'informations aux voyageurs : des données économiques, commerciales et techniques et un système de notation. A la différence de Securvol, ce sont les compagnies qui apportent elles-mêmes les éléments qui les concernent. Elles concourent ainsi à la transparence de leur activité. Les notes sont attribuées par les voyageurs sur le confort et le niveau de sécurité qu'ils ont constaté en vol.

Sont évalués des critères tels que l'aspect extérieur et intérieur des appareils, la propreté, la ponctualité ou encore les conditions de livraison des bagages dans les aéroports. Le site, partenaire avec des agences de voyages en ligne, accompagne ainsi le client du choix de la compagnie jusqu'à la recherche du billet. Air-valid recense aujourd'hui près de 60 000 avis de clients et propose des informations sur 1 140 compagnies. >>

Pierre Rabotin, Le Monde, 23-VII-2008