23.07.2008
Les compagnies aériennes américaines accumulent les pertes
La tourmente continue de frapper les compagnies aériennes américaines, étranglées par la flambée du prix du kérosène, le surdimensionnement de leur offre commerciale et la vétusté de leurs avions, gros consommateurs de carburant. Après American Airlines et Delta Air Lines la semaine dernière (« Les Echos » du 17 juillet), United Airlines et US Airways ont à leur tour annoncé hier de très lourdes pertes au deuxième trimestre. United Airlines, deuxième compagnie américaine, a ainsi affiché un déficit net de 2,7 milliards de dollars, en grande partie dû à une charge exceptionnelle de 2,3 milliards qui avait déjà été annoncée, contre un bénéfice de 274 millions de dollars entre avril et juin 2007. Même basculement dans le rouge pour US Airways, le numéro sept du secteur aux Etats-Unis, qui a perdu 567 millions de dollars contre un profit de 263 millions un an plus tôt.
United Airlines a cependant réalisé, hors exceptionnels, des résultats moins mauvais qu'attendu par les marchés, avec une perte nette par action de 1,19 dollar contre une prévision de - 2,05 dollars. Du coup, l'action, qui a fondu de 90 % depuis huit mois, s'envolait de 15 % hier matin à New York. United va en outre recevoir 600 millions de dollars de la Chase Bank, à l'occasion de la prolongation de l'accord qui autorise la banque à émettre des cartes de crédit permettant d'acquérir des « miles ».
Mais, hormis ces bonnes surprises - toute relatives -, les problèmes de fond demeurent. En particulier, les coûts de carburant se sont envolés de 54 % au deuxième trimestre, à 1,85 milliard de dollars. En conséquence, l'entreprise, qui a conclu le mois dernier avec Continental Airlines un partenariat en vue de connecter leurs réseaux pour dégager des économies, a indiqué qu'elle va encore durcir son plan de réduction de la voilure. United Airlines compte ainsi retirer de sa flotte la totalité de ses Boeing 737, ainsi que 6 Boeing 747, soit un total de 100 appareils. L'offre sera réduite de 12,5 % à 13,5 % en 2009 sur le réseau intérieur, et de 7 % à 8 % sur les lignes internationales. Quant aux effectifs, 5.500 emplois seront supprimés d'ici à la fin 2009, en plus des 1.500 déjà programmés. United entend aussi relever les tarifs de certains de ses services, comme ceux liés à l'enregistrement des bagages.
Confronté aux mêmes difficultés, US Airways, dont la facture de carburant, en hausse de 65 % sur un an, a atteint 1,08 milliard de dollars au deuxième trimestre, va réduire de 4 % à 6 % ses liaisons aux Etats-Unis et à l'international sur les trois derniers mois de l'année, contre une baisse de l'ordre de 3 % à 5 % prévue précédemment.
Dans ce paysage sinistré, les compagnies à bas prix ne sont pas non plus à l'abri en dépit d'appareils plus récents et donc moins consommateurs de kérosène : JetBlue a ainsi annoncé une perte nette de 7 millions de dollars au deuxième trimestre et, en conséquence, une réduction de 1 % à 3 % de ses capacités au prochain trimestre. >>
Les Echos, 23-VII-2008
17:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : delta air lines, american airlines, united airlines, us airways, jetblue, boeing 737, boeing 747
24.06.2008
United Airlines : 950 pilotes resteront au sol
Le deuxième transporteur aérien, United Airlines, a annoncé lundi son intention de licencier 950 pilotes à partir de cet été. Selon les déclarations du groupe, les premières lettres seront envoyées à partir de mi-juillet, pour un effet en septembre prochain. Ces suppressions s'ajoutent ainsi au projet de réduction de sa flotte, et de licenciement de 1 600 emplois. Les modalités de l'opération restent cependant en voie de discussion, a annoncé la compagnie aérienne. Megan McCarthy, porte-parole du groupe, a précisé que les réductions d'effectif s'étaleront jusqu'à l'année prochaine.
«A l'heure où nous réduisons la taille de notre flotte et où nous prenons des mesures à tous les niveaux de l'entreprise pour permettre à United d'être compétitive, dans un contexte de flambée record des prix du pétrole, nous devons prendre cette mesure difficile mais nécessaire de réduction du nombre de personnes que nous avons pour faire marcher notre entreprise», a justifié le groupe dans son communiqué. Ces dernières semaines, la maison-mère a en effet multiplié les mesures pour faire face à l'augmentation des prix du pétrole : au moins 70 avions seront maintenus au sol et les tarifs les plus bas grimperont de 90 dollars pour un aller simple, soit environ 58 euros. La compagnie, au même titre qu'US Airways, appliquent depuis peu une «taxe» de 15 dollars par passager pour le simple enregistrement du premier bagage, technique déjà utilisée par American Airlines. >>
Pierre Tricoire, Le Figaro, 24-VI-2008


